Beaucoup de couples choisissent leur date de mariage en fonction du ramadan. Du 7 février au 4 avril 2021, la mairie de la Commune VI a célébré 204 mariages. Quatre ont été annulés.

Pour les familles, l’arrivée de bras valides est gratifiante pour les tâches ménagères du ramadan. Cette raison est la plus évoquée pour les mariés en cette période. Malheureusement, beaucoup de divorces sont constatés après la fête de ramadan ce qui explique une réduction drastique du phénomène.

Mme Togola Fatoumata Konaté est secrétaire à la mairie de la Commune VI depuis 2007. Elle est donc imprégnée des mariages à la veille du ramadan. Malheureusement, elle est confrontée à plusieurs cas de tentative de divorce lors du retrait de la copie des actes de mariages.

« De nombreuses filles viennent nous demander la copie de leurs actes de mariage pour aller au tribunal. Lorsqu’on insiste en leur posant des questions, elles expliquent que c’est pour le divorce. Le conjoint ayant refusé de leur remettre un extrait », révèle Mme Togola. 

Selon elle, la faute incombe généralement aux filles qui ne sont ni adaptées aux réalités du mariage ni aux changements brusques en femmes mariées. Elle ajoute que ces nouvelles jeunes mariées se retrouvent dans une famille complètement différente des leurs qui leur imposent des exigences à honorer tels que les réveils matinaux, la cuisine, la lessive, etc. 

« Elles ne sont pas habituées à tous ces travaux. C’est pourquoi au bout de quelques mois, elles perdent le goût du mariage. La plupart des divorces sont demandés par les mariées elles-mêmes », affirme-t-elle.

« Avant, on célébrait plusieurs mariages contrairement à nos jours. Depuis 2 ans maintenant, le nombre de mariages à la veille du ramadan ne fait que diminuer. Nous avons constaté que beaucoup d’unions à la veille du ramadan, se sont brisées du jour au lendemain », confirme la secrétaire de la mairie de la Commune VI.  

Pourtant d’autres mariages perdurent tels que celui d’Aminata Traoré qui s’est engagée avec Diallo en 2017 avant le ramadan. « Je n’ai pas eu de difficultés au début de mon mariage. J’avoue que je me suis retrouvée dans une plus grande famille, souvent à 4 grandes marmites de cuisson pendant le ramadan. Mais ma belle-mère m’épaulait chaque jour. Je la traite comme une grand-mère et je n’ai pas de problème avec les tâches ménagères. Elle est moins exigeante et me donne des directives moins pesantes. J’étais consciente de ce qui m’attendais donc c’était facile à gérer. C’est juste une question de temps pour s’y habituer », témoigne Mme Diallo. 

Par contre, Moussa Djim est un père de famille qui s’oppose aux mariages précipités comme ceux à la veille du ramadan. Pour lui aucune union de ce genre ne perdure. « Le mariage, c’est à vie. Une fois qu’on le conditionne à un évènement, le couple ne dure plus longtemps. Certaines familles mettent de la pression sur l’homme pour qu’il se marie afin que son épouse prenne la relève dans la cuisine car la belle-mère est fatiguée des lourdes tâches. Les réalités de chaque couple diffèrent de surcroît si on ne se marie pas sur des bases saines, ce n’est pas facile », analyse-t-il.

Fatoumata Kané 

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