Selon des Bamakois, les revendications des magistrats sont excessives et compromettent toute possibilité de négociation.

Djoula Kéita (retraité) :

« Nous devons mettre l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de nos intérêts personnels. La grève est un droit, on le sait. Mais quand les magistrats disent qu’il y a un problème de 3 milliards de F CFA et que si le gouvernement ne satisfait pas leurs doléances, ils le soulèveront, je dis qu’ils ont perdu la raison. Je crois que les magistrats n’ont pas le droit de cacher la vérité aux citoyens. Ils sont là pour juger et engager des poursuites contre les pilleurs, les voleurs et les bandits de la République, mais ils ne le font pas. Autrement dit, ils ne font pas leur travail. Pourquoi les magistrats cachent la vérité ? Qui protègent-ils ? Et pourquoi maintenant une telle révélation ? Les magistrats devront répondre à ces questions sans attendre la satisfaction de leurs doléances ».

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Sékou Mariko (informaticien) :

« Si le gouvernement n’arrive pas à satisfaire les revendications des magistrats, c’est qu’il  n’a pas les moyens. Je croyais que les magistrats étaient des hommes raisonnables. Mais ils ne le sont pas visiblement. Je demande à IBK de rappeler aux grévistes que le gouvernement est là pour tout le monde et non pour une seule couche de la société. La justice malienne est à la base de la corruption. Aucun magistrat n’a revendiqué le droit d’un pauvre au Mali. Il faut qu’on se dise la vérité. Elle ne se dit plus au Mali. De toute façon, gouvernement et magistrats grévistes sont les poissons d’un même fleuve. Tel père, tel fils. Nous sommes là à les regarder se livrer en spectacles ».

Madou Konaté (métallurgiste) :

« Si je vois l’état du pays, je compte me rebeller contre la justice malienne, mais mon âge ne me le permet plus. J’ai 78 ans. Si j’avais 30 ans aujourd’hui, j’allais me rebeller pas pour prendre des armes, mais former et sensibiliser les jeunes à lutter contre corruption, le vol des biens publics, etc. Ces magistrats grévistes n’ont aucune honte. Je n’aime pas trop les dirigeants du pays, mais cette fois, je donne raison au gouvernement. Beaucoup de magistrats aujourd’hui ont bafoué la magistrature. Censés être les garants de la Constitution, censés lutter contre la corruption et revendiquer les droits des citoyens lambda, ce sont eux les acteurs de la corruption. Dans un pays où la justice est corrompue, qui revendiquera les droits des citoyens ? Qu’ils reviennent travailler ou pas, c’est leur problème. Ils travaillent pour eux-mêmes. Ils ne sont plus au service de la population malienne ».

Oumou Touré (enseignante) :

« Les revendications des magistrats sont extrêmes. Ils ne valent pas mieux que les autres corps. Je ne partage pas leur avis. La grève illimitée doit être observée par tout le monde sauf les magistrats. Je trouve que c’est une grève immorale et indigne. Comment peut-on comprendre que des gens qui touchent plus de 700 000 F CFA par mois veulent encore une augmentation de salaires. Et les autres ? Qu’ils retournent travailler. Si quelqu’un est protégé aujourd’hui au Mali, c’est bien les magistrats grévistes. Ils sont protégés par toutes les lois de la République. Ils doivent recommencer à penser aux autres Maliens et aux salaires des autres corps. Enfin, j’encourage Soumeylou Boubèye Maïga, chef du gouvernement, à continuer à prendre des décisions pour contrer ces véreux magistrats ».

Propos recueillis par Hamissa Konaté               

Le Focus du Lundi du 22 octobre 2018 

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