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MALI : Le royaume des tristes réalités où tout le monde se plein, mais personne ne bouge…

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Ouvriers, fonctionnaires, commerçants et même politiciens, tous se plaignent. Dans ce pays, on a l’impression que rien ne bouge, que personne ne fait rien… Malgré les défis auxquels il est confronté, le Mali, ancien berceau de paix, de quiétude et de prospérité, assiste impuissamment à la division entre ses fils. Raisons : intérêt partisane et égoïsme. Face à cette situation, Karamogo, un jeune écrivain malien soucieux de l’avenir du pays, nous plonge dans une histoire….à lire….

Article 1 : Naissance, bonheur ou malheur ?

Au royaume des tristes réalités où tout le monde se plaint, mais personne ne bouge puisque personne n’est bon qu’à accuser l’autre, qu’à étaler les défauts de son voisin. Ici, se trouvaient trois familles qui, le même jour, ont tous reçu la bénédiction de Dieu par  la naissance d’un nouveau-né dans leurs familles.

A la clinique, dans une chambre climatisée sont, kadi et son excellence Babou tenant le nouveau-né les yeux rivés sur la télé, histoire de ne rien rater concernant les infos. Babou disait toujours que celui qui est informé est mieux préparé. Il l’accouple des fois même avec le pouvoir. Tout à coup, l’enfant s’est mis à crier. _Tout doux lui dit-il, tu vois ce palais, à la télé, personne ne veut le quitter et un jour ton père ira là-bas et fera tout pour y demeurer plus longtemps et même à briser des racines, comme cet homme présentement sur le fauteuil.  La jeune et jolie debbo  (Jeune fille en langue peule) se leva brusquement et retira son bébé des mains de son mari et lui cria. _ Il n’est même pas encore né, tu lui parles déjà de politique…

Loin, dans une chambre où l’on entendait le bruit horripilant du ventilateur tout rouillé, un homme tenant le deuxième bébé et lui soufflait dans l’oreille_ tu dois être fort_ et toujours suivre le bon chemin.

Plus loin, dans une case à peine aéré, notre troisième bébé écoutait ces mots : « je ne sais pas pourquoi Dieu t’as envoyé dans ce monde inondé de souffrance ». _ Arrête, lui au moins il aura un mouton pour son baptême contrairement à ses huit sœurs qui n’ont eu que des maigres chèvres pour leurs baptêmes, remarqua celle qui avait les seins plein de lait.

Kay (Attendez en langue sonrhaï), c’est une histoire que j’ai commencé à raconter là ! Mais pourquoi j’ai choisi, ces trois garçons qui semblent n’avoir rien de spécial ? Et d’ailleurs pourquoi cette histoire et en ce moment précis ?  Je n’en ai aucune idée, donc je m’en remets au destin, même si j’ai toujours eu peur de ce que peut amener le soleil quand il surgit des profondeurs pour mettre fin à une nuit calme. Quant à leurs noms nous le saurons bientôt, lorsque leurs familles les auraient baptisés.

Article 2 : Un monde où seul la réussite compte, mais on oublie la mort qui guette constamment…

Le peuple de son côté pense que c’est à l’autorité de tout résoudre. De son côté pour se défendre, elle (l’autorité) dira qu’elle dirige une jeunesse paresseuse et une vieillesse sans-cœur.  Bref nous continuions. Septième ou huitième jour, je n’en sais plus trop, le palais de Babou est envahi. Ils viennent de partout. Il y a toutes sortes d’ethnies, de couleurs pour le baptême du bébé. Il sera baptisé Faama (propriétaire des biens matériels et immatériels en bambara). Son père, le prit encore dans ses bras pour lui parler de politique, mais cette fois-ci avec son oncle venu du village. Soudain, l’oncle demanda à Babou : « si le peuple est à quatre-vingt-dix pour cent contre la modification de la constitution, pour quoi se donne-il tout ce mal pour que le referendum ne se tienne pas. Apres un sourire de quelques secondes, il répondit : _ il est clair que tu méconnais la politique, si le peuple accepte d’aller voter, il aura perdu d’avance, car l’Etat fera en sorte que les votes lui soient favorables, peu importe le prix à payer. Puis, il continue sa discussion avec le petit Faama.

