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KITA: Retrouvée morte il y a environ cinq mois, l’image de Kany hante ses présumés assassins

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Il y a cinq mois, le corps sans vie d’une femme a été retrouvé dans un champ à Kourounikoto, dans le cercle de Kita. Si la scène laissait croire à un suicide par pendaison, depuis quelques semaines, l’affaire est devant le tribunal de Toukoto. Ça serait un assistanat maquillé en suicide. Une enquête a été ouverte et selon des témoignages, l’image de la victime hanterait ses bourreaux.

 Kany Nomoko communément appelé Kany Woulon était une cinquantenaire isolée qui vivait à Kourounikoto. Elle avait cinq enfants. Ses enfants vivent tous à Bamako ou en Europe. Au moment des faits, Kany ne vivait plus avec son mari. Elle s’était coupée de la famille. Un vendredi, dans l’après-midi après la grande prière, Boubacar Magassa, un habitant du village a fait la découverte d’un corps. Il revenait de son champ lorsqu’il a vu le cadavre pendu à une minuscule branche d’arbre. Aussitôt, il a été informé le chef de village. Comme de tradition, le griot a alerté tous le village.  Après une réunion urgente, la victime qui, faut-il rappeler n’a pu être identifiée ce jour-là, a été constaté par le médecin du village, Issa Bagayoko, un technicien supérieur de la santé. Après le constat de la gendarmerie locale, le corps a été enterré sur les lieux car, décomposé, il ne pouvait être transporté ailleurs. Selon le médecin, la victime serait morte depuis trois jours. Certains villageois ont eu le flair de prendre des images. Aussi, pour identifier l’intéressé, le message a été véhiculé dans tous les villages environnants de Kourounikoto. Sans succès. Personne ne réussira à la reconnaitre.

Resté longtemps injoignable par ses enfants, l’une des filles de Kany s’est rendue au village afin de rendre visite à leur mère. Sur place, Araba Keita découvre que la chambre de leur mère a été vandalisée. Sa valise est défaite et il y a des habits mouillés cachés sous la natte. Illico, elle se rend chez son père, Hally Keita, le mari de Kany. Celui-ci, ne vivant plus avec Kany, n’avait plus de ses nouvelles depuis quelques jours. Mais il avait eu vent de la découverte d’un corps dans un champ. Il n’avait jamais fait le lien avec sa femme.

Araba a demandé à voir la photo du corps retrouvé au champ. Très vite, elle reconnaitra que la victime est bien Kany Woulon, sa mère.  Comme une trainée de poudre, la nouvelle parviendra dans tout le village.

Les enfants de Kany résidents en Europe et à Bamako ont regagné le village. Désespérés, ils ont organisé les cérémonies funéraires en sa mémoire. Ils étaient tous ébranlé par cette fin tragique de leur mère. A cause de la distance, certains d’entre eux ne l’avait plus revue depuis six ans. C’est le cas de Mamounou Keita, sa première fille.

L’enquête du juge ne mène nulle part pour l’instant

Pour élucider l’affaire, le juge de Toukoto a été saisit par la famille de Kany. Avec le constat du médecin et les témoignages sur les circonstances de la mort de Kany, les enfants de la victime optent pour un cas d’assassinat. Le juge a ouvert une enquête. Des proches de la victime et d’autres ressortissants du village de Kourounikoto ont été entendus. Les trois mois n’ont rien donné pour l’instant : il n’y a eu aucune arrestation officielle et au village, c’est silence radio. Les populations ont peur de se prononcer sur le sujet.

Selon nos informations, tout porte à croire que c’était bien un assassinat. Dans un témoignage recueilli au village, elle aurait été tuée dans sa maison dans la nuit d’un mercredi à jeudi. Et les assassins auraient transporté le cadavre la même nuit à « kourouko » dernière la colline, dans un champ non loin du village. Trois jours après, le corps décomposé a été découvert Boubacar Magassa. La victime aurait reçu un coup mortel, selon sa fille Oumou Keita. Qui précise qu’en observant attentivement la photo, on n’aperçoit que la victime était assise à même le sol, les deux pieds tendus, la main droite sur la jambe, l’écharpe attachée à son coup, le tout « orchestré » pour faire croire à un suicide. « Je ne suis pas d’accord avec le suicide. Je prie Dieu tous les jours car je veux connaitre la vérité un jour », dit sa fille Oumou.

Un cambriolage qui a mal tourné ?

Difficile à croire, mais la mort de Kany serait l’œuvre d’un ou plusieurs cambrioleurs. En effet, selon certains proches de la victime, quelques jours avant sa disparition tragique, Kany était supposée avoir reçu cinq millions de FCFA de la part de ses enfants vivants en Europe. Une somme qui devrait lui servir pour la construction de sa nouvelle maison. Donc, pensant qu’elle avait déjà reçu l’argent, ses bourreaux auraient tenté de la voler. Malheureusement, dans leur tentative, Kany a été tuée.  Morte, son corps aurait été transporté au champ.

A l’heure où nous mettons sous presse ses informations, le juge de Toukoto et ses éléments mènent toujours l’enquête pour reconstituer les pièces du puzzle afin d’élucider l’affaire. Ils veulent non seulement faire éclater la vérité pour soulager les proches de la victime, mais aussi punir les auteurs, « s’il y a bien eu assassinat ».

Par ailleurs, selon nos informations, l’image de la victime hanterait ses bourreaux. Ces rumeurs circulent actuellement dans la zone.

Nous y reviendrons.

Hamissa Konaté

30minutes.net

09 février 2018

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