Chers collègues,

Nos approches des sujets internationaux d’actualité ont été explicitement évoquées à plusieurs reprises par le Président russe Vladimir Poutine, notamment dans le cadre de la Grande conférence de presse en décembre 2019 et il y a quelques jours durant son allocution devant l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie.

Dans ce mot d’introduction je noterai que le monde, et nous le voyons clairement, continue d’être fortement secoué. Le principal facteur déstabilisant reste la ligne agressive de plusieurs pays occidentaux, notamment de nos collègues américains, visant à détruire l’architecture juridique internationale de sécurité, à remplacer le droit international par leur propre « ordre mondial basé sur des règles ». Cela concerne notamment la rupture, par Washington, du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaires (FNI), la réduction des perspectives de prolongation du Traité de réduction des armes stratégiques (START-3), l’attisement artificiel de la tension dans la région du Golfe, les tentatives de modifier les fondements juridiques universels du processus de paix au Proche-Orient, le renforcement de l’activité de l’Otan à proximité des frontières russes et la ligne visant à privatiser les mécanismes multilatéraux destinés à maîtriser la non-prolifération des armes de destruction massive.

Le déficit de confiance dans l’économie et la politique mondiales est aggravé par un large recours aux méthodes de concurrence déloyale telles que les sanctions unilatérales, le protectionnisme et les guerres commerciales. Parmi les derniers exemples scandaleux je noterai les tentatives des États-Unis d’empêcher la réalisation du projet Nord Stream 2 contrairement à l’avis des leaders de l’UE.

Washington s’est mis à abuser ouvertement de son privilège de pays où se trouve le siège de l’Onu. A sa guise, en violant le droit international, il refuse aux représentants de pays « indésirables » la possibilité de participer aux activités organisées sur la plateforme de l’Onu. Ce sont certainement là les fameuses « nouvelles règles », sous leur nouvelle forme.

La diplomatie russe mène une ligne indépendante et multivectorielle déterminée par le Président du pays, et s’efforce de réduire la tension internationale, de renforcer les initiatives juridiques et démocratiques dans la communication interétatique. Nous essayons de contribuer au maintien de la sécurité régionale et mondiale dans toutes les dimensions.

Parmi nos priorités absolues: la lutte contre le terrorisme international, notamment en Syrie, le progrès du processus de paix dans ce pays, le règlement des problèmes humanitaires vitaux du peuple syrien. Au « palmarès » de l’année qui s’est écoulée: le début du travail du Comité constitutionnel intersyrien grâce aux efforts des pays garants au format d’Astana. A présent passent au premier plan les questions relatives au rétablissement post-conflictuel de la Syrie, et à sa réintégration dans la « famille arabe ». Nous y contribuerons activement.

Nous avons également contribué aux efforts pour surmonter d’autres conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, notamment en Libye et au Yémen. La mise en œuvre de la Conception russe de sécurité collective dans la Golfe pourrait constituer une démarche importante en faveur de la normalisation de la situation dans toute la région. Nous l’avons présentée sous sa forme mise à jour l’été dernier dans le cadre d’un séminaire scientifique auquel avaient participé des représentants de la science de tous les pays de la région et des experts.

La priorité traditionnelle de la Russie consiste à renforcer la coopération avec les partenaires dans l’espace eurasiatique, notamment dans le cadre de l’OTSC, de l’État de l’Union, de la CEI et de l’Union économique eurasiatique (UEE). Je voudrais souligner en particulier les succès sur la voie de l’intégration eurasiatique, notamment l’élargissement des liens extérieurs de l’Union.

Vous le savez, des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (2016), et des accords ont été signés avec Singapour et la Serbie en 2019. L’an dernier sont entrés en vigueur les accords de coopération commerciale et économique entre l’UEE et la Chine, ainsi que l’Accord temporaire avec l’Iran. Des négociations actives se poursuivent avec Israël et l’Égypte. Il a été décidé d’entamer les négociations avec l’Inde. Toutes ces actions se déroulent dans le cadre de l’initiative du Président russe Vladimir Poutine pour la création du Grand partenariat eurasiatique ouvert à tous les pays de notre continent eurasiatique commun.

Les relations russo-chinoises de partenariat global et de coopération stratégique se sont élargies. Durant la visite officielle du Président chinois Xi Jinping en Russie en juin dernier a été annoncé leur passage au niveau supérieur. La coordination entre Moscou et Pékin en politique étrangère a exercé une influence stabilisante importante sur la situation dans le monde.

De plus, le partenariat stratégique particulièrement privilégié avec l’Inde a été renforcé, tout comme les liens diversifiés avec les pays de l’ASEAN et d’autres pays de l’Asie et de l’Amérique latine. Le développement de la coopération entre la Fédération de Russie et le continent africain a connu une forte impulsion. Vous le savez, en octobre dernier s’est tenu le premier sommet Russie-Afrique de l’histoire, dont les résultats ont permis de faire passer le dialogue russo-africain au niveau supérieur.

Nous avons obtenu des progrès dans le règlement de la crise en Ukraine. Après trois ans d’interruption s’est tenu le sommet du Format Normandie une fois que le nouveau gouvernement de Kiev a tout de même réussi à entreprendre des démarches dans l’application des décisions des deux sommets précédents du « quartet ». Nous espérons que les décisions prises à Paris en décembre permettront d’avancer dans la mise en œuvre des Accords de Minsk. Mais, bien évidemment, ces décisions ne doivent pas rester sur le papier – comme cela avait été le cas sous le régime de Piotr Porochenko.

Cette année, nous comptons travailler au maintien de la sécurité mondiale et de la stabilité stratégique, en faisant notamment des efforts pour prévenir une course aux armements dans l’espace et empêcher la militarisation du cyberespace. Nous exploiterons pleinement le potentiel de l’Onu, du G20, de la CEI, de l’UEE, les possibilités de nos présidences des Brics et de l’OCS. Nous accorderons une attention particulière au travail entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, en priorité pour maintenir et renforcer le rôle de coordination central de l’Onu dans les affaires mondiales, ainsi que l’immuabilité des principes de la vie internationale fixés dans sa Charte. La grande majorité des pays est solidaire avec nous dans ces efforts.

Pour conclure, je voudrais souligner, bien sûr, que cette année est l’année de deux grands anniversaires: le 75e anniversaire de la Victoire dans la Seconde Guerre mondiale et la Grande Guerre patriotique, ainsi que le 75e anniversaire de la création de l’Onu. Nous continuerons de faire le nécessaire pour lutter contre la falsification de l’histoire, préserver les noms des soldats-vainqueurs, empêcher la révision des résultats internationalement reconnus de la défaite du nazisme. De nombreux pays responsables défendent avec nous la mémoire historique. Je voudrais également noter la contribution à ce travail de nos compatriotes qui vivent à l’étranger. Nous attendons nos partenaires étrangers aux festivités du 9 mai à Moscou.

Source: Service de presse de l’Ambassade de Russie

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