Le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) et le Syndicat autonome de la magistrature (Sam), en commun accord, ont décrété une grève illimitée à partir d’aujourd’hui. Cette décision est intervenue après l’échec des négociations entre eux et le gouvernement. Un désaccord qui n’a pas sans conséquence pour les usagers de la justice.

 

« Déçus » de la « mauvaise volonté des autorités » à prendre en compte leurs doléances, les magistrats ont décidé d’entamer une grève illimitée. « A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue ce lundi 27 août 2018, les deux syndicats de la magistrature (SAM et SYLIMA) ont décrété hier une grève illimitée qui a pris effet à partir de 00 heure », a confirmé un membre du Sylima.

Après celle de 2017, les deux syndicats de la magistrature au Mali ont, de nouveau, décrété une autre grève illimitée. Contrairement à la première, les revendications de la présente grève portent cette fois-ci sur deux points : la sécurisation des juridictions et du personnel judiciaire et la relecture du statut et de la grille annexée.

Trois grèves observées pour les mêmes raisons, les négociations n’ont pas abouti entre les magistrats et le gouvernement. Conséquence : paralysie au niveau des tribunaux et violation de droit de l’homme « La grève des magistrats impacte négativement la situation de droit de l’homme. Elle impacte toute la chaine pénale », a déploré Me Malick Coulibaly, président de Commission nationale de droit de l’Homme (CNDH) sur Studio Tamani.

L’ancien ministre de la Justice de la transition a ajouté qu’aujourd’hui à cause de cette grève « Dans les unités de police et de gendarmerie des gens sont gardés à vue. Ils ne peuvent pas être déférés et on ne peut pas non plus les mettre en liberté au regard des faits qui les sont reprochés ». « Il y a des comptes bancaires qui sont bloqués par ce que il n’y a pas d’audience de référé pour la mainlevée des saisies », a regretté le président de la CNDH.

« Reprendre le dialogue »

Pour conjurer la situation, Me Coulibaly a invité les acteurs à reprendre le dialogue. De son côté, le ministère de la Justice reconnait avoir joué sa partition pour éviter cette grève illimitée. « Le vrai problème c’est la grille salariale », a affirmé Daouda Kamaté, chargé de communication ministère de la Justice. « Nous avions facilité une rencontre avec le ministère de l’Economie et des Finances et celui de la Sécurité », a-t-il poursuivi. A l’en croire, la vraie raison de cette grève est purement pécuniaire, sinon le problème sécuritaire a été résolu.

Cette énième grève intervient à un moment où les besoins des justiciables sont nombreux : préparation des dossiers pour les concours et bourses, veilles de la rentrée des classes…

Y. Coulibaly et Y. Mahmoud   

L’Indicateur du renouveau du 28 août 2018 

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