Les opérations de ratissage et de fouille des forces armées maliennes se poursuivent dans le cercle de Banamba. Ce déploiement d’envergure des militaires maliens fait suite à la fermeture dans la localité d’une vingtaine d’écoles par des présumés djihadistes. Selon des sources locales, les militaires ont pris le contrôle des écoles fermées. Toutefois, les enseignants et les élèves ne sont toujours pas retournés dans les salles de classe par crainte de représailles.

Cette opération de ratissage qualifiée «de grande envergure» a permis l’arrestation d’une dizaine de présumés djihadistes. Une centaine de militaires et du matériel sont déployés au sol dans le cadre de cette opération.

Selon une source digne de foi, c’est le chef d’état-major des armées maliennes lui-même qui a coordonné les préparatifs de l’intervention militaire. Le général M’Bemba Moussa Keita a dépêché des troupes dans les environs de Banamba.

Des témoins sur place confirment que des écoles fermées par des présumés djihadistes ont été sécurisées notamment dans les villages de Toubacoura, Toubacoro, N’Gounadou et Ballaba. Selon ces témoins, dans une autre localité, l’armée a piégé l’ennemi en arrivant de l’est, alors qu’elle était attendue à l’ouest.

Cette opération, malgré son ampleur, ne rassure pas les enseignants et leurs élèves qui, pour l’instant, n’ont pas regagné les salles de classe. Afin de maintenir le calme retrouvé, le ministère de la Défense a décidé d’installer un dispositif de sécurité dans plusieurs localités de l’ouest, notamment à Toubacoro Dandougou et Balala.

Cette offensive des forces maliennes intervient quelques jours après la fermeture de nombreuses écoles dans ces localités par des groupes djihadistes se réclamant de la Katiba du Macina.

Malgré la présence massive de l’armée à Banamba, la psychose règne encore au sein de la population et les écoles restent toujours fermées. Selon le syndicat des enseignants de la localité, «les cours reprendront si ces opérations militaires parviennent à rétablir la sécurité» dans les zones précédemment occupées par les djihadistes. 

Ousmane DIAKITE

Le Soleil Hebdo du 15 novembre 2018

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