Depuis le début de la crise malienne, l’organisation sous-régionale, Cédéao ne quitte plus le Mali. Elle est décriée. Syndicat des chefs d’Etat, népotiste… Le doctorant en droit communautaire nous donne sa version.

Mali Tribune : Pourquoi la Cédéao est-elle au Mali ? Concrètement.

A. S. : La Cédéao est par définition « Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ». Elle est composée de 15 pays africains dont le Mali. La Cédéao est au Mali parce qu’il y a eu violation de l’un de ses protocoles dont le Mali est signataire. Il s’agit du protocole de la Démocratie et de la Bonne gouvernance suite à la chute du régime de M. Ibrahim Boubacar Keita. Aux yeux de la Cédéao, cette chute est un coup d’Etat. Elle le condamne avec fermeté. C’est dans ce cadre que la Cédéao est au Mali. Rétablir cette violation de son protocole.

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Mali Tribune : Si la Cédéao échoue dans sa médiation, il y a-t-il un autre mécanisme prévu, genre des sanctions ?

A. S. : Il existe au sein de la Cédéao, un mécanisme de la prévention de maintien de la Paix adopté en 1998. Ce mécanisme est pour la prévention et le maintien de la Paix. Sa mise en œuvre est assurée par 3 organes à savoir la conférence des Chefs d’Etat, le Conseil des sages et le Secrétariat exécutif appelé la commission de la Cédéao. Le seul mécanisme que la Cédéao peut exploiter c’est la médiation. La communauté internationale n’est pas d’accord avec les sanctions. Pour que le mécanisme soit mis en œuvre, il faudrait un appui financier de la communauté internationale. La Cédéao doit plutôt mettre en avant la médiation. Chercher une solution malienne au conflit en impliquant l’ensemble des forces vives de la nation malienne.

Mali Tribune : On sent la Cédéao qui se transforme en syndicat des Chefs d’Etat. Pourquoi cet acharnement en faveur des Chefs d’Etat. Pourquoi pas le peuple ?

A. S. : Je ne dirais pas une Cédéao qui se transforme en syndicat des chefs d’Etat. Moi je dirais plutôt une Cédéao favorable au traité et au protocole en vigueur. La conférence des chefs d’Etat ne prend pas toujours en compte les préoccupations des citoyens. Et c’est ce qui a été le problème d’intégration africaine à cette organisation en général. Les décisions sont toujours prises dans les salons luxueux. Aujourd’hui, la Cédéao doit inclure les populations dans leur processus. Il faut une solution malienne en impliquant toutes les forces vives de la nation. C’est la seule solution.

Propos recueillis par

Koureichy

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