Les délégués au dialogue national ont proposé de nouvelles pistes pour un retour définitif de la paix, du vivre ensemble, promouvoir la bonne gouvernance et le bon fonctionnement des institutions. Au terme des débats, les participants ont proposé quatre résolutions : organisation des législatives et d’un referendum pour réviser la constitution, la promotion de la paix et la sécurité ainsi que la relecture de certains articles de l’Accord pour la paix.

Le dialogue national inclusif (DNI) a été clôturé à Bamako, dimanche 22 décembre 2019, sous présidence d’Ibrahim Boubacar Keita, président de la République du Mali.La cérémonie a réuni quelques milliers de personnes parmi lesquelles l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, le chef du gouvernement Dr. Boubou Cissé et des membres de son équipe, des leaders religieux ainsi que des partenaires du Mali.

Pour donner une nouvelle direction au pays, les participants ont mis l’accent sur l’organisation des élections législatives pour remplacer les députés dont le mandat est officiellement terminé depuis le 31 décembre 2008. Il a été prorogé à deux reprises et prend fin le 2 mai 2020. La résolution demande des législatives avant cette date. Aussi, ils requièrent l’organisation d’un référendum pour une nouvelle Constitution avec la participation de tous.

Les deux autres résolutions principales de ce dialogue de neuf jours ont trait à la sécurité, la paix et la relecture de certains articles de l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger.

Heureux, le président IBK a promis de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que ces recommandations validées soient appliquées et leur mise en œuvre attestée par les mécanismes de suivi souverainement mis en place par les participants.

Il a salué la participation exemplaire des ex-rebelles, de la classe politique et surtout de l’ancien président Amadou Toumani Touré. « Cher cadet (ATT) le Mali est fier de toi. Le Mali a besoin de toi et je te mettrai en mission », a-t-il lancé.

Un dialogue nécessaire

« Ce dialogue a été le cadre républicain, par excellence, pour le choc des idées, le jaillissement de la lumière, le pouvoir de persuasion, la capacité d’influence. Tout le monde a désiré et souhaité cet événement, tout au long des péripéties nationales, surtout celles douloureuses, que nous subissons. Tout le monde, je dis bien : nos concitoyens sans appartenance partisane, les partis, les organisations citoyennes, la majorité comme l’opposition. Tous ont ressenti la nécessité de voir le Mali se regarder dans la glace », a clarifié le président IBK, avant d’assurer que les assises ne sont pas « le machin d’un homme en quête de destin. Elles étaient et sont une exigence des temps. Elles émanent certes du constat fait par la majorité que l’introspection et l’évaluation était devenues nécessaires face à l’évolution du pays ».

Par ailleurs, IBK espère qu’avec les conclusions issues du DNI, les frustrations et les malentendus se dissiperont et que l’ensemble des Maliens se retrouveront bientôt pour mieux consolider la marche du pays.

IBK tend de nouveau sa main à l’opposition

« Croyez-moi : je ne suis ni un enjeu, ni une tour d’ivoire, ni un adversaire. Pour personne, à fortiori pour des frères à qui tout me lie, surtout qu’ils sont tous contributeurs potentiels, tous détenteurs d’enjeux, tous des cadres compétents dont la République a fort besoin », a-t-il rappelé. Et de promettre que sa porte reste ouverte et que sa main reste tendue, « sachant les limites des odyssées solitaires mais, a contrario, tous les bénéfices d’une démarche solidaire ».

Le président IBK a profité de l’occasion pour solliciter les membres du Triumvirat, dont les missions devraient normalement terminer à la fin de ces travaux, à poursuivre leur œuvre cette fois-ci en prenant les reines des mécanismes de suivi.