Notre deuxième bébé, est nommé dans un baptême ordinaire, hundi koye (le détenteur de la vie, celui qui a le droit de vie ou de mort). On lui marmonne ces paroles : « tu ne dois œuvrer que pour ta patrie et ta religion ».

Une dizaine de personnes, père et mère inclus, pour donner identité à notre troisième bébé. _ Mon fils, te voilà nommé Naata (espoir en langue songhaï). Ce nom signifie que tu dois te battre pour te faire une place dans ce monde plein d’ennemis et cela sans tenir compte du nombre de sacrifices.

Pourquoi ces parents « aveugles » privent-ils leurs enfants de liberté avant même qu’ils ne viennent au monde ?  Ne sont-ils pas humains comme eux ?  Comment vont-ils réagir ? Suivront-ils aveuglement ces trajets ou vont-ils faire exception et prendre en main leur destin ?  Seul l’avenir détient les réponses de ces questions. Mais, dans toute cette histoire, il y a une triste réalité oubliée ou négligée par tous ses parents : La mort. Inévitable,  elle arrive le plus souvent au moment où l’on s’y attend le moins.

Article 3 : Quand la politique divise même les familles, pourtant au Mali « c’est la famille d‘abord »

Que fait-il ici ? Demanda Babou à sa femme. _ Mais, c’est mon frère, il a tout à fait le droit de venir au baptême de son neveu. Ok, réplique Babou, mais vas lui parler. Kadi fut signe à son frère rasta sur qui toute l’assistance avaient les yeux rivés, pour la première fois pas pour son rap engagé, mais pour les rumeurs qui courent comme quoi on essaye de l’assassiner. Les deux se retrouvent dans la chambre des invités tout en haut à l’abri des regards venimeux des invités.  _ Que fais-tu ici ? Tu vois où t’amène tes agissements ? Demande la sœur avec tristesse. _ Il ne veut pas de moi ici c’est ça ? _ Si tu m’avais écouté, on n’en serait pas là. _ Tu voulais que je reste muet comme ton mari ? _ Oui, lui au moins il occupe une bonne place dans le gouvernement. _ Tu sais bien que ne pas pouvoir exprimer ses pensées pour moi est pire que la mort.  _ Seuls ces morts vivent assez pour avoir une histoire, lui répond la femme de Babou. Toi, quelle est ton histoire ? T’as pas de famille, pas d’enfant, tu meurs et c’est fini. Personne ne parlera de toi. _   Sœurette, je me suis engagé pour ma patrie, je préfère mourir sans enfant, que de vivre muselet voyant des sans-cœurs détruire mon pays pour lequel d’autres meurent chaque jour sur le champ de bataille. Chère sœur,  voyons, ce sont des êtres humains nous, ils ont des familles eux-aussi. _ Alors pourquoi n’es-tu pas sur le champ de bataille comme eux ? Lui jeta désespéramment à la figure Kadi. _ Eux meurent, dit le frère à Kadi en ouvrant les bras comme s’il était au stade devant ses milliers de fans,  juste pour remplir les poches des égoïstes comme ton mari. Les larmes de Kadi accueilliront cette dernière phrase. Le rappeur laisse, faufiler quelques secondes, puis s’approche de sa sœur pour la recueillir dans ses bras. Il lui dit, c’est une triste réalité, j’en suis conscient, mais je veux que tu saches une chose : « je ne te jugerai jamais car c’est par amour que tu es avec lui ».

A présent, Kadi a ramené le neveu en haut à son oncle. Il le reçoit avec amour et tendresse. L’oncle, contrairement aux promesses de son père Babou, lui révèle les mauvaises manœuvres des dirigeants. Surement, lui chuchote-il, nous allons entendre les tristes réalités qui se cachent derrière les discours poétiques de nos dirigeants.  Pour ne pas enterrer les morts de demain aujourd’hui, je temporise…

Pendant ce temps, que ce passe dans nos deux autres familles ? La mort  a-t-elle respecté sa tradition ? Ou songe-t-elle à le faire dans un avenir proche ? Qui sait peut-être, elle n’est pas si imprévisible qu’on le pense !

