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RAMADAN : Les conseils de l’imam Ahmed Harouna Maïga

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Selon l’imam Ahmed H. Maïga de la « Mosquée Aboubacar Sidick » de Missabougou, le jeûne de ramadan a pour but de libérer l’être humain des entraves de la dépendance matérielle, de la prison des habitudes, de la consommation aveugle, de la routine et du rendement.

 

Le jeûne est le quatrième pilier de l’islam. Il s’agit d’une période de recueillement au cours de laquelle les musulmans n’ont pas le droit de manger, de boire, de fumer ou encore d’avoir des relations sexuelles de l’aube au coucher du soleil. Les femmes en période de menstruations, les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes âgées et les enfants pubertaires sont dispensés de respecter le jeune.

Pourquoi un mois de ramadan ?

Selon l’imam Ahmed, il a été prescrit et rendu obligatoire au Prophète Muhammad (PSL) lors de sa 2e année à Médine. Auparavant, rappelle-t-il, les savants le faisaient, mais ce n’était pas obligatoire sur tout le monde. « Pour eux, c’était différent de ce que nous faisons actuellement. Ils jeûnaient presque qu’une journée entière, de la soirée d’aujourd’hui jusqu’au lendemain coucher du soleil. Après la rupture, ils le reprenaient encore jusqu’au lendemain coucher du soleil », explique-t-il.

Et de préciser la cause pour laquelle le moment a été changé : « Une fois, la rupture certains d’entre eux dormaient sans toucher à leurs femmes et cela a causé des problèmes. C’est pourquoi, Dieu leur a dit ‘Je vous ai testé et Je savais que vous ne pourriez pas tenir. Donc désormais vous allez jeûner de l’aube au coucher du soleil’« , rappelle l’imam Maïga.

Il précise que le ramadan a pour but de libérer l’être humain des entraves de la dépendance matérielle, de la prison des habitudes, de la consommation aveugle, de la routine et du rendement.

« Par cela, il renforce sa spiritualité et sa soumission à Dieu (musulman veut dire celui qui est soumis à Dieu). Il s’agit en fait de vivifier sa spiritualité, l’initiation à une véritable libération par le jeûne de l’âme, l’invitation à appréhender la présence divine par le jeûne du cœur. La solidarité manifestée à cette occasion est aussi un moyen pour la communauté musulmane de se souder et de pratiquer l’aumône envers les plus démunis », ajoute l’uléma.

 Obligatoire pour tous les musulmans ?

« Oui. Le jeûne du mois de ramadan est bien évidement obligatoire et il fait partie des cinq piliers de l’islam », répond-il. Il rappelle la sourate al-Baqara du Saint Coran qui dit : « 2.183. O les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la pitié, 2.184. Pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeuner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec une grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait de son gré, c’est pour lui, mais il est mieux pour vous de jeûner ».

Cependant, indique l’imam, il y a au moins dix bonnes excuses pouvant dispenser un musulman du jeûne : « Etre enceinte et craindre pour sa santé ou pour le fœtus, avoir un examen médical très important à passer un jour du mois de ramadan, être en voyage, souffrir d’une maladie que le jeûne pourrait aggraver (le diabète par exemple), allaiter son enfant et supporter péniblement le jeûne de ramadan, être trop âgé, la période de menstrues (règles) pour les femmes, la période de lochies, les impubères et les fous ».

Y a-t-il une autre manière de jeûner différente de celle du Prophète ? Non, répond notre interlocuteur. « Il n’y a aucune autre manière différente de celle du Prophète. Pour jeûner, on se prive de manger, de boire en accomplissant tous les autres devoirs et obligations du jeûne ».

Des avantages et interdits formels

Selon Maïga, le jeûne permet au croyant de tester son endurance, sa volonté et de fortifier sa foi. « Il est également reconnu pour posséder des vertus médicinales, quasi-thérapeutiques à condition bien sûr de respecter quelques règles de base », souligne-t-il. Il cite les propos du recteur de la Mosquée de Paris et médecin, Dall Boubakeur. Il explique que le ramadan peut être excellent pour le bien-être du corps.

« Il contribue à brûler des graisses. C’est l’occasion d’une réflexion sur l’alimentation, sur le fait que le jeûne est une bonne chose pour l’organisme. Pour profiter pleinement de ces bienfaits, il faut boire beaucoup d’eau et surtout ne pas abuser de la nourriture après la rupture. Le jeûne, c’est aussi apprendre à manger tranquillement, avec raison et non avec un sentiment d’affamé », conseille Dr. Dall Boubakeur.

Aux dires de l’imam avoir des rapports sexuels avec son épouse détruit le jeûne. « Celui qui touche sa femme étant en jeune est obligé de rembourser ce jour, affranchir un esclave ou jeuner 60 jours consécutifs ou nourrir soixante pauvres. Cela est obligatoire sur la femme que sur l’homme si c’est le constamment de tous les deux. Dans le cas échéant, seul l’auteur est soumis à ces obligations. L’autre doit seulement récompenser le jour gâché », explique-t-il.

Les quatre savants conviennent que les vomissements délibérés cassent le jeûne. Celui qui prend l’intention de rompre, son jeûne est automatiquement détruit. Il est également casser pour celui qui étant en jeûne a eu l’intention de renoncer à la religion musulmane. Après sa repentance, il devra reprendre ces jours, etc.

 Des omissions sans conséquence

« Boire de l’eau ou manger sans avoir l’intention : les Hanafia, les Maliki, les Shâfi’î et Ibn Hazm al-Dhahiri déclarent qu’il ne devrait pas gâter le jeune. La gomme à mâcher, les évanouissements : selon les Maliki, les Shâfi’î et Hanbali, ils ne cassent pas le jeûne, etc. », résume M. Maïga.

L’imam admet que le ramadan est bien respecté au Mali. Selon lui, durant ce mois, la majorité des Maliens changent de comportement. « On assiste également à la fermeture et à l’arrêt de beaucoup des choses qui vont à l’encontre de la religion musulmane », dit-il.

Cependant, il reconnait qu’il y a aussi beaucoup de défaillances et de comportements qui ne concordent pas avec ce mois. Parmi ces pratiques, il cite les injures, passer toute la journée à dormir et à ne rien faire, ceux qui jeûnent une partie du mois en négligeant le reste sans motif valable, les commerçants qui augmentent le prix de leurs produits. « Le ramadan est devenu l’occasion pour certains commerçants maliens de se faire davantage de bénéfices ». Aussi, ajoute-t-il, il y a ceux qui mangent devant les jeûneurs, une pratique formellement interdite par Dieu.

C’est pourquoi, il invite les Maliens à se défaire de ces comportements durant le mois de ramadan. « Dieu nous recommande de nous pardonner les uns les autres, de multiplier les actions de bienfaisance, d’implorer son pardon, de beaucoup lire le Coran et de fréquenter quotidiennement les mosquées et les lieux de prêches et de tafsir durant ce mois », rappelle-t-il.

Abdoul M. Maïga

Le Focus du 15 mai 2018

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