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AIDA TIAMA : Portrait d’une spécialiste des arts martiaux, brillante et engagée

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Sous ses airs de jeune femme toujours souriante se cache une redoutable championne d’arts martiaux de haut niveau avec de surcroît une tête bien remplie. Quintuple fois championne du Mali en taekwondo, elle est diplômée en transit et contribue à la promotion des arts martiaux à travers son centre d’entrainement aux 1008 logements, un quartier dans la périphérie de Bamako.

C’est naturel chez elle. Comme son sourire et son sens élevé de respect pour ses aînés et ses condisciples, Aida, consacre la plupart de son temps à la pratique et au développement des arts martiaux. A 25 ans, elle vit son grand amour, un rêve rendu possible grâce au soutien de sa famille surtout son père, Drissa Tiama, un instituteur rigoureux actuellement directeur de l’école catholique « La Paix » de Badalabougou et de sa mère, Ramata Tiama. « Les arts martiaux, c’est ma vie. Je me sens fier et aux anges sur le tatami, dans un dojo », confesse-t-elle.
Titulaire d’un DUT en transit, de plusieurs diplômes et attestations de stages en Taekwondo et en Sambo, d’un diplôme de Maitre national et d’arbitre en Sambo, elle arpente les tatamis maliens, africains et mondiaux depuis sa plus tendre enfance. Ceinture noire 3e dan en Taekwondo et en Sambo, elle a tout raflé ou presque dans les deux disciplines pendant les quelques années qu’elle a passé au sein de l’équipe nationale de Tekwondo et de Sambo. Elle a même été quintuple championne du Mali en Taekwondo de 2009 à 2013.

Me Aida Tiama

Tiama’s club, un dojo au service de son quartier
Son amour pour le sport l’a amené à avoir un autre regard sur la société : la disponibilité. En effet, Aida est aujourd’hui impliquée dans le développement de son quartier. Pour soutenir l’éducation des jeunes et promouvoir la quiétude, elle a ouvert un centre d’entrainement en plein centre des 1008 Logements. En moins de deux ans, son centre reçoit une soixantaine de jeunes (filles et garçons), mais aussi des personnes âgées. Une séance particulière est offerte aux femmes mariées. « L’objectif principal est l’éducation des enfants à travers les vertus des arts martiaux », dit-elle, souriante.
Aida, malgré son sens élevé du respect des autres et son apparence trompeuse avec ses 1,67 m pour moins de 60 kilos, devient une « lionne affamée » lorsqu’il s’agit de défendre les enfants démunis ou les femmes en dangers. « En 18 ans de pratique, j’ai appris suffisamment de techniques pour protéger les autres », explique-t-elle. Et vous, il vous arrive d’être violent ? « Jamais », répond-elle. Elle précise : « mon éducation ne me le permet pas. Sauf en cas d’obligation pour défendre un démuni ou si ma vie est menacée. Je n’ai pas pratiqué les arts martiaux pour me battre, mais pour servir les autres».
Soutenue par d‘autres maitres d’arts martiaux, Aida, en plus du Taekwondo, contribue aujourd’hui au développement du Sambo au Mali. Elle figure sur la short liste des premiers responsables de cette discipline. Celle qui affirme « Je veux une jeunesse éduquée et engagée », est toujours disponible lorsqu’il s’agit d’arts martiaux. Du dojo de Maitre Yacouba Diarra, ceinture noire 5e dan et arbitre international en taekwondo, à l’équipe nationale de Taekwondo ou du Sambo, Aida s’impose de la rigueur et de la discipline. Elle a côtoyé d’autres champions du Mali et d’Afrique comme Soloba Kamaté, Aminata Makou Traoré, Aminata Maïga ou encore Mariam Diarra, etc. Au cours de sa longue carrière, elle a appris auprès de grands maitres comme le coach international Me Gaoussou Soumaré dit Mafa, ceinture noire 5e dan en taekwondo. Stagiaire dans un bureau de transit à Bamako, Aida a pour ambition principale de former des champions.
Sory I. Konaté
30minutes.net
05 septembre 2018