Doyen de la filière des Sciences de l’Education à  l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest, Unité Universitaire à Bamako (UCAO-UUBa), Koundya Joseph Guindo vient de publier deux livres. « Mémoires d’un Enseignant et « Réflexion sur l’Enseignement Catholique au Mali » respectivement édités par  Les Impliqués en 2019 et L’Harmattan-Mali en 2020.   

La cérémonie de présentation et de  dédicace de ces deux ouvrages  s’est déroulée le samedi 25 juillet au Centre Djoliba de Bamako. Elle était placée sous la présidence  de son Eminence Jean Cardinal Zerbo, Archevêque de Bamako, représenté par le Président de l’UCAO-UUBa, le Pr Clément Lonah,  et le parrainage de Marie-Hélène Cuenot, Responsable Technique PF2E (Programme de Formation Ecole-Entreprise) au Sénégal.

Le premier livre est un ouvrage de 135 pages  composé de  6 chapitres cédé au prix de 8 000 F CFA. Edité par Les Impliqués, l’auteur explique que 3 raisons l’ont poussé à écrire  « Mémoires  d’un Enseignant »  qui est un recueil de souvenirs et d’anecdotes sur  sa vie présentant ses aventures, ses mésaventures et ceux de ses condisciples de Ségue à Bandiagara.

La première raison, c’est d’abord pour ses camarades  pour se  faire plaisir et surtout pour revivre les temps forts partagés avec ces derniers lorsqu’ils étaient encore à l’école fondamentale entre 1972 et 1976. Et ce, dans le but de tenir une promesse car chacun se demandait  qui aurait l’initiative de relater nos histoires dans un livre, a-t-il fait savoir.

Ensuite pour sa famille afin  que  ses petits-enfants puissent mieux le connaître et que ses descendants puissent se rendent compte que: « Grand-père n’était aussi sage que vous pensez, il était loin d’être un saint! Beaucoup de qualités mais aussi des défauts.  Grand-père a connu beaucoup de bonheur mais aussi des moments difficiles!

Et enfin pour ses amis notamment les nombreux Français, élèves  et étudiants qui l’ont supporté et aidé à être ce qu’il est aujourd’hui.  Marqué par une anecdote, Koundya Joseph Guindo a tenu à la partager avec l’assistance: « Je pense particulièrement à cette petite fille de deuxième année grâce à qui j’ai appris la plus belle leçon d’humilité. Elle m’a fait comprendre en octobre 1990 à l’école de Pel que, malgré mon titre de directeur d’école, je ne savais pas enseigner. Je lui dois beaucoup dans ma réussite professionnelle. »   

Quant au deuxième ouvrage de Koundya Joseph Guindo, il est une réflexion  sur l’enseignement malien en général  et l’enseignement catholique en particulier. Dans ce livre, le directeur national de l’enseignement catholique du Mali  fait ressortir les forces, faiblesses, menaces et opportunités.  » Il est temps pour moi d’ordonner mes idées et de les mettre par écrit pour tracer quelques jalons et les offrir aux générations à venir », a-t-il expliqué.

Pour Koundya Joseph Guindo , le développement d’un pays n’est pas forcément lié à la richesse de son sol ou de son sous-sol mais essentiellement à la qualité de la matière grise, à la qualité du niveau de formation des hommes et des femmes qui le peuplent. A ses dires, malheureusement, c’est à ce niveau que le bât blesse au Mali depuis bientôt quatre décennies, où l’on assiste désespérément et impuissamment à l’effondrement de la qualité de l’éducation et de la formation.

Tout comme le premier ouvrage, il y a bien des raisons qui ont poussé l’auteur à écrire « Réflexion sur l’Enseignement Catholique au Mali » aussi (vendu au prix unitaire de 10 000 F CFA). Un livre de 172 pages.   Premièrement c’est pour contribuer à la refondation du système éducatif à travers quelques propositions à l’intention des décideurs.  Deuxièmement  pour léguer à la postérité quelques repères et pistes de solutions qui pourraient l’aider à poursuivre la mission dans le champ de l’école en général et de l’enseignement catholique en particulier.

En conclusion, Koundya Joseph Guindo dira que le système éducatif malien ne se porte pas bien et que l’enseignement catholique au Mali en tant qu’élément d’ensemble, n’y échappe pas. Mais pour lui, cette situation n’est pas une fatalité. Il estime qu’il suffit de dépolitiser l’école et de mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut pour remettre l’école malienne sur de bons rails.

Concernant l’enseignement catholique, il a fait savoir qu’il est encore bien apprécié par les partenaires malgré les reproches.  » En dépit de cette bonne appréciation, de nombreux défis sont à relever.  Les acteurs et les partenaires doivent être clairement identifiés et formés afin d’avoir une vision commune sur son identité.  Le dialogue franc renforcerait le climat de confiance et l’engagement des uns et des autres. Œuvrer pour que les personnes qui sortiront des écoles catholiques, quelles que soient leur croyance et leur confession religieuse, deviennent « sel, lumière et levain » dans leur milieu de vie et de travail »,  conclut ainsi le directeur national de l’enseignement catholique du Mali.

En remerciant l’auteur pour la qualité de ses deux ouvrages  de la part de l’Archevêque de Bamako qu’il représentait, le Pr Clément Lonah, président de l’UCAO-UUBa,  a déclaré qu’il est tenté de dire que même si personne n’est indispensable dans notre monde, que Koundya Joseph Guindo fait partie des personnes qui sont difficilement remplaçables au niveau de l’enseignement notamment l’enseignement catholique.

Alassane CISSOUMA

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