Article 4 :Le roi clairvoyant, si notre « Kayamagan pouvait s’en inspiré »

Alors le soir, passionné d’histoire il alla s’assoir au côté de son fils pour lui en raconter une. Bien qu’il soit endormi et que même étant réveillé il ne puisse l’entendre, il prit sa minuscule main et caressa ses petits doigts. Veux-tu que papa te raconte une histoire ? Questionne-t-il le bébé et répond positivement à sa place. Puis il commence tout en  consommant le bonheur que lui offre cet être innocent.

Il y avait ce royaume, où après une soirée de noyade, le matin, le roi a fait venir ses conseillers et leur annonce sa décision prise en état d’ébriété. Il envisageait de modifier certaines lois fondatrices du royaume.

_ Mais, vénéré roi, ces lois sont les piliers même de notre royaume. Une quelconque tentative de  modification le concernant serait une très grande erreur sans compter que le peuple ne sera jamais d’accord avec un tel projet.

_Oui, mais nous pouvons le manipuler et le faire faire ce que nous voulons qu’il fasse.  Il suffit seulement d’huiler quelques barbes, ce n’est pas ce que vous me disiez, pas plus tard hier soir ?

_Oui mon roi.

_ Alors, occupez-vous de ses barbes.

La séance fut levée, et personne n’a osé dire ce qui devait être dit ni faire ce qui devait être fait. Quelle triste réalité !

Un mois après, la population entière était dans la rue pour marcher contre ce changement précipité voulu par le roi, une décision prise par un souverain en « état d’ébriété ».

Alors, les sages d’un côté comme de l’autre, les nobles, les groupes de jeunes conscients, les anciens, tout le royaume, commencèrent à envoyer des messagers chez le roi pour le convaincre de renoncer. Ce fut la première fois que personne n’est restée à l’écart dans une affaire étatique.  Mais, il refusa d’entendre raison.

Il menaçait, puis enfermait ceux qui manifestaient leur désapprobation. Il payait même des gens dépourvu de raison pour qu’ils marchent aussi, pour dire qu’ils étaient d’accord pour la modification de ses lois.

Un matin, le palais royal fut encerclé, le roi fut destitué et l’on fut assoir un nouveau roi. Sa richesse ainsi que celle de sa famille fut confisqué. Le roi et sa famille furent jetés en prison.

Le père fit un sourire et rectifia de lui-même, ce n’est pas bien de mentir à son fils.  Je suis désolé, c’était comme cela que j’aurais voulu qu’elle se termine, même si cela serait une triste réalité, mais cette histoire a une autre fin, une fin plus merveilleuse.

Alors, le matin, le palais royal fut encerclé, délégua des représentants pour apporter ses préoccupations au roi.  Apres que le roi ait entendu les réclamations, il sortit pour parler à son peuple qui jusque-là était peu considéré. Triste réalité, le peuple vivait un véritable calvaire.

« Cher Peuple, vous m’avez dit de descendre du trône ou de laisser mon projet de modification. Ce projet, est à jamais abandonné ». Des applaudissements et cris de joie accueillirent cette annonce.

« Alors, moi aussi je veux que vous fassiez quelque chose pour moi », dit le roi. Avant d’ajouter : depuis mon intronisation, vous, mon peuple, vous m’avez laissé gouverner sans m’aider, et vous saviez que les problèmes de ce royaume étaient nombreux pour moi seul. Pis, ceux que vous avez délégués pour vous représenter ici n’ont fait que critiquer mes décisions et jamais ils n’ont fait de propositions concrètes pour faire évoluer la situation.

Cependant mon souhait, est que vous vous réveillez comme vous l’avez fait aujourd’hui pour qu’ensemble, bas peuple, haut peuple, et Etat, nous puissions sans différence de niveau ni de couleur construire notre royaume afin de lui redonner sa dignité, sa richesse et son intégrité territorial.

La foule, cria … nous sommes désolés, nous avons mal agit et désormais nous ferons ainsi.

Comme un seul homme, tous œuvrèrent et après quelques années leur royaume retrouva, paix, richesse, bonheur, l’un des plus grands que l’histoire ait connu.

A la fin de son histoire, la maman était dans un profond sommeil. Et la nuit était complément assise… mais qui sait tout ce que peut contenir une nuit ? J’ai un très mauvais pressentiment.

