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Vente de véhicules d’occasion à Bamako : péril sur une filière en pleine expansion

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A Bamako, les parcs de vente de véhicules d’occasion poussent comme des champignons. « L’expansion non contrôlée » de cette filière à Bamako et les pratiques frauduleuses de certains promoteurs de parcs inquiètent les acteurs du secteur et la population.

Issa, promoteur d’une société de communication, en a été victime. Après des années de travail acharné, il se rend dans l’un de ses parcs de véhicules d’occasion en décembre 2016. Sur place, il rencontre un jeune qui évolue dans ce « business depuis des années. » « La voiture était à mon goût et je l’ai payée à près de cinq millions de F CFA. Nous avons fait toutes les démarches normales », indique Issa. Dans un monde normal, ça aurait été suffisant, mais comme tout business, les retournements de situation sont imprévisibles. « Un mois après, mon petit frère circulait dans le véhicule quand il a été arrêté par un homme qui affirme être le propriétaire », raconte Issa. A la police, Issa présente les documents d’achat. Le propriétaire du véhicule présente lui aussi ses papiers, « plus authentiques. » Plus rien à faire. Issa a bien été victime d’une escroquerie. L’auteur, Malien, s’est ensuite envolé pour le Congo et le véhicule garé dans la cour de la police.

Dans le milieu, les professionnels sont conscients de telles pratiques. Daouda, promoteur d’un parc à Djicoroni-para, accuse l’Etat d’être « le seul fautif » de ce fléau. « C’est une menace qui plane sur l’avenir de notre métier ». « Si rien n’est fait dans l’immédiat, c’est de milliers d’emplois qui sont menacés », dit-il.  Selon ce promoteur qui affirme être en règle, il y a plus d’une centaine de parcs à travers Bamako et c’est « l’anarchie totale ».

Moussa Sangaré, 1er vice-président de l’Association des revendeurs de véhicules d’occasion (ARVO)

Manque d’encadrement du secteur

Moussa Sangaré, 1er vice-président de l’Association des revendeurs de véhicules d’occasion (ARVO), souligne l’importance d’encadrer leur métier. « Nous vivons déjà les conséquences de la forte multiplication des parcs. Les gens en créent çà et là, sans autorisation et ne payent même pas d’impôts », dit-il.

Selon M. Sangaré, l’occupation anarchique du domaine public, principale conséquence de cette expansion non contrôlée, pose des problèmes de sécurité et de commodité. Il précise : « Les parcs situés sur les voiries et réseaux divers, d’intérêts national et urbain, rendent peu praticables les routes et salissent la ville ».

Un agent du bureau du guichet unique de dédouanement de la douane estime que la filière est devenue un secteur dynamique après l’adoption en 2010 de la consignation des droits et taxes normalement exigibles, en lieu et la place de la caution du Fonds de garantie Trie au titre de la garantie des engagements souscrits dans le cadre du transit des véhicules automobiles importés. Cette explosion inquiète les acteurs du secteur.

« Silence coupable de l’Etat ? »

Selon ce douanier, qui requiert l’anonymat, les véhicules d’occasion rapportent environ deux milliards de F CFA par mois à l’Etat malien. « C’est ce qui explique ce comportement de l’Etat qui ne fait rien pour encadrer la filière », explique Daouda, promoteur de parc.

Il déplore que l’opération de déguerpissement de l’année dernière ait épargné certains parcs « illégalement installés ».  « Le gouverneur aurait dû profiter de cette occasion pour mettre de l’ordre dans le secteur en débarrassant tous les parcs illégalement installés sur la voie publique », précise-t-il.

Actuellement l’association des acteurs de la filière veut faire un recensement de tous les parcs disponible à Bamako. Après, selon son vice-président Moussa Sangaré, elle organisera des rencontres avec les autorités douanières, politiques et administratives du pays pour mettre de l’ordre dans le secteur.

Sory I. Konaté @kcadrif

Promoteur et directeur de publication du site 30minutes.net, Il est journaliste depuis septembre 2010. Il a travaillé au premier quotidien privé du Mali, Les Echos, avant d’être rédacteur web à Afribone.com. Psychologue de formation, M. Konaté est diplômé de la formation par alternance en journalisme option : presse écrite et web de l’Ecole supérieur de journalisme de Lille (ESJ-Lille).
Tel: (00223) 76 93 44 72
Mail : sory30minutes@gmail.com

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