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LA PRESSE VUE PAR DES MALIENS : Quand la liberté d’expression piétine la déontologie

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Au Mali, selon beaucoup de citoyens, la liberté de la presse n’est pas menacée. Ils accusent les journalistes qui, sous le couvert de ce droit, s’adonnent à des pratiques allant contre la déontologie du métier.

 

Alassane Diarra (communicant) :

« La liberté de la presse est garantie par des textes juridiques mais non appliqués par ses propres acteurs. Dans ce pays, des journalistes ont peur de dénoncer les mensonges d’un homme politique juste parce que ce dernier a signé un contrat avec leurs organes. Un journaliste ne doit avoir pour ami que son métier et la vérité. La liberté de la presse est perçue au Mali comme une menace même aux autorités politiques. Les journalistes s’en servent pour se permettre tout et parfois même pour faire chanter des personnalités ».

 

Bakary Sarré (magistrat) :

« Le libertinage a pris la place de la liberté de la presse au Mali. Beaucoup de journalistes maliens prennent cette liberté comme un instrument politique démesuré. Ils abusent de cette liberté de la presse pour échapper à la justice et ne respectent même pas la déontologie du métier ».

 

Aïchata Tounkara (étudiante en droit et militante de la JCI) :

« Les autorités maliennes se contrefichent de la liberté de la presse. Les journalistes maliens se cachent derrière cette liberté pour tout se permettre. Ils n’ont plus de limite. Or, la liberté s’arrête là où commence celle des autres, cela devrait être applicable même aux journalistes ».

 

Nana Samaké (journaliste sportive à la radio Klédu) :

« Je pense que la liberté de la presse est à la fois incomprise par les acteurs de la presse, les autorités et même la population. Par exemple l’arrestation de trois journalistes de Maliactu.net pour harcèlement d’un maire et qui ont été relâchés après pour faute de preuves. Le journaliste est constamment avec le public et des actes pareils peuvent nuire à sa crédibilité. La crise du football au Mali a été alimentée et enflammée en grande pompe par les journalistes maliens qui, au lieu de faire leur travail d’informateurs, sont devenus de véritables protagonistes de la crise. Pour des miettes, certains ont vendu leur dignité. Certains journalistes se sont fait agresser par les supporteurs juste parce que ceux-ci trouvaient qu’ils n’étaient pas de leur côté. Le journaliste ne doit ni avoir de camp ou de partie. Son devoir est d’informer pas plus. Il se doit donc de dire la vérité rien que la vérité à ses électeurs, auditeurs ou téléspectateurs. Les faits ne doivent jamais être modifiés car ils sont sacrés ».

 

Jean-Baptiste Moctar Kéita :

« La liberté de la presse est bien respectée au Mali. Parfois, son respect dépasse les limites des conditions fixées par la loi. Il est temps que les journalistes se positionnent pour être plus responsable ».

Abdoul Madjid Mohamed Maïga

Le focus du 03 mai 2018 

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