Le jeudi dernier, la France a annoncé la suspension de l’armée malienne des opérations militaires conjointes en réponse au nouveau coup de force perpétré par les militaires.

Quelles pouvaient être les conséquences d’une telle suspension ? Pour Dr. Aly Tounkara du Centre des Etudes  Sécuritaires et Stratégiques au Sahel (CE3S), « il faut lire cette suspension à partir de trois points majeurs ».

Cette annonce de la France de suspendre les FAMas des opérations conjointes a créé l’émoi sur les réseaux sociaux et certains se demandent comment la France peut-elle faire une chose pareille ? « Suspendre les militaires maliens des opérations conjointes est la pire erreur que la France ait faite », s’indigne quelques internautes. Mais pour les spécialistes des questions sécuritaires au Sahel à l’image du Dr. Aly Tounkara qui monographie le Mali et le Sahel surtout ses aspects sécuritaires tous les jours, « l’enjeu est important, une telle suspension c’est de méconnaitre les dangers auxquels le Sahel fait l’objet ».  

Cette suspension a des lourdes conséquences sur l’armée malienne qui fait face à des difficiles sur le terrain mais pour le Dr. Aly Tounkara du Centre des Etudes  Sécuritaires et Stratégiques au Sahel, « il faut lire cette suspension à partir de trois points majeurs ». 

Et le premier point majeur  selon lui, l’armée malienne et les autres forces en présence ne sont pas satisfaites du niveau de coopération avec la force Barkhane. Il y a certes quelques patrouilles conjointes qui sont menées vers Ansongo, Tessit, les coins un peu sensibles ni la force Barkhane, à elle seule ne peut se rendre ni l’armée malienne aussi à ce niveau les deux travaillent conjointement. « Une telle suspension déjà pourrait amener la France clairement à abandonner certaines positions dites sensibles », dit-il.

La deuxième lecture que Dr. Tounkara fait de cette suspension, c’est la Mission européenne (l’EUTM) en termes de formation à l’endroit des FAMas (très utile pour les FAMas) en termes de renseignements, de la cybercriminalité et d’autres types de formation. Cette mission est pilotée par la France. Pour Aly Tounkara, avec  cette suspension, « la France  pourrait revoir ses activités ».

Troisième et dernière lecture de Tounkara, vu la fragilité des Etats sahéliens, il n’y a rien d’étonnant que des attentats terroristes soient planifiés à partir du Sahel. « Si la France baisse les bras au Sahel, des attentats planifiés hors France pourraient frapper durement la France ou une partie de l’Europe ».    

S’agissant des menaces du Président français, Emmanuel Macron de retirer ses troupes du Mali, Dr. Aly Tounkara trouve que c’est du « chantage »« La France ne va pas se retirer comme ça au nom de la lutte contre les groupes radicaux violents », explique-t- il. 

« La France préserve ses intérêts à travers cette lutte contre les groupes radicaux violents, elle assure la sécurité d’Areva, de Total… », rétorque-t-il.

Il faut le rappeler que l’une des missions essentielles de  l’opération Barkhane en dehors de la lutte contre le terrorisme c’est de sécuriser aussi toutes les firmes françaises qui sont présentes au Sahel.  

Ousmane Mahamane

(Stagiaire)

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