En début d’hivernage, dans le district de Bamako, plusieurs maisons situées dans le lit des cours d’eau se sont écroulées causant des morts d’hommes. En Commune VI, étant particulièrement touchée, des dispositions avaient été prises pour démolir ces maisons qui sont à ce jour à plus de 100 concessions. Où en est la commission de supervision mise en place à cet effet ? Combien de maisons sont concernées ? Qui doit prendre en charge le coût ? Autant de questions auxquelles répond Baba Sanou, 2e adjoint du maire de la Commune VI chargé des affaires domaniales et foncières et membre de ladite commission. Il a d’ailleurs été chargé par le maire Boubacar Kéita de parler en son nom à ce sujet.

Les pluies diluviennes tombées sur Bamako à la mi-juillet ont provoqué des inondations avec des pertes en vies humaines. Les autorités administratives et politiques se sont mobilisées avec à leur tête le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, qui avait effectué une visite dans des familles endeuillées de la Commune VI, à Niamakoro. Leur réponse a été de recenser toutes ces familles installées dans le lit des cours d’eau, démolir leurs maisons et les réinstaller loin de ces endroits sinistrés. A ce jour, en passant vers certaines de ces zones, le constat est le même bien qu’il y a des numéros d’identification et des croix. Des occupants sous la menace d’autres pluies diluviennes squattent encore le quartier.

Pour Baba Sanou, le travail d’identification est bien en cours. « La commission composée de techniciens, d’élus municipaux, de notabilités est à pied d’œuvre. Nous avons presque fini avec Niamakoro, Sogonigo. Il nous reste Missabougou et Yirimadio. Nous sommes en cours de recensement des installations. Le rapport final n’est pas totalement fini, nous souhaitons le boucler le plus rapidement ».

En réponse au retard constaté dans les travaux, Baba Sanou fait savoir qu’aucun délai ne leur a été imposé. Selon lui, les techniciens leur ont conseillé de procéder à un travail minutieux d’évaluation de toutes ces installations. « A vue d’œil, il y a bien des occupations du lit de cours d’eau, mais il faut chercher à connaître les propriétaires. Il s’agit aussi d’expertiser l’ensemble de ces concessions même des simples soubassements en terme d’argent ». 

De tels investissements requièrent forcément des dédommagements en cas de démolition. Cette question de dédommagements pour M. Sanou, ne relève pas totalement de leur compétence. « Nous sommes une commission locale. Il y aura la commission régionale et nationale. En regardant le statut de ces installations, vous trouverez qu’il y en a qui sont anarchiques. Mais, il y a des installations autorisées. Il s’agit des maisons qui étaient là légalement avec des documents de la mairie, mais au fil des années, l’érosion a eu raison du cours d’eau pour les atteindre. Ces cas sont surtout nombreux vers Niamakoro. On peut voir ce qu’il y a lieu de faire pour ces propriétaires ». Par contre, les endroits où les grands dégâts sont répertoriés, sont là-même où le Chargé des affaires domaniales parle d’occupations anarchiques sur des plans non approuvés. Ce sont des habitants dont les parcelles leur ont été vendues par ceux qui se font appeler des notabilités ou propriétaires fonciers ou encore des détenteurs de titres fonciers. 

Baba Sanou ne transige pas sur le sort de ces cas illicites. Mais il préconise de faire la part des choses pour ceux qui ont été régulièrement installés avec des titres authentiques de la mairie comme les Concessions urbaines d’habitation (CUH). S’il y a des dommages à payer ou à procéder à des recasements, il va de soi que ces derniers soient les plus concernés. « La finalité de notre mission d’évaluation consiste à établir la liste de qui est à dédommager ou à recaser ? « , a indiqué M. Sanou. Selon les constats de la commission, le gros lot des installations non autorisées se trouve à Niamakoro et à Yirimadio.

Au bilan à mi-parcours, la commission a atteint la barre des 100 concessions construites dans le lit des marigots et menacées de démolition. « Nous n’avons pas encore fini, mais nous avons dépassé la centaine de maisons dans notre listing qui sont dans des zones inondées », affirme M. Sanou. A ses dires, en cas de démolition, la prise de décision selon les textes, incombe au représentant de l’Etat. Dans ce contexte précis, il s’agit du gouverneur du district, la tutelle de la mairie de la Commune VI, qui doit décider quelle maison doit être cassée ou pas.

Enquêtes foncières

Sur le plan des lotissements, le programme suit son cours normal dans les quartiers de Sénou et Yirimadio. A Sénou, le travail avait été buté à des bornes dérangées par endroits, des litiges créés par des soi-disant propriétaires de titres fonciers, qui ne s’étaient pas signalés dans les enquêtes foncières au préalable. A Yirimadio, l’un des plus anciens quartiers de la Commune VI, qui n’avaient pas bénéficié de lotissements alors qu’il a abrité les recasés d’autres quartiers (26 Mars, Niamakoro, Missabougou), les enquêtes foncières sont en cours. Les zones concernées sont Yirimadio Sud dit le « Carrefour de Warabatjacho » et Yorodjambougou. « Nous sommes dans les enquêtes foncières pour les sorties de voies afin de mettre les gens à l’aise. Les problèmes de recasement se posent à Yirimadio. C’est pourquoi, nous sommes en pourparlers avec notre tutelle pour mettre ce quartier à jour », explique M. Sanou. Toujours à en croire Baba Sanou, les contacts sont en cours avec le gouvernorat du district concernant la zone de Yirimadio dit « Carrefour de Warabatjacho ». Cet endroit, bien qu’appartenant à des propriétaires de champs de Yirimadio, avait été annexé par des tierces personnes. « Le litige est aujourd’hui réglé, nous travaillons avec les autorités pour que la zone soit viabilisée, installée rapidement et prendre le nom de Yirimadio. Il y aura l’ouverture des voies, la réalisation d’un plan d’aménagement approuvé et l’installation des gens dans des conditions acceptables ».

Toutes ces viabilisations à Yirimadio et à Sénou constituent des problèmes de recasement que la mairie est en train de juguler. Pour Baba Sanou, Yirimadio manque d’équipements marchands et dont le marché qui jouxte la voie principale menant à Ségou ne serait pas à sa place. Il évoque aussi le cas d’échangeurs multiples en chantier à la sortie du 3e pont et dont les voies de contournement vont provoquer des déguerpissements, qu’il faudra combler.

Il garde l’espoir néanmoins que l’ensemble des travaux seront conduits à bon port.

Abdrahamane Dicko 

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