La Compagnie malienne pour le Développement de Textiles (CMDT) a organisé le jeudi 1er octobre 2020, une tournée avec les journalistes en zones CMDT-filiales centre et sud afin de leur faire part des conséquences de la pandémie de la Covid-19 sur la filière coton. Le niveau inédit des stocks des balles de la campagne agricole 2019/2020 a retenu l’attention de ma presse.

La tournée des journalistes organisée par la CMDT s’inscrit dans le cadre de la préparation de la campagne agricole 2020/2021, à travers un partage d’informations et une forte implication de l’ensemble des acteurs et partenaires de la filière d’une part, et des activités de la deuxième journée mondiale du coton (JMC) d’autre part. Au cours de la visite dans les filiales centre et sud, les points d’attention retenus sont ceux qui traduisent les conséquences de la pandémie de la Covid-19 sur la filière coton.

L’accent a été mis sur le niveau des stocks des balles de coton la campagne agricole 2019/2020, le faible niveau des réalisations de semis de la campagne agricole 2020/2021, le niveau inédit des stocks reports d’intrants de la campagne 2020/2021 et le niveau prévisible de la production de coton graine et le fonctionnement subséquent des usines.

Selon Ousmane N. Traoré, directeur de la production agricole au niveau de la CMDT, la Covid-19 est apparue au cours de la campagne 2019/2020, alors que la fibre de coton qui a été produite n’a pas été totalement commercialisée. « L’impact négatif de la Covid-19 sur la campagne 2019/2020 a été que l’évacuation du coton vers les clients a été stoppée car tous les pays avaient fermé leurs frontières et les usines fermées. Les cours mondiaux se sont effondrés à plus de 30 % rendant difficile la vente de plusieurs stocks. Plusieurs balles sont bloquées et on ne sait pas jusqu’à quand. Alors que l’année dernière, à pareil moment, toutes les balles étaient déjà évacuées », nous affirme inquiet Ousmane Traoré, directeur de la production agricole de la CMDT.

Il a ajouté que cette crise va aussi se traduire par une perte de revenu au niveau de la CMDT et créer une tension de trésorerie très énorme. Ces conséquences vont s’étendre jusqu’à la campagne 2020/2021. Car selon Ousmane Traoré, au moment de la fixation du prix, il y aura un impact négatif sur le prix aux producteurs car les cours mondiaux se sont effondrés.

Au niveau de la filiale centre, usine de Ouéléssébougou, il y a environ 99 000 balles au magasin, soit 92 % de la production. A la filiale sud, usine de Bougouni environ 95 975 balles.

Issa Sidibé, coordinateur au niveau de la CMDT de Bougouni nous raconte que la campagne 2020/2021 a démarré dans des conditions extrêmement difficiles avec des pluies qui sont mal reparties dans le temps. Sur 195 000 hectares prévus pour la production, seulement 8 % a été réalisé dont 16 660 tonnes. Cela est dû aussi principalement à la baisse de prix d’achat du coton graine suite à la pandémie de la Covid-19.

Avec les différentes crises, l’adhésion des producteurs est intervenue à un moment critique de la campagne. Les pluies se sont arrêtées du 15 juin aux environs du 7 juillet 2020. Les producteurs du vieux bassin cotonnier, qui va de Yorosso à Fana en passant par Sikasso, n’acceptent pas semer le coton au-delà du 30 juin, d’où la faiblesse des superficies semées en coton.

« Des mesures seront prises par la direction de la CMDT afin de relancer la culture du coton dans un contexte où les cours mondiaux sont encore faibles », nous assure Ousmane N. Traoré, directeur de la production agricole

Zeïnabou Fofana

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