De par le passé, le cinéma a connu des heures de gloire très probante, qualifiées de l’épopée du cinéma malien. Pour en savoir davantage, nous nous sommes entretenus avec le directeur du centre national cinématographique du Mali (CNCM), Moussa Diabaté.

Depuis 2003, le cinéma malien a connu une phase d’amnésie générale. Durant toute une décennie, il n’a pas pu remonter son audience au niveau international comme il l’avait souhaité. En effet, il n’a pas pu soulever les hauts trophées au niveau de l’échiquier continental ni plus. Cela a donné lieu à beaucoup de réflexions au niveau des plus hautes autorités de l’état, qui ont compris qu’il fallait se mettre en phase avec la création cinématographique. C’est pourquoi, depuis un certain temps, le cinéma malien a été doté avec un matériel de haute technologie et en quantité pour que la production cinématographique puisse être élargie et boostée. A cela, les autorités ont consacré également une politique d’approche capable de donner les moyens efficaces pour que les créateurs puissent être en phase avec la création cinématographique. Un fonds d’aide à l’industrie cinématographique a été créé avec un budget initial de 6 milliard de F CFA. Ce fonds sera destiné à beaucoup d’activités cinématographiques,comme la restauration des infrastructures cinématographiques. Pour rappel,depuis 2017, le gouvernement du Mali est parti sur un vaste chantier de créer deux grandes salles à Bamako. La pose de la première pierre est prévu pour très prochainement.

Selon le directeur du CNCM, Moussa Diabaté, aujourd’hui, la cinématographique du Mali est en contact avec des structures capables de prendre en compte la diffusion des œuvres afin qu’on puisse dire que la production apporte des retombés économiques directes. ‘’Depuis un certain temps, les films maliens qui sont produits ne sont que quelque part timidement rentabilisés au niveau de quelques festivals. Il fallait rentrer dans le circuit de distribution. Et c’est ce que nous sommes parvenus à réaliser avec une grosse société française installée à Dakar. Nous verrons par la suite, si les longs métrages que nous sommes entrain de boucler peuvent être distribués avant même sa première projection officielle’’, affirme Moussa Diabaté, directeur du CNCM.

Avec le départ à la retraite de beaucoup d’anciens agents, le CNCM a entrepris une vaste opération de formation des jeunes qui y sont restés afin qu’ils puissent rapidement combler le vide. D’où la collaboration avec le CNCM de France.

Pour que la cinématographie du Mali soit connue et citée dans le grand lot africain aujourd’hui, selon M. Diabaté, des partenaires qui ont une certaine expertise en matière de festivals, comme euro afriklab, un  festival qui est à sa cinquième édition et qui draine beaucoup de cinémas sont en train d’être démarchés. Pour le directeur du CNCM, vu l’implication du ministre de la culture et les différentes actions en cours dans la production cinématographique.A l’en croire, l’année 2019, est une année qui verra le retour tant souhaité ducinéma Mali.

Cependant,souligne-t-il, l’arbre ne doit pas cacher la forêt, des difficultés subsistent.Pour le directeur du CNCM, la première grande difficulté, c’est le problème de ressource pour appuyer les créateurs. Et à M. Diabaté, d’indiquer que le fonds alloué à la cinématographie n’est pas encore opérationnel. Suivant ses propos,aucune technologie (téléphone, internet) ne peut remplacer le cinéma : «les pays les plus avancés dans le domaine de la technologie continuent à voir leurs salles pleines  quand il y a une vraie production.Nous pensons mener une politique qui puisse amener nos compatriotes à aller au cinéma. Il faut que nos compatriotes inscrivent l’activité d’aller au cinéma dans leurs agendas».

Ousmane Sagara

 L’Indicateur du renouveau du 23 novembre 2018

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