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DR. ALY TOUNKARA, SOCIOLOGUE : « Le travail préalable au vote n’a pas été accompli »

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Dr. Aly Tounkara, sociologue à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), regrette l’ignorance même de contenu du scrutin, la méconnaissance totale du contenu des différents projets de société des candidats, qui achèteraient la conscience des citoyens.

 

Le Focus : Que pensez-vous du vote ce dimanche dans notre pays ?

Dr. Aly Tounkara : Le vote est un acte citoyen. Quand on dit citoyen, ça nous fait penser à des devoirs et à des droits. Il est important dans un Etat démocratique, qu’on aille aux urnes. Mais, au Mali, très peu d’électeurs se sont intéressés aux projets des candidats pour cette élection présidentielle du 29 juillet prochain.

C’est pour dire que, avant de parler de l’élection présidentielle, il y a des préalables. J’entends par préalables l’éducation civique d’abord. Quand, vous prenez un peu le cas de la jeunesse et des femmes maliennes, ce sont ces deux catégories qui constituent une sorte de bétail électoral pour les politiques maliens. Les électeurs doivent être au préalable outillés sur leurs devoirs et droits vis-à-vis des urnes. Ce travail n’est n’a pas été accompli. Ce n’est pas pour rien que les partis politiques reçoivent des subventions de l’Etat. Ces subventions ont pour but d’éduquer les citoyens, sensibiliser et aider les populations à comprendre ce qui se passe au niveau de la gouvernance. Mais finalement, qu’est-ce que nous observons dans le contexte malien ?

L’usage de l’argent public est très peu connu par des membres des partis politiques. L’élection présidentielle est une aubaine pour une démocratie. Mais, en débit de son caractère démocratique, il y a des préalables qui devaient être faits.

Beaucoup ont succombé au charme des leaders religieux. Donc, finalement, au lieu que l’élection soit un acte de citoyenneté dans ce pays, nous assistons à un changement de gravité. Les élections sont seules voies légitimes pour accéder au pouvoir dans un régime démocratique. Pour le cas du Mali, elles ne font pas forcement l’égal accès. Elles font appel à des pratiques non-orthodoxes. Ces pratiques ont pour noms : l’achat des voix, les mensonges, les manipulations, etc.

 

Propos recueillis par Hamissa Konaté

Le Focus du mardi du 24 juillet 2018 

 

 

 

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