Le prélèvement total actuel d’eau douce en Afrique de l’ouest, selon les dernières données pour l’agriculture, l’industrie et les usages domestiques combinés devraient tripler d’ici 2025. Le constat « alarmant«  amène le Mali et ses pays limitrophes à mettre en place des stratégies. La connaissance de ces ressources constitue « un préalable à toute forme de gestion durable« , s’est convaincu la Direction nationale de l’hydraulique.

Répartition inégale des précipitions, écoulements dans le temps et dans l’espace, faible mobilisation des ressources potentielles et mauvaise gestion des ressources existantes : la liste des pressions sur les ressources en eau dans la zone sahélienne est longue.

Le défi majeur pour le sahel c’est de conserver le peu de ressources disponibles à travers des mécanismes de concertation pour pouvoir faire face aux différents besoins dans l’ensemble des domaines, estime le directeur national de l’hydraulique, Yaya Boubacar. « Nous sommes un pays sahélien très vulnérable à la sècheresse, aux inondations. Également toutes les ressources que nous disposons que ce soit les eaux de surface et souterraines c’est des ressources partagées avec les pays limitrophes. C’est la raison pour laquelle le Mali met un particulier sur la promotion de la coopération sous régionale à travers une gestion concertée et intégrée. D’où la nécessité pour l’ensemble des usagers de donner la main afin qu’on puisse gérer le peu de ressources disponibles« .

Gérer le peu de ressources disponibles, c’est cet objectif que veut la Direction nationale de l’hydraulique (DNH) en collaboration avec le Programme national de l’eau (PNE), Ucad et l’Unesco Mali à travers un atelier national, ce mercredi 30 septembre à Bamako.

La rencontre vise à partager avec l’ensemble des acteurs les recommandations des ateliers régionaux de Dakar (2017 et 2018) sur les défis et opportunités de la gestion des ressources en eau transfrontalières dans la zone sahélienne.

Les experts des pays de la sous-région (Burkina Faso, Gambie, Guinée Mali, Niger, Sénégal) ont montré que l’un « des points faibles des organismes de bassins (OBT) est la faible connaissance des ressources en eaux souterraines car les OBT ont fonctionné pendant un certain temps sans en tenir compte« .

Plusieurs recommandations ont été soumises pour une application efficiente au niveau national et régional des résultats obtenus à la fin des travaux desdits ateliers régionaux, a cite le chargé de programme Education à Unesco-Mali, Pierre Saye à l’ouverture des travaux « dont faire la restitution et utiliser la même approche des résultats pour ressortir une analyse Swot, programmer une seconde rencontre régionale pour une compilation de l’analyse de chaque pays … Je me réjouis que le Mali ne soit pas resté en marge de cette dynamique« .

En travaux de groupe et de sessions pentières les participants ont effectué une l’analyse sur la situation de la ressource en eau au Mali. La présentation a été faite par le directeur national adjoint de la DNH Djoouro Bocoum

Avec un potentiel des ressources en eau renouvelables de 70 milliards de m3/an pour les eaux de surface et 66 milliards de m3/an pour les eaux souterraines, la connaissance des ressources reste un préalable à toute forme de gestion durable est convaincu le présentateur au Mali dans le contexte de forte croissance démographique et de changement climatique.

Il faut donc envisager de faire propose-t-il, « l’actualisation et la délimitation des différents aquifères, l’inventaire, la cartographie et le suivi quantitatif et qualitatif, régulier des ressources eau y compris les usages et demandes, le financement adéquat des activités de suivi des ressources en eau surtout à travers les ressources du budget national ».

La communication et la diffusion d’informations sur les ressources en eau et les usages et l’implication de tous les acteurs dans la collecte des données sont aussi des pistes proposées par l’expert. Pour lui, plusieurs projets en cours au Mali prévoient la création et la réhabilitation de stations hydrométriques et piézométriques, la mise en place de modelés hydrologiques et d’outils d’aide à la décision.

De ces échanges sont attendues des recommandations afin de concevoir un document sur la situation actuelle des opportunités et des défis dans la gestion des ressources en eau transfrontalière dans la zone du sahel.

Kadiatou Mouyi Doumbia

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