Sory I. Konaté

Brèves

DNI

L’opposition absente

Le Dialogue politique national (DNI) a enregistré la participation d’une frange importante des forces vives de la nation malienne. En plus des membres du gouvernement, il y avait des représentants de toutes les institutions de la République, ceux des missions diplomatiques, d’institutions bilatérales ou multilatérales et l’ensemble des religieux, partis politiques et organisations citoyennes. Toutes les couches de la société excepté l’opposition et quelques organisations de la société civile.

Pour l’honorable Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et président de l’URD, leur absence s’explique par la non-prise en compte de leurs recommandations concernant le processus. Mais, à l’ouverture du 4e congrès de son parti le samedi 21 décembre 2019, il a annoncé que son regroupement politique, le FSD, est attentif  aux résolutions du DNI. L’opposition accompagnera-t-elle les résolutions ?

ATT en vedette

Invité surprise à la cérémonie de clôture du DNI, l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, a été la « star » du jour. Dès l’annonce de son entrée dans la salle Bazoumana Sissoko du Palais de la Culture, il y a eu des acclamations et des cris de joie. C’est sous une forte ovation qu’il a été accueilli par l’ensemble des participants. Un bain de foule et des salutations. Le « Prince » du jour a été en maintes reprises saluées par le président IBK dans son discours.

« Un signe dont il faut se réjouir, nous avons parmi nous un fils prestigieux et valeureux du pays. Il s’agit de Amadou Toumani Touré, ancien président du Mali revenu il y a moins d’une semaine d’un exil de sept ans. Nous devons l’applaudir et lui dire: Bismillah Amadou, Am be koun. Le Mali a besoin de lui et le Mali le mettra en mission, Inchallah », a affirmé IBK, dès le début de son intervention. ATT a aussi eu droit à un tour au présidium pour saluer les membres du Triumvirat. Une accolade avec le président IBK avant l’hymne national pour clore les assises historiques.

Motion spéciale pour Dr. Boubou Cissé et son équipe

L’un des temps fort de la clôture du DNI a été la lecture des motions de remerciements à l’endroit du président IBK, mais surtout au chef du gouvernement et à son équipe. Dans cette motion, les participants ont salué Dr. Boubou Cissé pour sa disponibilité, son soutien et sa participation effective au processus. « Il n’a ménagé aucun effort pour la réussite de ce dialogue« , indique la motion.

Reconnaissance de mérite aux anciens présidents

« Quelle chance que la nôtre, chers compatriotes ! Quelle baraka  d’avoir, vivant parmi nous, quatre anciens chefs d’Etats, tous hommes d’expérience et de conviction! Je leur sais gré de leur contribution à la tenue de ce Dialogue National Inclusif. En l’occurrence, ils n’auront ménagé ni leurs conseils ni leurs prières pour le confort du patrimoine Mali que nous avons en partage, le Mali notre trait d’union, le Mali notre bien le plus précieux », a déclaré le président IBK, avant de saluer nommément les anciens présidents Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, Moussa Traoré, Dioncounda Traoré et Modibo Keita. 

« En droite ligne de la tradition de gratitude et d’humilité qui définit le Mali, permettez-moi, une fois de plus, de nommer et de saluer tous ceux qui, un moment, eurent en charge, les destinées de la nation fabuleuse que nous fûmes, la nation fabuleuse que nous sommes restés, en dépit des aléas, envers et contre tout !  Cet exercice ne saurait relever d’aucun narcissisme indécent mais d’une nécessaire pédagogie, celle de la gratitude, contre l’oubli et contre la banalisation », a affirmé IBK.

Pas de dialogue avec les terroristes !

L’une des questions importantes à laquelle s’attendaient les Maliens par rapport au dialogue national inclusif était sans doute la question des djihadistes et terroristes. Mais, malgré des débats « houleux«  sur la nécessité de dialoguer avec Iyad Ag Agaly et Hamadoun Kouffa, aucune résolution n’a été retenue dans ce sens. Ce qui n’a apparemment pas été au goût des internautes. Certains sont allés jusqu’à remettre en cause les résolutions du DNI.

Rassemblés par

S.I.K.

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