Dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale du droit à l’avortement, le Mali a procédé au lancement de l’Organisation pour le dialogue pour l’avortement sécurisé en Afrique francophone (Odas). Ce centre sera une entité ayant pour rôle de coordonner les activités régionales et de fédérer le mouvement qui promet l’avortement sécurisé en Afrique francophone.

Au Mali, la question liée à l’avortement est encore un sujet tabou. Sur le plan sanitaire, le constat est amer. Les conséquences de l’avortement clandestin sur la santé de la reproduction sont nombreuses : le pays enregistre un fort taux de mortalité maternelle et infantile, les services de santé sexuelle et reproductive appropriés sont souvent inaccessibles et indisponibles, l’accès aux contraceptifs et aux informations sur la santé sexuelle et reproductive est très limité, etc. La liste est assez longue et le défi est énorme. 

C’est pour soulager les femmes et les jeunes filles et sauver des milliers de vies que le centre Odas a vu le jour. Les activités menées par le Centre Odas prennent en compte les principes qui régissent l’écosystème de l’avortement durable en Afrique francophone ainsi que ceux définis dans l’agenda commun. Il s’agit notamment de la fourniture des services, l’environnement légal et politique, la sécurisation des produits, l’engagement communautaire, la recherche, le plaidoyer et la campagne. 

Selon Kassoum Coulibaly,  point focal du centre Odas Mali, l’objectif à long terme est de faire du centre une structure régionale autonome traitant des questions relatives à l’avortement sécurisé et catalyseur de l’action collective dans la région. A ce titre, dit-il, son personnel travaille en collaboration avec Ipas Afrique francophone pour mettre en place un programme ambitieux de mutualisation des savoirs, de circulation des connaissances, d’apprentissage, de plaidoyer et surtout de renforcement des systèmes de santé et des processus de redevabilité dans la région. 

« Pour atteindre ses objectifs et pour assurer un cadre de travail propice à la création et au maintien du momentum autour de l’accès à l’avortement, l’implication de tous les acteurs est nécessaire. D’où l’organisation de la présente activité de lancement », ajoute M. Coulibaly. 

Kassoum Coulibaly, Point focal Odas Mali

Dr Fatoumata Traoré, représentante du ministre de la Santé et du Développement social, a salué et remercié le Centre Odas pour cette initiative. Elle a reconnu les difficultés liées à l’avortement au Mali qui, affirme-t-elle, est un sujet complexe et sensible à aborder dans la société malienne. Pourtant, précise-t-elle, beaucoup de femmes le font en catimini.

« Il est temps d’agir pour mettre fin à l’avortement non sécurisé dans nos pays. L’implication de tous et de toutes est indispensable pour préserver la vie de la femme et soutenir la santé sexuelle et reproductive. Il faut une bonne stratégie de communication politique pour une mise en œuvre réussie d’un changement politique », a-t-elle ajouté avant de fonder l’espoir sur le centre Odas qui vient d’être officiellement lancé. « Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour accompagner le Centre Odas dans sa mission universelle », a promis Dr Traoré. 

Odas, une nouvelle vision pour l’Afrique francophone

Le centre Odas est un réseau composé d’un large éventail d’organisations à but non lucratif, d’organisations communautaires, de partenaires du secteur universitaire et de la santé publique et d’institutions gouvernementales. 

Le Centre collabore avec les parties prenantes des pays membres du Partenariat de Ouagadougou et autres pays francophones dont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Togo, la République Démocratique du Congo, le Cameroun et le Madagascar. 

Le centre Odas est fondé sur les principes et les lois qui régissent les Droits en matière de santé sexuelle et reproductive (DSSR). Il met un accent particulier sur le renforcement des capacités des femmes et des jeunes afin d’accroitre leur demande de services d’avortement tels qu’encadré par les organes et traités internationaux des droits humains.

La rédaction

30minutes.net

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