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Le Niger nouvelle frontière migrante et sécuritaire de l’Europe ?

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« Les migrations existent depuis toujours. Et elles continueront à exister, à cause des changements climatiques, de l’évolution démographique, de l’instabilité, des inégalités croissantes, des marchés du travail et de la volonté de mener une vie meilleure. La réponse passe par l’instauration d’une coopération internationale qui aidera à encadrer les migrations de sorte que les bénéfices qu’elles apportent soient plus largement répartis et que les droits fondamentaux de toutes les personnes concernées soient protégés. » — António Guterres, Secrétaire général de l’ONU.

Thème 2017 – « Migrations sans danger dans un monde qui bouge » (mais sans danger pour qui ?)

. Le 19 septembre 2016, à l’occasion d’un Sommet de haut niveau qui a eu lieu au Siège de l’ONU, l’Assemblée générale a adopté des engagements essentiels visant à renforcer la protection de millions de personnes déplacées de force et qui se déplacent pour d’autres motifs dans le monde entier. Par ce texte, appelé la Déclaration de New York, les États Membres se sont engagés à :

  • Protéger les droits des réfugiés et des migrants ;
  • Sauver des vies;
  • Partager la responsabilité du soutien et de l’accueil de ces réfugiés et migrants ;
  • Entamer des négociations menant à une conférence internationale ; et
  • Adopter en 2018 un pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière.

. Le journal allemand Der Tagesspiegel a publié une liste de 33 305 migrants morts en tentant de rejoindre l’Europe. Ces données, couvrant la période 1993-2017, ont été collectées par United, un réseau de plus de 560 associations européennes, soutenant les migrants et réfugiés.

1.La boite à outil, ou le trousseau de clés

Nous en avons besoin afin de tenter d’interpréter ce qui se passe dans ce monde globalisé où l’argent, les marchandises, les nouvelles circules, sont mobiles et en revanche les personnes sont contrôlées, fichées, sédentarisées, encerclés, détenues.

Nous avons besoin d’instruments de lecture, faute de quoi en cour derrière l’actualité, on s’étonne, parfois on se plaint et le plus souvent on est à la traine des pensées dominantes. On ne saurait entendre ce qui se passe dans le monde, au Sahel, aux USA et ailleurs sans prendre en considération ce qui se trouve en amont.

-l’économie capitaliste, néolibérale, qui a soumis la réalité à une seule lecture possible, la TINA, il n’y a pas d’alternatives à ce système d’exploitation et dépouillement global. C’est le propre de ce système se base sur l’exploitation, l’exclusion et l’inégalité. La division internationale du travail va lue dans cette optique.

-Justement, l’inégalité. Encore récemment des rapports économiques ont confirmé la croissance des inégalités dans le monde dans ces 40 dernières années.

-A la base de ce système-monde il y a donc une situation d’apartheid global, dont Israël est un des laboratoires privilégiés. Le contrôle d’entières populations est pris comme modèle exportable ailleurs, y compris le Rwanda de Kagame, pour rester dans notre continent.

-Le contrôle des populations est une condition incontournable de ce dispositif de classe mise à jour en termes globales. Cela ne signifie pas l’arrêt ou le blocus des mouvements migratoires mais les tentatives plus ou moins réussies de son contrôle. Le système vise à composer avec la contradiction de l’économie et les services qui ont besoin de main d’œuvre et les frontières des Etats qui ne veulent pas perdre la ‘souveraineté’. Le résultat final sera bien souvent une main d’œuvre étrangère exploitée et rendue ‘docile’ aux patrons de l’économie.

-C’est ce samedi 16, par exemple, qu’il y a eu une manifestation des migrants et des associations qui travaillent avec eux afin de protester contre tout cela. 25 mil personnes et la lecture d’un message…

Nous sommes ces femmes et ces hommes qui traversent notre planète, dizaines de millions de personnes arrachées de leur terre et de leur chers par les choix géopolitiques, économiques et environnementaux des puissants, obligés chaque jour à combattre contre les barbelés et les murs physiques et idéologiques…nous sommes les damnés de la globalisation et des politiques antisociales imposés par l’UE, la Banque Centrale Européenne aux populations d’Europe et d’Italie, qui privent les personnes de leur revenu, du travail et du logement indépendamment de leur origine

2.Les politiques de l’UE et les non politiques de l’UA

C’est donc dans ce conteste que nous devrions situer les politiques de l’UE visant à contrôler les mouvements migratoires non désirés. L’externalisation des frontières, la sous-traitance des migrants par des pays tiers, la construction des barrières, les politiques de chantage économique, lié à la ‘bonne conduite’ des politiques de réadmission…Tout cela et plus sont une partie de l’arsenal de l’UE afin de contraster ailleurs, et à domicile avec des centres de détention les migrants considérés dangereux pour le système. Il suffira de jeter un coup d’œil au site MIGREUROP pour avoir un aperçu honteux sur la géographie des camps que l’Europe a bâti avec ce but.

