A Bamako et dans certaines grandes villes de l’intérieur, la spécialité et le gagne-pain de certains individus, notamment au sein de la caste maraboutique, semble de plus en plus être les enterrements. Ils sont bien informés sur les décès de proximité et même sur ceux de longue distance surtout s’il s’agit d’un personnage important, d’un illustre disparu selon le langage populaire. La culture religieuse musulmane compte peu  pour eux car seule suffit à leurs yeux l’apparence qui se résume à l’habillement, au port du turban et bien sûr le chapelet supposé venu de la Mecque à la main.

Sur le terrain, ils prennent bien soin discrètement de se renseigner sur la personnalité du défunt, sur son ascendance familiale et sur la profession exercée de son vivant en mettant l’accent bien sûr  sur sa dévotion même celle-ci avait été notée mitigée par ses voisins. Dans le prêche auquel ils s’adonnent avant et après la mise en terre, l’oreille des participants est pleine de choses déjà racontées et entendues plus de cent fois si bien  que ceux-ci ont le sentiment d’assister à un évènement macabre survenu du temps du Prophète (PSL). La monotonie et la violence du discours sont telles que la foule en vient à se demander si Allah n’est pas un dieu de vengeance qui a créé l’humanité pour commettre des bêtises et lui demander des comptes après.

L’heure du repas difficilement organisé par la famille du défunt donne lieu à des bousculades si malsaines qu’on penserait à une cérémonie de mariage ou de baptême. Tout cela pour quelques morceaux de viande consommés sur place à moins que les marabouts  présents ne décident de les emballer dans du plastique pour leurs familles. Tout ce cérémonial ne dispense pas de la servitude de payer à la maraboutaille le prix des prestations pour le prêche et le bain mortuaire offert au cadavre.

Au cimetière, tandis qu’on procède à l’inhumation, les uns discutent tranquillement de leurs projets économiques et commerciaux alors que d’autres échafaudent des projets de mariage avec leurs futurs beaux-parents présents au bord de la tombe. Toute cette pagaille serait évitée si des services de pompes funèbres bien organisés étaient créés dans le pays, nous dispensant du savoir des  gourous  de la religion mahométane.

Facoh Donki Diarra, écrivain, Konibabougou.

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