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ECOLE: Portrait de 12 filles exceptionnelles ayant opté pour des filières jugées trop masculines

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Au Mali, rare sont les filles qui s’orientent vers des filières scientifiques. Peu d’entre elles font par exemple les domaines liés à la construction (dessin bâtiment, électricité),  l’électromécanique ou encore la comptabilité, etc. Après un tour dans quelques établissements secondaires et techniques de Bamako, nous avons pu rencontrer douze braves filles qui ont opté pour ces filières qui, le plus souvent, mènent à des métiers jugés masculins. A l’occasion de la commémoration du 8 Mars 2018, nous vous présentons quelques-unes faisant déjà la fierté de leur entourage et de leur école.

Elle s’appelle Mme Diawara Adjaratou A. Sanogo. Elle fait la troisième année Dessin bâtiment au Centre de formation secondaire et technique (CFST) de Kalaban-Coura. Elle aura bientôt 19 ans. « J’ai opté pour cette filière, car j’aime dessiner et je souhaiterai travailler dans le domaine de la construction du bâtiment. L’année dernière, j’ai eu 14 de moyenne en 2e année et cette année nous sommes toujours à l’attente de nos résultats. Pour moi, être femme, c’est de montrer aux hommes que les femmes peuvent faire les mêmes métiers qu’eux, sinon mieux », souligne-t-elle, confiante. Ses camarades hommes saluent son courage. Elles sont deux filles sur un effectif de 44 apprenants.  Malgré cet écart, elle figurait parmi les cinq premiers de la classe l’année dernière.

Djenebou Diarra est l’unique camarade fille de Mme Diawara dans la classe de 3e année du CFST de Kalaban Coura. Elle a 20 ans. « Mon choix pour la filière Dessin bâtiment n’est pas fortuit. Je veux être maçon. Je rêve de construire des maisons comme les hommes. Travailler dans les chantiers. Je souhaite être la première femme a exercé le métier de la maçonnerie dans notre pays », dit-elle, engagée. Selon un de ses maitres, Djenebou est une vraie battante. C’est la deuxième de la classe. « Elle vient régulièrement à l’heure. Elle a toujours été dans le trois premiers lors des compositions », confirme un membre de la direction.

Notre troisième amazone s’appelle Oumou Fainké. Elle fait la première année Dessin bâtiment dans le même centre que Djenèbou et Mme Diawara. Elle a 18 ans. « J’ai choisi de faire cette filière parce que après mes études, je ne voudrais pas chômer. J’aimerai illico contribuer à la construction de mon pays », déclare-t-elle devant tous ses camarades. Elle précise qu’être filles n’est pas synonyme de paresse intellectuel qui mènent généralement celles-ci à opter pour les filières littéraires ou encore le secrétariat. « Nous sommes capable de faire un bon choix en matière de formation professionnelle », ajoute-t-elle. Selon Adama Dabo, un enseignant de l’école, Oumou est une fille très courageuse et talentueuse.

Contrairement à nos trois premières braves, Mariam Diallo fait l’électricité. Elle est en troisième année à l’Institut de formation professionnelle Sonni Ali Ber de Banankabougou (IFSab). Elle est âgée de 21 ans. « Après le DEF, le Cap m’a orienté en électricité. Dans la classe de la première année, nous étions deux filles. Et la deuxième fille a abandonnée l’année dernière. Donc, sur le terrain maintenant, je suis la seule fille qui travaille avec une  vingtaine de garçons dans la pratique de l’électricité ». Elle incite les filles à aller vers des filières porteuses comme l’électricité pour immédiatement travailler après leur cycle. « Sans concours ni fonction publique, j’aurais de quoi m’occuper et je pourrais bien gagner ma vie », se vante-t-elle.

Jokobeht Sagara. Elle est de la même classe que Mlle Mariam Diallo. Elle a 19 ans. « J’ai choisi l’électricité pour avoir un travail. J’étudie pour travailler. C’est pourquoi je suis là à apprendre l’électricité. Sinon j’avais la possibilité de faire d’autres filières. Comme ça, après mes études, je pourrais me débrouiller seule. Car, dans ma vie je ne souhaite que mon indépendance », a souligné Sagara.

Doumbia Rokia fait la deuxième année électricité en compagnie de Mlle Sagara. Elle a 19 ans aussi. «  J’ai choisi l’électricité, car j’aimerai être une excellente électricienne pour apporter ma pierre à l’édification de mon pays», déclare-t-elle Doumbia.

Alima Konaté est une brillante élève de la deuxième électricité à l’Institut de formation professionnelle Sonni Ali Ber de Banankabougou (IFSab). Elle a 21 ans. « J’ai choisi l’électricité parce que c’est ma passion. Je veux travailler à EDM-SA», dit-elle.

Mariam Togola. Elle fait la deuxième année électromécanique à l’Institut de formation professionnelle Sonni Ali Ber de Banankabougou (IFSab). Elle a 20 ans. Elle habite à Sokorodji-Bamako. « Après le DEF, j’ai été directement orientée à cette filière par le Cap de Banankabougou. En réalité, au début ça n’a pas été facile. Mais, actuellement je m’en sors très bien. J’aime cette filière et je continuerai à me battre pour être la meilleure dans ce domaine », a-t-elle promis.

Elle se nomme Fatoumata Drissa Traoré. Elle fait la deuxième année électromécanique avec Mlle Togola. Elle a 18 ans. « J’ai choisi le métier électromécanique parce que j’                             adore le métier surtout la climatisation. Et d’ajouter que mon rêve, c’est de travailler un jour dans l’entreprise Niaré-Froid-Climatisation».

Awa Sissoko a 22 ans. Elle fait la 2e année comptabilité à l’Institut technique de banque, administration et commerce (ITBac) de Sogoniko. « J’ai choisi la comptabilité car, j’envisage de travailler dans une entreprise ou une banque  comme comptable. En plus, je souhaite être expert-comptable comme l’ex Premier ministre du Mali, Moussa Mara ».

 

Au lycée Ibrahima Ly (Lily), il y a des filles adulées des sciences

Parmi les rares élèves du Lily ayant opté pour les filières scientifiques, on compte Hawa Diop. Elle fait la 11e année Sciences. Elle a 17 ans. « J’ai choisi la science parce que mes parents sont scientifiques. Dans notre famille, tout le monde travaille. C’est en partie grâce à leur orientation scolaire. Donc pour rejoindre la grande famille, j’ai choisi d’être comme eux. Et je lance un appel aux parents d’élèves du Mali de laisser les enfants faire la science. Car, la science est la mère des disciplines et de tous les métiers. Sans la science, la vie serait impossible. Même les littéraires ont besoin de la science pour se développer », lance Mlle Diop.

Ténin Fanta Sangaré, communément appelée la Sangaré du Lily. Elle fait la 11e Sciences. Elle a 17 ans. « Mon choix pour la science n’est pas fortuit. Au Mali, j’ai constaté qu’il y a peu de femmes qui font la science, c’est ce qui m’a motivé  à m’inscrire dans cette filière. Pour moi, la science est à la base de tout. Sans la science, il n’y aurait pas de nouvelle technologie, ni de révolution numérique. Le Mali a besoin des scientifiques particulièrement des femmes scientifiques qui peuvent  la révolutionner», explique Sangaré.

Hamissa Konaté

30 minutes.net

8 mars 2018

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