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PRÉSIDENTIELLE DE JUILLET : Les cinq clés de la victoire à Soumi

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Candidat malheureux en 2002 et 2013, le chef de file de l’opposition malienne l’honorable Soumaïla Cissé a la possibilité de remporter le match de sa vie, lors de la bataille de juillet pour Koulouba. Sa pugnacité, ses alliances stratégiques, son parcours professionnel, la position indélicate de son principal challenger, Ibrahim Boubacar Kéita et la volonté du changement sont les indicateurs qui plaident en sa faveur.

 

Candidat malheureux en 2002 face à l’ancien président Amadou Toumani Touré, puis le 11 août 2013 à Ibrahim Boubacar Kéita, l’honorable Soumaïla Cissé, candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD) peut compter sur sa trempe, son leadership, les difficultés économiques et sociales du moment pour séduire les électeurs le 29 juillet prochain. Mais aussi la mise sur pied des réseaux peut être une véritable machine à gagner. Tour d’horizon des clés de sa possible victoire.

Pugnacité dans l’engagement politique

Economiste, bosseur et affable, l’honorable Soumaïla Cissé, au-delà des clivages politiques, représente aujourd’hui auprès de l’opinion le modèle de deux présidents qui se distinguent dans la zone ouest-africaine. Il s’agit d’Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire et de Macky Sall du Sénégal.

Il loue la simplicité de Rock Christian Marc Kaboré du Burkina Faso. Alors qu’il a opté pour l’opposition depuis 2013, son leadership a permis de maintenir un cap autour de lui. L’Union pour la République et la démocratie, sa formation politique, et le cabinet du chef de file de l’opposition se portent bien et se renforcent. Au sortir des dernières élections communales, l’URD a enregistré un score historique et les adhésions massives continuent. Ce cap sera un atout.

Ses alliances stratégiques

Après les deux défaites, l’honorable Soumaïla Cissé a tenté de gommer ses faiblesses. Critiqué pour sa singularité et de non maîtrise des réalités maliennes, il change ainsi de stratégie et s’inscrit dans une dynamique de changement de système. Pour sa troisième tentative, Soumaïla veut aller avec toutes les forces éprises de changement.

« C’est possible. Nous avons besoin des ressources fortes, des relations au-delà des conspirations politiques. Puisque ce qui fonde un Etat est l’engagement et la détermination de se remettre en cause », murmure-t-il. Un choix sulfureux mais tactique. Le Manifeste signé avec l’ensemble des partis de l’opposition et des organisations de la société civile est un bon point qui profite à Soumaïla Cissé.

Le bilan d’IBK

En 2013, les enjeux de la présidentielle étaient la sécurité, la paix, l’éducation… Cinq ans après, les mêmes défis restent d’actualité. La guerre au Mali a enregistré des milliers de victimes. Les soldats de la paix et la Barkhane en soutien ont perdu des centaines dans leurs rangs.

Selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), plus de 44 000 personnes ont fui vers la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso, alors qu’ils étaient 22 000 en date du 7 février. 4,1 millions de Maliens ont besoin, cette année d’une assistance humanitaire, soit 400 000 personnes de plus qu’en 2017.

Ces estimations du bureau de coordination humanitaire des Nations unies au Mali sont les conséquences directes du déficit pluviométrique, de la décrue précoce du fleuve Niger et de l’insuffisance des financements en 2017. A l’échelle du pays, plus de 500 écoles étaient fermées dans les zones touchées par l’insécurité.

Selon le « Cluster Education », environ 150 000 enfants sont déscolarisés ou non-scolarisés du fait de ces fermetures d’écoles. Par ailleurs, environ 1630 enseignants sont absents dans les zones touchées par l’insécurité. Malgré l’ampleur des besoins, la capacité de réponse des partenaires humanitaires est grandement limitée faute de ressources.

IBK n’a pas comblé des attentes. Soumaïla Cissé a une tête de premier de la classe et l’assume. Les dossiers, il connaît. Les Maliens, un peu moins. Un observateur étranger note toutefois qu’il a progressé ces derniers temps. « Je l’ai trouvé changé plus à l’aise avec les gens. Cissé, lui, a opté pour la carte sociale, le développement, c’est son affaire », a-t-il répété. « Soumi » est un homme de consensus, toujours souriant, très travailleur.

La division de ses adversaires

Ces cinq dernières années, Soumi a mis sur pied son parti, conçu comme une machine à gagner. Mais lors de cette élection présidentielle, le challenger à IBK profitera aussi des faiblesses de la CMP en perte de vitesse. 67 partis signataires de la CMP, une vingtaine ont quitté la majorité. Il s’agit de l’AMAT, le PDP, le PSD, le RPD, le PDD, le RCD, le PDJ, l’Ades, le Pecsam, le MDD, le PSO, l’ADPEM, Monade, ADP/Maliba, Yéléma, Cnid et Codem. En plus des défections dans la famille présidentielle.

La carte de la présidentielle de juillet est loin d’être jouée, mais l’investiture du candidat de l’URD le samedi prochain au stade du 26 mars est un signal fort du départ pour Koulouba.

Bréhima Sogoba 

L’Indicateur du renouveau du 10 mai 2018 

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