En cette Journée internationale des migrants, organisée chaque année le 18 décembre, le monde de la solidarité en appelle au Défenseur des droits. Une large coalition d’associations accueillant des sans-abri refusent que « les centres d’hébergement deviennent des annexes des préfectures » et vont saisir Jacques Toubon, lundi, pour lui demander d’intervenir auprès du gouvernement contre ce qu’elles estiment être l’instauration d’« un contrôle généralisé des étrangers dans des lieux privés ».

Le Monde (de Macron ?)

L’UE cherche partout des alliés afin de mener au bout sa politique très cohérente de control. On cherche partout des bons élèves, depuis la Mauritanie, en passant par le Maroc, l’Algérie, la Libye, le Soudan, l’Ethiopie, et, last but not least le NIGER de septième République.

Avec une promptitude digne d’admiration les décideurs de ce pays, crucial dans le passage, le transit des migrants vers le nord de l’Afrique, a épousé la politique de l’UE. Les raisons économiques y sont pour quelque chose. L’uranium en baisse et en crise d’opacité dans le contrat il s’agit maintenant de mettre en vente les frontières ! En effet c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas que du sable : les frontières sont des mines d’argent. On paye bien, par million, avec l’excuse des terroristes on quadrille l’espace, les armées arrivent, s’installes et chacun joue avec ses intérêts.

Les USA, la France, l’Allemagne et bientôt l’Italie, ont et auront leur pied à terre dans l’’espace sahélien et nigérien en particulier. Dans ce cas de ce dernier pays, c’est le président du Conseil qui a bien souligné que l’Afrique est au cœur des intérêts économiques et migratoires. Il est difficile d’être plus clair dans les propos et les intentions. C’est dans cette perspective qu’il faut situer la création de l’ambassade et l’arrivée des fonds fiduciaires (pour qui ?) et de prochaine multiplication des ONG afin de ‘normaliser’ la situation humanitaire. Dans la première moitié de 2018 il y aura un premier contingent de 150 militaires et on devrait arriver à 450 vers la fin de l’année, plus 150 moyens logistiques. Le ‘business’ militaire, celui qui est liée aux migrations et au control des frontières forment un seul KIT sous couvert d’action humanitaire et contre-terroriste. Le G 5 Sahel, tan décanté et promu devrait être inséré dans la même logique.

Notre pays, donc, à 59 ans de la proclamation de la République, est en train d’emprunter un chemin qui répond aux attentes…de l’UE plus que de son peuple qui, dans toutes ces opérations n’a jamais été consulté, entendu et pris en compte. Evidemment ceux qui pensent le représenter diront le contraire mais il suffirait de se mettre à l’écoutes des silences du peule des sans voix pour s’en apercevoir.

Le récent sommet UA et UE d’Abidjan, au-delà des mots de circonstance pour les événements de la Libye liés aux conditions de détention et d’esclavage bien connue et dénoncées depuis longtemps, ne fait que confirmer la passivité et la complicité des élites africaines à ce type de modèle de monde. Les mêmes inégalités et injustices se reproduisent ici, y compris le NIGER, et en réalité on veut des débarrasser des jeunes ‘dangereux’ pour le système.

Conclusion

On aurait besoin d’un sursaut de dignité personnelle et collective. Un sursaut engendré par l’indignation et la conséquente prise de conscience de ce qui pourrait être et ne l’est pas. Un pays qui, selon la constitution de la septième République, vise à créer les conditions pour l’épanouissement de tout citoyen de ce pays.

Créer un front d’opposition à cette série de politiques qui ‘marchandises’ les frontières, les personnes des migrants et les sacrifient sur l’autel du gain et de la servitude aux politiques néocoloniales de l’occident. Cela implique la lecture critique de ce qui se passe, la recherche d’adhésion à un projet politique alternatif qui se veut inclusif à partir des visages des pauvres qui sont les grands oubliés dans ce débat.

Nous le savons, tout cela ne se réalise pas sans une lutte sociale qui fait de la non – violence active sa méthode de travail et de la passion pour la justice et la dignité sa véritable carte constitutionnelle.

Mauro Armanino

Contributeur du site 30minutes.net

Niamey, Décembre 2017

Promoteur et directeur de publication du site 30minutes.net, Il est journaliste depuis septembre 2010. Il a travaillé au premier quotidien privé du Mali, Les Echos, avant d’être rédacteur web à Afribone.com. Psychologue de formation, M. Konaté est diplômé de la formation par alternance en journalisme option : presse écrite et web de l’Ecole supérieur de journalisme de Lille (ESJ-Lille). Tel: (00223) 76 93 44 72 Mail : sory30minutes@gmail.com

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