L’invitation adressée par Macron aux 5 chefs d’Etat du G5 Sahel passe mal dans l’opinion. Elle est vue comme une convocation et suscite beaucoup d’interrogations.

Le président français, certainement excédé par les attaques et les suspicions de la société civile du G5 Sahel, a sollicité une rencontre le 16 de ce mois à Pau, justement là d’où viennent la majorité du corps expéditionnaire en opération chez nous.

La mort de 13 soldats français dans la région des trois frontières a été l’agent déclencheur et montré l’ampleur du fossé entre les opinions publiques des 5 pays du Sahel, les dirigeants de ces pays et la France.

Le péché originel, pour les dirigeants des pays du G5 Sahel, a été de laisser libre court à des rumeurs et des fakes news. La France, de son côté, a eu une attitude jugée éternellement ambiguë et plus tournée vers ses intérêts personnels que vers un appui sincère à nos pays.

En tout état de cause, la rencontre de Pau s’annonce comme un exercice de clarification pour tout le monde. Selon les accusations ouvertes et frontales du président du Niger, Mahamane Issoufou, l’épicentre de l’instabilité au Sahel est Kidal, une ville dont les occupants sont protégés par la France. Tant que la France n’aura pas clarifié sa situation et sa position sur ce dossier, tant que la France n’aurait pas travaillé à l’unité du Mali, elle ferait difficilement, pour les Maliens tout au moins, difficilement la preuve de sa bonne foi.

Et de la même manière, la France est en droit d’attendre de nos dirigeants qu’ils prennent leurs parts de coups dans le lynchage continuel dont il fait l’objet.

Alexis Kalambry

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