Depuis quelques mois, le prix du kg de viande connait une hausse sensible dans les différents marchés de la capitale. Une crise imputée à l’insécurité au centre et au nord d’où provient la majorité du bétail consommée au sud. Les autorités restent silencieuses.

La crise du centre et du nord est de plus en plus ressentie par le panier de la ménagère jusqu’à Bamako et surement dans les autres capitales régionales et même dans la sous-région. Le prix du kilogramme de la viande se vend encore cher. Le Kg de la viande avec os est vendu entre 2 300 à 2 500 F CFA et celui sans os se situe entre 2 600 à 2 700 F CFA. Le prix officiel d’avant crise était respectivement de 2 200 et 2 500 F CFA.

L’augmentation des prix s’est installée progressivement depuis quelques mois. Selon Bourama Doumbia, boucher au marché de Sabalibougou en Commune V du district de Bamako, cette situation perdure depuis le mois de ramadan dernier (avril). A l’entendre, la crise actuelle n’est autre que la résultante de l’insécurité qui sévit dans la partie nord et au centre du pays depuis 8 ans. Ces régions sont des principales zones d’approvisionnement des marchands de bétail de notre pays. Ceux-ci qui fournissent les marchés bamakois et ceux de la sous-région (Abidjan, Dakar, Cotonou, Lomé, Accra, etc.) ont été ces derniers temps victimes d’attaques récurrentes de groupes armés. Ils sont chaque fois dépouillés de leur argent et de leurs bêtes au péril de leur vie. Pour se sauver la tête et leurs biens, les commerçants de bétail ont été contraints d’abandonner leurs activités en direction de ces zones d’insécurité à leur corps défendant.

Les consommateurs finaux que sont les acheteurs de viande subissent donc les conséquences collatérales. Toujours selon M. Doumbia, chevillard au marché de Sabalibougou depuis plus de 15 ans, leurs patrons qui les fournissent en viande rouge se sont par conséquent rabattus sur le marché local de l’embouche bovine. « A ce niveau, le prix d’un bœuf embouché double souvent celui payé au centre et au nord, sa provenance traditionnelle. Conséquence : nous à notre tour sommes obligés de revoir le prix du kg à la hausse pour nous en sortir », explique-t-il, la mine froncée.

Selon des constats, la hausse des prix sur le marché de la boucherie se passe généralement pendant la saison sèche où se pose avec acuité le problème d’alimentation des bovins à cause de l’absence de pâturage ou des problèmes d’approvisionnement en aliment bétail. Cette hausse risque de déborder sur une crise généralisée avec la conjoncture liée à la gestion de la Covid-19. En effet, la consommation de viande est désormais un luxe pour le citoyen moyen.

Pourtant ni le ministère du Commerce sous la bannière de la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGGC), qui fixe ou contrôle les prix, ni le ministère de l’Elevage et de la Pêche à travers la Direction nationale de la pêche et des industries animales (Dnapia) n’a encore daigné communiquer sur cette flambée qui dure depuis bientôt quatre mois.

Abdrahamane Dicko

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