Situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville, le quartier de Niamana est devenu le centre d’accueil des déplacés des populations des zones affectées par les conflits communautaires au centre du pays. Estimées  de nos jours à plusieurs centaines de personnes, ces déplacés ne bénéficient d’aucune assistance de la part du gouvernement. Seules quelques organisations humanitaires et hommes politiques font parler leur cœur. Voyage au cœur d’un camp de déplacés improvisé au garbal de Niamana.

Trois bâches sont installées et une clôture occasionnelle rétablie à l’aide de quelques fagots. C’est la première remarque que les observateurs font sur le centre d’accueil des déplacés des populations des zones affectées par les conflits communautaires au centre du pays.

 La cours située à une dizaine de mètre de la route nationale numéro 6 loge 273 personnes. Parmi eux, 40 orphelins. Elles sont obligées  d’une cohabitation forcée au beau millier d’un parc à bétail.  Contraintes de prendre le chemin de la capitale, ces personnes témoignent avoir perdu tout à cause des conflits communautaires au centre du pays.  » Je suis un habitant de Koumbogourou. Notre village est situé à une quarantaine de km de Bankass. Les chasseurs dozos ont détruit tout chez nous », indique Hamadi Barry, un vieil homme d’une soixantaine d’année. Les dogons ? Non, répond-t-il. Nous n’avons pas de problèmes avec les dogons, affirme-t-il, ajoutant que le maire de leur commune est dogon.  » Un homme au cœur généreux qui a assuré notre sécurité jusqu’à Bankass. Ce sont les djihadistes qui veulent mettre notre vivre ensemble en cause, dénonce-t-il.  » A Koumbogourou et environs, plusieurs dizaines de personnes ont trouvé la mort et des milliers de déplacés et réfugiés. Toute notre économie est partie en fumée… « , déplorera-t-il.

Le cri de cœur des victimes

Selon Mahamadou Traoré, la plupart de ses personnes sont venues après les évènements de Kolongo peuls, intervenus le 1er janvier dernier, qui ont fait 37 morts.  » Près de deux semaines, ce camp de déplacés improvisé au garbal de Niamana est sur place mais ne bénéficient d’aucune assistance de la part du gouvernement. Même si le gouvernement n’a pas été à mesure de nous sécuriser dans nos endroits respectifs, à Bamako, il devrait venir en aide des victimes. Mais depuis notre arrivée, aucune action concrète n’est venue du gouvernement…  »

Aux dires de Mahamadou Traoré, seules quelques organisations humanitaires et hommes politiques font parler leur cœur. Parmi lesquels, Tapital pulaku et le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé. « C’est Tapital pulaku qui assure le logement ainsi que la restauration. Nous n’avons rien. En plus, le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé a remis un million de F CFA. Nous sommes conscients des défis, mais nous restons des citoyens victimes que le gouvernement devrait secourir « , reproche Mahamadou Traoré.

C’est une situation intolérable, explique le chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé.  » Il faut que les Maliens expriment leur élan de solidarité aux nécessités. Les conditions de logement laissent à désirer, même la prise en charge des enfants… « , suggérera-t-il.

L’honorable Soumaila Cissé a invité les populations des zones affectées des conflits intercommunautaires à ne pas tomber dans l’amalgame.

Bréhima Sogoba

L’Indicateur du Renouveau du 15 janvier 2019

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