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UN IMPACT POSITIF SUR LA SANTE : L’éclairage de Dr. Boubacar Cissé, médecin interniste

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Jeûner permet de se maintenir en bonne santé et d’avoir un esprit clair. Mais, la pratique est déconseillée aux personnes souffrantes de certaines maladies, les femmes enceintes et les personnes âgées.

 

Selon Dr. Boubacar Cissé, médecin interniste à la Clinique « Lafia » de Banankabougou, le jeûne a un double intérêt : médical et religieux. Pour ce praticien, le premier permet de se maintenir en bonne santé, en reposant l’organisme, en le détoxiquant et en favorisant sa régénération. Le jeûne permet de perdre du poids, ce qui est indiqué pour la bonne la santé. Il permet d’améliorer la qualité du sommeil et de la sexualité. Le jeûne évite d’être trop stressé.

« Sur le système cardio-vasculaire, il permet en cas d’hypertension artérielle de baisser les chiffres de la tension. Le fait de jeûner agit positivement sur les troubles fonctionnels intestinaux ou les syndromes de l’intestin irritable. Il diminue également les méfaits de la sténo-hépatite non alcoolique du foie. Sur le plan articulaire, cette abstention à la nourriture participe à l’atténuation des douleurs de l’arthrite rhumatoïde », ajoute Dr. Cissé.

 Une cure de désintoxication

Par ailleurs, le jeûne peut induire le sevrage tabagique ou alcoolique. Il ajoute que le bienfait spirituel et religieux du jeûne se traduit par un sentiment de clarté de d’esprit. « Quand on jeûne, on a l’esprit beaucoup plus clair parce que le système digestif n’est pas envahi par une surabondance alimentaire. Cela permet à une personne de mieux réfléchir, de penser à son prochain et à se soumettre à certaines réalités de la vie telle que la faim », souligne-t-il.

Le jeûne est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes et aux personnes âgées dont l’état de santé est précaire. Aussi, les personnes ayant des troubles comportementaux de l’alimentation tels que les anorexiques, les boulimiques, les personnes ayant une maigreur extrême ne doivent pas entreprendre le jeûne.

Il est également interdit aux personnes souffrant de maladie cardio-vasculaire, hépatite sévère et de maladie rénale ou encore psychiatrique d’observer le jeûne sans avis médical mais aussi les personnes souffrant d’ulcère gastroduodénal doivent également être préservées du jeûne, conseille le chef de la Clinique Lafia.

Selon Dr. Cissé, pendant le mois de ramadan, la maladie la plus souvent rencontrée est surtout le diabète. Les personnes diabétiques font une baisse importante du taux de sucre dans leur sang. Ces personnes sont souvent plongées dans le coma ou dans les situations confuses comme l’augmentation brutale du taux de sucre dans le sang.

Aussi, dit-il, certains sujets (malades) ont des douleurs abdominales intenses. « Donc, après la rupture du jeûne, ces personnes se mettent immédiatement à boire assez d’eau, voire beaucoup, ce qui provoque des douleurs abdominales très atroces et très difficiles à supporter. Elles sont transportées dans les cliniques ou les hôpitaux par leurs familles. Souvent, ces maladies se compliquent et conduisent à des décès ou des hospitalisations qui peuvent aller jusqu’à une ou deux semaines », déclare Dr. Cissé.

« Les conséquences négatives arrivent souvent dans le domaine de pathologie chronique, très difficile à maitriser. Certaines personnes peuvent avoir des pathologies dont elles ignorent même l’existence de la maladie. Le jeûne arrive à leur faire découvrir, mais souvent de façon dramatique », regrette notre toubib.

 Recommandations

Pour passer un bon mois de ramadan, Dr. Cissé rappelle des préalables et des comportements physiques et alimentaires à observer avant, pendant et après le jeûne mais aussi le mois tout entier.

Pour notre interlocuteur, la préparation et l’adaptation de l’organisme au jeûne passe par plusieurs phases : « Quatre à cinq jours avant le jeûne, le jeûneur doit éviter toute consommation de protéine animale, tout ce qui est lait et produit laitier et se mettre à la consommation des légumes, des fruits ou jus de fruits. Ensuite, il vient à la phase proprement dite du jeûne. Au moment d’entamer le jeûne, il faut commencer par la consommation de liquide, de bouillon, d’aliments mixés et non la consommation des aliments solides par ce que l’organisme a besoin de plus d’eau que d’aliment. A la rupture, l’estomac étant au repos pendant des heures, il faudra le stimuler progressivement, sans l’encombrer ou le surcharger. Enfin, la dernière étape est la phase de réintégration alimentaire. Pendant cette phase, Dr Boubacar conseille de continuer à respecter la consommation de façon graduelle », précise Cissé.

Pour la rupture du jeûne, il recommande les glucides complexes (farine ou vermicelle), les fruits surtout des fruits secs comme les dattes très riches en calcium, en potassium, en magnésium afin de diminuer la fatigue journalière après 16 à 18 h de jeûne. « En plus, nous recommandons les fruits qui sont riches en vitamine C. Les graisses peuvent être prises mais il faudra y faire à attention ».

Le médecin prescrit un exercice physique pendant 30 minutes et cinq fois par semaine. Pendant le mois de ramadan, il conseille même de pratiquer une activité physique le matin et le soir. Avant de préciser que la boisson est indispensable surtout l’eau.

« On peut s’hydrater avec de l’eau simple. Elle ne doit pas être trop chaude ni trop froide. Avec la soupe, le thé, les tisanes mais sans soda. Le soda entraîne des troubles digestifs, des inconforts, qui pourraient vraiment vous perturbez pendant le mois de carême », indique-t-il.

Hamissa Konaté 

Le Focus du 15 mai 2018 

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