Article 6 : « Seul l’argent ne fait pas le bonheur », se marier à un homme riche, n’est pas le plus souvent synonyme d’être à l’abri de tous besoins….

Depuis cinq heures, ton père est sorti, dit-elle, à son bébé qui est devenu son intime ami, son confident. Elle lui racontait tous ses secrets, ses sentiments, ses remords et les joies de ses amours passés, des choses qu’il doit entendre et aussi celles qu’il ne doit pas attendre.

Des fois lorsqu’elle lui raconte une histoire qu’elle jugeait trop pour lui, elle se précipitait sur sa bouche, et l’instant d’après continue à se libérer de ses pensées. En disant qu’importe ce que je lui raconte, puisqu’il aura tout oublié demain. Elle jette un coup d’œil sur l’horloge suspendu au mur, l’aiguille indique trois heures et demie.

Trente minutes, ont nourri le feu immortel du temps, le glin-glin de l’horloge fut, en amenant les larmes sur ses yeux rouge de sommeil, elle recommence encore, comment peut-on appeler cela mariage ? Passer toute une journée et une nuit sans voir son mari. Cette vie de solitude me rendra dingue. Haaa…. Cria-t-elle, qu’est ce qui m’arrive ?

Avant, ses inquiétudes étaient sur sa vie seulement mais, maintenant elle n’est plus seule, ils sont deux à souffrir de l’absence de ce fantôme qui lui sert de mari. Et cet innocent enfant ?  Triste réalité, cela fait déjà une semaine qu’il n’a pas vu son père. Une semaine qu’il n’ait senti sa main dans la tienne. Quelle éducation veux-il que je lui enseigne ? Un enfant a besoin de ses deux parents pour avoir une éducation complète. Mais, toi, ton père sort le matin et ne revient que lorsque tu fermes les yeux.

Ah… Que j’aimerais vivre comme les campagnardes qui vivent en profitant de chaque moment avec leurs maris. A quoi sert d’avoir un mari riche qui… qui… qui… larmes, larmes, encore des larmes à l’infini…. Un mari qui  n’est jamais présent ?

Sa maison est la plus luxueuse du quartier, mais pourtant, elle, elle est la plus maigre de tout le quartier.  Elle était complètement finie, consumer par la flamme de cette solitude.

Je ne suis plus sa femme, mais sa gardienne. Me laisser dans une maison aussi vide avec le gardien. Est-ce que c’est la maison que j’ai épousée ?  Et puis le gardien, un homme en plus ! N’ai-je pas des besoins, et lui des devoirs envers moi. Une semaine que je ne me suis senti femme. Ce lux comble tous mes besoins  sauf l’essentiel. Ce qui me permet d’être femme, de sentir que vis.

S’il y’a une chose que je souhaite, c’est que mon mari soit là avec moi. Avec nous, rectifie-t-elle les larmes  aux yeux…

Ah mon Dieu je ne vois pas d’avenir pour ce garçon, si cet homme ne change pas, car il risquerait d’atteindre sa majorité sans connaitre son père.

 Elle jette un coup d’œil à la photo de son mari, ensemble, ils se regardèrent et éclatèrent de rire.

_ Mais, il est où même ce biberon ?  Et ce pauvre gardien qui ne vient toujours pas avec le lait…

Elle aussi commence à sentir ce mauvais pressentiment, elle se précipite sur la tété… tout est normal. Et moi, j’allume ma radio, je capte une première, une deuxième puis une troisième station, mais toujours pas de musique militaire, cette musique libératrice…Néanmoins, je continue, car on ne sait jamais…

L’histoire continue la semaine prochaine….

Promoteur et directeur de publication du site 30minutes.net, Il est journaliste depuis septembre 2010. Il a travaillé au premier quotidien privé du Mali, Les Echos, avant d’être rédacteur web à Afribone.com. Psychologue de formation, M. Konaté est diplômé de la formation par alternance en journalisme option : presse écrite et web de l’Ecole supérieur de journalisme de Lille (ESJ-Lille).
Tel: (00223) 76 93 44 72
Mail : sory30minutes@gmail.com

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2 comments

  1. Ous Diar Clingo dit :

    J’admire ce texte. La succession chronologique des articles est bien faite et le contenu est assez riche. Continuez ainsi…

  2. bakary dit :

    là, rien à dire c’est parfait….

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