La crue du fleuve Niger affecte les maraichers installés au bord du fleuve Niger. Les plans disparaissent sous l’eau.

Badalabougou. Pour arriver au fleuve, il faut serpenter entre des villas cossues. Au bord du fleuve, un bidonville invisible de la grande rue, jouxtant les villas, dans le lit du fleuve. Les pauvres qui sont là vivent de la pêche et du maraîchage. Ces deux activités sont fortement perturbées par la saison des pluies.

Pour le vieux Minké Koné, 65 ans, « de juin à décembre, le maraichage est perturbé« . Il poursuit, « la montée des eaux rend impraticable notre travail, car toutes les zones cultivables sont presque sous les eaux et la plupart des maraîchers sont obligés pendant cette période de l’année, de se trouver d’autres occupations pour nourrir les familles« .

Les pêcheurs n’échappent pas à ce handicap. Bazoumana Koumaré président de l’Association des pêcheurs et président de l’union régionale des pécheurs du district de Bamako, président de l’Union nationale des pêcheurs du Mali et membre du Conseil économique et social au nom des pêcheur, raconte les difficultés des pêcheurs en cette période hivernale. « La montée des eaux nous pose des problèmes plus précisément d’habitation car le Bozo est plus à l’aise au bord du fleuve tout comme le Bambara dans son champ et le Peulh dans son pâturage, alors n’ayant pas d’autres lieux appropriés si l’eau nous atteint de manière très élevée et coincé sur ce petit périmètre, nous ne savons plus quoi faire« .

Selon Bazoumana, les difficultés sont la pollution et l’obstruction du fleuve. « Nos filets ne peuvent pas rester longtemps sous l’eau à cause des ordures et déchets plastiques déversés dans le fleuve. Finalement, le Niger est devenu le plus grand dépôt d’ordures« .

Les constructions de barrage ne sont pas du goût des pécheurs. « Ceux qui gèrent l’eau se préoccupent plus de la production agricole, de la production énergétique que des pécheurs. On ne laisse pas de passages aux poissons« .

Bazoumana Koumaré suggère d’impliquer leur corps de métier dans les prises de décisions sur la gestion de l’eau.

Marcel M. Diarra

Hamadoun Touré

(Stagiaires)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaires s'il vous plaît
Votre Nom s'il vous plaît