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ACCUSÉE EXACTIONS SOMMAIRES: L’Armée malienne est-elle victime de sa réussite sur le terrain ?

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Depuis quelques mois l’Armée malienne monte en puissance. Elle a pu repousser plusieurs attaques terroristes au Centre et au Nord, déjouer des attaques et même capturer des terroristes. Cette montée en puissance des FAMA inquiéterait certains ennemis de la paix qui, pour se sauver, veulent désormais ternir son image.

« Il faut arrêter de culpabiliser l’armée. Arrêtez de dire des choses qui ont un caractère tendancieux. L’armée du Mali est là pour tous les Maliens. L’armée du Mali n’est là contre personne. Nous demandons à l’armée d’exécuter sa mission dans le respect strict de la loi. Et lorsque quelqu’un sort de la loi, il reçoit le traitement approprié dicté par la loi ». Ces propos sont celui du ministre de la Défense et des Anciens combattants répondant lundi dernier aux questions de Marie-Pierre Olphand, journaliste à RFI. Le ministre est intervenu suite à la déclaration de l’association peule Tabital Pulaaku accusant l’Armée malienne d’exécutions sommaires.

« L’Armée du Mali n’est pas coupable, dit le ministre, se demandant « pourquoi on veut faire croire que l’armée du Mali, car précise-t-il, elle est dirigée non pas contre les terroristes, mais contre des citoyens maliens. C’est totalement insensé ». Pour lui, c’est une personne, un militaire ou un autre qui peuvent être coupables, mais pas l’armée du Mali. « L’armée travaille dans le respect des droits du Mali», soutient le ministre.

A la question de savoir s’il y a une quelconque possibilité de malaise au sein de l’armée qui peut expliquer ces actes dont ils sont accusés, la réponse de Tiéna Coulibaly est catégorique. « L’armée du Mali a le moral au beau fixe parce qu’elle est soutenue par le Peuple du Mali », précise-t-il.

La montée en puissance des FAMA inquiète-telle les ennemis de la paix ?

Aujourd’hui, malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée sur le terrain, l’Armée malienne reste debout. Son courage et sa montée en puissance sont même reconnus par les forces étrangères intervenant au Mali. Le commandant de la force Barkhane avait, apporté le 22 mars, son soutien à ses compagnons d’armes maliens et salué leurs efforts.  « Je ne connais pas d’armée qui serait capable d’être engagée sur le terrain massivement comme elle l’est et en même temps de se restructurer en profondeur. Donc, il est facile de critiquer mais l’action est plus difficile. Moi, je tiens à saluer les efforts de cette armée malienne », a-t-il déclaré.

Pour Djimé Kanté, porte-parole de la plateforme Debout pour les remparts Wili Ka Jo Touma Sera, « l’Armée malienne fait face à une série de difficultés dans la lutte contre le terrorisme et a besoin d’être soutenue », même s’il n’exclut pas la présence d’éléments indisciplinés en son sein.

Cette reconnaissance de la restructuration réussit de l’Armée ferait des jaloux, selon certains observateurs. « Quand il n’y a pas d’autorités, les ventes illicites et le trafic prospèrent. Avec la montée en puissance des FAMA, il sera désormais difficile pour ces trafiquants de faire prospérer leur business dans le Nord et le Centre. C’est pourquoi, ils passent par certaines associations et organisations de la société civile à leur solde pour décrédibiliser l’Armée en portant ces genres d’accusations contre elle », nous explique un enquêteur. Il ajoute : « Au Mali, la guerre est asymétrique. Pour un terroriste, il est facile de se faire passer pour une victime. Sinon un groupe arrêté à l’issue d’un combat et lourdement armé, ne peut jamais être appelé des civils ».

Des accusations sans preuves ?

Dans un document publié par Human Rights Watch, on peut lire des témoignages de victimes qui affirment avoir été arrêtés puis torturés par des FAMA. Ce document fait état d’arrestations et de détentions parfois arbitraires, de tortures et de décès.

« Ces arrestations et actes de tortures accompagnées de la découverte de fosses communes indiquent que l’Armée malienne est en difficulté dans le centre du Mali », selon Corinne Dufka, directrice associée de l’Afrique à Human Rights Watch.  Amnesty international s’est aussi saisit de l’affaire de « la fosse commune » découverte à Dogo dans la région de Mopti. L’organisation de défense des droits de l’Homme appelle les autorités maliennes à « ouvrir une enquête pour faire toute la lumière sur ses exécutions extrajudiciaires ».

De son côté, l’Armée malienne dément ces accusations et affirme : « les Forces armées maliennes constituent une armée professionnelle et respectueuse des droits de l’Homme ». Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, en tant que premier responsable dans la chaîne de commandement affirme d’ailleurs son satisfecit total. Il ajoute : « Ma chaîne de commandement marche bien. Je ne dis pas du tout qu’il n’y a pas de place à l’amélioration. Mais il n’y a pas de dissident au sein de l’Armée du Mali… Nous sommes déjà en guerre, c’est déjà beaucoup pour nous. Il ne faut pas nous créer des problèmes. L’armée du Mali est chargée par l’Etat du Mali de protéger les citoyens du Mali et leurs biens. Et c’est cela que l’armée fait, c’est cela que nous lui demandons. Toutes les fois que quelqu’un fera un dérapage, il sera traité conformément à la loi ».

Moussa Touré

Contributeur à 30minutes.net

12 avril 2018

 

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