Au Burkina Faso, les nouvelles autorités continuent les consultations. Après la rencontre avec les membres du dernier gouvernement, hier, c’était au tour des syndicats. Le nouvel homme fort du Faso le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba veut rassurer les différentes couches de la société. Un appel qu’il a réitéré lors de son premier discours officiel. Alors que les Burkinabè sont partagés entre angoisse et espoir d’un lendemain meilleur.

« Le peuple était fatigué »

Il est 13h, de grosses gouttes de sueurs perlent sur le visage d’un militaire au sol. Couché sur le flanc à quelques mètres de l’entrée principale de la primature d’autres hommes en tenue sont à son chevet. Une dizaine de minutes plus tard, les cinq voitures 4*4 remplis qui étaient stationnés au milieu de la voie s’en vont à vive allure. Le boulevard de l’indépendance a des allures particulières. La sécurité y est renforcée.

Les militaires qui ont renversé le pouvoir de Roch Marc Kaboré sont vu comme la solution au fléau terroriste. Face à un président Kaboré qui peinait à convaincre. Djibril Sakanié est assis sur un jerricane jaune juste devant son kiosque. Fais part de ses ressentiments : « le coup d’état, c’est parce que le peuple était fatigué de voir et d’entendre à propos des militaires mourir. Depuis 2013 ça change mais ça n’évolue pas ».

Un brin de méfiance

L’arrivée au pouvoir des militaires a été spontanément a été salué par une manifestation à Ouagadougou. Les burkinabè ne sont pas unanimes et n’accordent pas tous leur confiance aux hommes en tenue. Mahamadi Boubou est l’un d’eux. Assis, dans un petit restaurant à côté de l’Université Joseph Ki Zerbo, il nous confie sa déception et sa méfiance vis à vis des nouvelles autorités. « Les militaires avaient beaucoup de difficultés au front et ils sont revenus faire un coup d’état tranquillement et puis prendre le pouvoir. Donc on s’interroge, on sait que ce n’est pas pour résoudre le problème du peuple ».

Un air de Mali

« Le Mali de Goïta nous a donné le courage de faire ce qu’on a fait » lance un militaire au poste de Faramana à la frontière Mali-Burkina Faso. Même échos à Ouagadougou, dans la capitale du Burkina Faso. Où vit Sylvain Nge Dembélé depuis 7 ans. Pour ce jeune activiste de nationalité malienne « les burkinabè suivaient avec beaucoup d’attention la situation au Mali. Et se sentait fier du Mali. J’étais choqué de voir les Burkinabè mettre la photo du Colonel Assimi GOITA sur leur photo de profil sur les réseaux sociaux ».

Georges Attino
Envoyé spécial

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