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ORTM : Les multiples vies du plus célèbre des médias maliens

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Instrument d’information, de sensibilisation, d’éducation des masses populaires, la radio est un moyen puissant de communication. Au Mali, Radio-Mali a été de tous les combats : l’indépendance, l’avènement et la construction d’une société démocratique.

 

De 1957 à nos jours, l’Office de radiodiffusion télévision du Mali a connu une histoire riche et tumultueuse en événements et en hommes qui y ont travaillé.

Radio-Soudan a commencé à diffuser le 1er juin 1957 sous la responsabilité du premier président du Mali, Modibo Kéita, alors maire de Bamako, qui a procédé à son inauguration. La radio, qui n’avait qu’une puissance de quelques kilowatts, était dénommée Radio-Soudan. Après l’indépendance en 1960, Radio-Soudan devient la Radio nationale du Mali (Radio-Mali). Elle va emménager dans les locaux de « La Maison de la Radio » dans le quartier de Bozola à Bamako.

Ses capacités techniques sont renforcées avec des émetteurs tchèques de 18 à 30 kilowatts. Ses missions sont : sensibiliser la population, l’informer et véhiculer les idées de l’US-RDA pour une indépendance totale du pays. En 1968, une page sera tournée dans l’histoire de Radio-Mali. Le coup d’Etat militaire de Moussa Traoré et ses compagnons du Comité militaire de libération nationale (CMLN) met fin au régime socialiste de l’US-RDA.

Radio-Mali suit des mutations sociales au rythme de la population. La station bénéficie de l’appui du gouvernement. Ainsi, en 1970, le gouvernement construit quatre émetteurs de 50 kW à environ six kilomètres de Bamako, précisément à Kati. Ceci permet à Radio-Mali d’atteindre une grande partie de l’Afrique occidentale. La portée des ondes étant estimée à environ 2500 km en ondes courtes, moyennes sans modulation de fréquence (FM).

En 1983, la Libye accepte de financer un centre de diffusion à Bamako, ce qui permet de diffuser RTM en chaîne de télévision en couleurs. Plus tard, les Allemands et les Français subventionnent des programmes (1984 et 1990). Ce qui permet d’étendre le réseau intérieur, avec l’ouverture des stations régionales de Ségou (1986), Koulikoro (1989), Sikasso (1990) et Mopti (1993). En 1992, un second réseau de diffusion radio nationale (Chaîne II) est créé.

Le 5 octobre 1992, le gouvernement malien se sépare de la RTM. Par la loi 92-021, la station, du contrôle direct du gouvernement, devient une entité à financement public, mais gérée de manière indépendante. La Radiotélévision du Mali est transformée en un établissement public administratif à caractère administratif (Epa).

Cela faisait partie du processus de libéralisation nationale, l’avènement de la IIIe République.

Les radiodiffuseurs privés ont été légalisés et la RTM a été réorganisée en Office de radiotélévision du Mali (ORTM) le 1er janvier 1993. De la « radio coloniale » à celle qui a aujourd’hui « La passion du service public », l’ORTM aura été de tous les combats pour la construction d’une nation juste, solidaire, unie et éprise de paix.

L’ORTM, qui a célébré sa soixantaine en 2007, à toujours jouer sa partition dans la construction de la nation : en ayant toujours la passion de servir. A cause de son impact, l’ORTM est toujours attaqué lorsqu’il y a des mouvements de révolution ou de mutinerie au Mali. Aux événements de 2012, il a été à maintes reprises investi par différentes sections militaires.

Hamidou Koné 

Le Focus du 03 mai 2018 

 

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