En matière de politique africaine, dès qu’il s’agit d’une ancienne colonie européenne, d’anciens colons reconvertis en chercheurs africanistes surgissent des sous-bois de l’Europe pour donner des leçons, proposer des solutions de sortie de crise le plus souvent provoquée par l’ancienne métropole elle-même. Et cela pas gratuitement mais en exigeant des prébendes de part et d’autre.

Dans le cas du Mali, dès 2012-2013, les alarmistes occidentaux oubliant que le Mali est une vieille nation sortie du fond des âges, n’ont pas manqué d’activer leurs sirènes macabres en criant à la répartition du pays et même à sa disparition. Les réformes institutionnelles envisagées par l’équipe actuelle ne visent nullement à fonder une IVè République ; au contraire elles ont comme objet de mettre en place une nouvelle administration mieux adaptée au contexte et arrêter les violences au nord et au centre du pays.

Mais l’accord issu du processus d’Alger de juillet 2015 fut mal vu par ces prophètes du désordre comme l’évènement le plus scandaleux de ce début du XXIè siècle.

D’aucuns prédirent avec des arguments prétendument scientifiques la dislocation de la République du Mali, d’autres l’avènement d’un Etat touareg qui ne se laisserait jamais gouverner par des noirs. Mais on oublie que les USA sont une nation constituée par plus de 50 Etats qui tous en réfèrent à Washington depuis la fin du XVIIIè siècle. C’est dire que la forme fédérale ou confédérale est toujours une possibilité dans la gouvernance politique. L’ancienne République fédérative de Yougoslavie du maréchal Tito a bien fonctionné de 1945 à la fin du communisme vers 1989-1990 et si la République fédérative a chuté, ce ne fut point sous la faiblesse de ses lois ou de son économie mais plutôt au contexte mondial de la pérestroïka.

Le Nigeria est une République fédérale qui marche bien en dépit des attaques meurtrières de Boko Haram. Si d’ailleurs cette secte islamiste a pu prospérer de manière si fulgurante, c’est dû non pas aux lois ou à l’organisation étatique de ce pays mais plutôt à la grande corruption et à la prévarication qui ont occasionné la naissance de cet extrémisme religieux. De la même manière les actes de guerre qui endeuillent le centre du Mali sont plus le sous-produit d’une mauvaise gouvernance économique qu’une volonté déclarée de sécession.

La France elle-même qui dicte ses ordres à nos chefs d’Etat est divisée en départements et en régions ayant à leur tête des chefs sans que l’unité de la nation française soit remise en cause. On n’a vu aucun chercheur français crier au scandale et dénoncer cette organisation qui crée des provençaux, des corses, des lorrains et des bourguignons. Il ne faut point refuser aux autres ce qui fait l’harmonie chez soi.

IBK n’est pas intelligent en écoutant ses tuteurs français qui lui dictent de ne pas discuter avec nos djihadistes nationaux. Ils sont Maliens en dépit des crimes commis et si la paix doit passer par le dialogue avec eux, il ne faut pas hésiter à y aller.

On veut nous faire croire que tous les conflits politiques sont du genre de De Gaulle-Pétain ; au Mali on en a vu d’autres pires que cette mauvaise passe. Le Mali est une vieille nation qui a toujours su privilégier les intérêts de ses minorités dont précisément les touareg protégés par la France et la Suisse.

Facoh Donki Diarra,

(écrivain Konibabougou)

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