Au Mali, la Journée internationale des migrants (JIM) a été célébrée mardi à Sikasso, ville située à 375 km de la capitale Bamako, sous le slogan « Migration avec dignité». Cette année, le pays a mis un accent particulier sur ses initiatives développées pour une meilleure gestion du phénomène.

Placées sous le haut patronage du ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Yaya Sangaré, les manifestations se sont concentrées sur les nombreuses initiatives développées par l’État pour mieux gérer la migration, un sketch et des chants de sensibilisation sur la migration et des discours sur le thème de la Journée.

L’occasion était bonne pour le ministre Yaya Sangaré de rappeler la migration, n’est pas mauvaise, mais qu’elle devrait être préparée. « L’intérêt du thème de cette année pour la communauté internationale est de renforcer la protection et le respect strict des droits des migrants indépendamment de leur statut migratoire partout dans le monde. C’est un appel pressant au respect de la dignité des personnes en mobilité », a indiqué le ministre Sangaré.

Le chef de la Mission de l’OIM, Bakabry Doumbia, a indiqué que le Mali a déjà reçu, depuis trois ans, près de 13 000 migrants dont 12 000 Maliens. « Le Mali est une place tournante de la migration irrégulière. Des migrants du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée et du Liberia transitent par le pays ». Il a dressé le tableau sombre de la migration irrégulière qui fait beaucoup de victimes contrairement à la migration régulière qui est un facteur de développement économique.

« La migration avec dignité est le terme de la JIM de 2018. Nous sommes un espace en mouvement. Des milliers d’entre nous sont des migrants. Il y a beaucoup à faire et à entreprendre, mais la dignité de choisir vient avant tout… Nous devons respecter le choix des migrants. Nous les respecterons en traitant ceux qui font ces choix avec dignité… Nous devons répondre à leurs ambitions en leur donnant des opportunités, etc ». Des propos du directeur général de l’OIM, repris par M. Doumbia.

Concernant le sketch de sensibilisation, Il met en scène un jeune migrant de retour au pays. Pendant qu’il distribuait de petits cadeaux aux membres de sa famille, en larmes, le migrant retourné raconte sa mésaventure. Il annonce la mort de ses compagnons d’infortune et raconte leur calvaire. En réaction à cette situation, les parents du jeune migrant revenu soutiennent leur fils dans son ambition de rester au pays en l’encourageant à s’investir sur place dans des activités génératrices de revenues. Finalement, ils se décident à sensibiliser les parents des futurs candidats à la migration en les invitant à aider leurs enfants à rester au pays.

Quant aux chants populaires, ils ont mis l’accent sur le triste sort des migrants dans le désert et attirent l’attention des candidats à la migration que cette pratique n’est pas la seule solution face à la pauvreté.

Gestion de la migration : le Mali, un pionnier ?

Le Mali constitue un pays de départ mais aussi de transit par excellence des candidats à la migration, comme a indiqué le chef du bureau de l’OIM. Pour soulager les milliers de Maliens vivant à l’étranger, le pays a initié de nombreux projets pour accompagner les migrants en détresse et ceux retourner au pays. Il s’agit surtout de la Politique nationale de migration (Ponam), adoptée depuis septembre 2014 et la Politique nationale de l’intégration africaine (PNIAM), adoptée le trois novembre 2018.

A ceux-ci s’ajoutent la mise en place d’un programme de Transfert des connaissances à travers des expatriés nationaux (Tokten) pour favoriser l’intervention de la diaspora intellectuelle dans le processus de développement, la mise en place de la Cellule technique de Co-développement pour accompagner les initiatives de la diaspora et la mise en place d’un fonds d’insertion et de réinsertion en faveur des migrants de retour et des jeunes candidats potentiels à la migration, etc.

La dernière initiative soutenue par les autorités est l’adhésion du Mali au pacte mondial pour les migrations sûres, ordonnées et régulières, adopter récemment à Marrakech.

Sikasso, ville de transit par excellence, a abrité l’événement pour plusieurs raisons, selon les organisateurs. Il s’agit surtout du taux élevé de la population de la région, mais aussi de ses fortes potentialités économiques et agricoles. D’où la satisfaction des autorités coutumières et religieuses de la ville. La célébration de la JIM a enregistré la participation des cadres du MMEIA, l’AECID, l’OIM et des représentants de migrants, etc.

Sory I. Konaté (envoyé spécial)

30minutes.net

18 décembre 2018

 

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