Le 11 juin fut formé le premier gouvernement M5-RFP, sous la direction de Choguel Kokalla Maïga et sous la présidence du colonel Assimi Goïta après l’éviction le 24 mai 2021 de Bah N’Daw, Président de la Transition politique et de Moctar Ouane, chef du gouvernement.

L’évènement se passa sans douleur ni violence sauf que les deux têtes de l’Etat furent conduites sous bonne garde à Kati et contraintes de rendre leur démission comme Cheickh Modibo Diarra en 2012.

Désormais il apparaît qu’en temps de troubles, Kati représente le centre politique du pays et comme avec le CMLN en 1968, le CNRDRE en 2012 et le CNSP en 2021, les régimes politiques ne sont renversés que par des putschistes issus de cette garnison. Si celle-ci est nécessaire pour la défense de la nation, elle doit éviter d’être le symbole de la déstabilisation du pays comme les chefs tondjons de Ségou durant l’interrègne qui tua tous les fils de Biton.

Ceci dit il est de bon ton au Mali de parler d’inclusion alors que tous les régimes qui nous tombèrent sur la tête de l’indépendance à ce jour ne firent que pratiquer l’exclusion, cette pratique politique qui consiste à gouverner avec les siens en rejetant les adversaires politiques que beaucoup assimilent à des ennemis irréductibles. Une telle aberration provient d’un manque flagrant de culture politique qui ne fait aucune place à la diversité des opinions politiques et quand en occident celle-ci est bien gérée et intégrée à la philosophie politique générale, chez nous elle se confond avec l’animosité viscérale comparable au fadennya de nos ancêtres non gaulois.

Il semble que, selon le recoupement de diverses informations issues de la rencontre d’Accra au lendemain du renversement de Bah N’Daw en tant que chef de l’Etat, la Cédéao eût recommandé un Premier ministre issu de la société civile et non seulement un civil doublé d’un chef de parti politique comme chef du gouvernement de transition. Mais de toute évidence, M. Jean Foutre passa par-là à la barbe de la communauté internationale et mena sa danse comme bon lui semblait.

De la même veine que les confidences de Mirabeau à son amie Sophie, comtesse de Monnier, nos têtes bien pensantes de la Cédéao cherchèrent plus à se débarrasser de ce dossier que de s’en occuper vraiment.

Pour en revenir à l’exclusion, de 1960 à 1968, l’US-RDA régna sans partage, ignorant l’autre grande formation politique, le PSP que ses responsables poussèrent d’ailleurs à la liquidation politique. Le régime d’exception du CMNL ne s’ouvrit qu’à quelques rares cadres civils soigneusement choisis et quant à l’UDPM, ce parti unique ne prit ses responsables qu’au sein de ses militants les plus chevronnés et dont les trois quarts manquaient de conviction. Bizarrement la même tendance politique se poursuivit à l’ère démocratique sous la IIIè république avec le règne absolu de l’Adéma sur les affaires politiques et économiques durant 20 ans au détriment des autres formations politiques adverses. Même l’administration ne fut pas épargnée par le rejet systématique puisqu’elle fut réservée de moitié et même plus aux cadres du parti majoritaire.

Mais quand en 2002, ATT arriva au pouvoir avec son consensus qui cloua au sol tous les partis politiques, on assista à un show politique jamais observé dans le pays auparavant avec des formations politiques rivales qui se regardaient en chiens de faïence avec l’air de dire qu’il faut  manger et boire ensemble avant les grandes passes d’armes futures. Le consensus dura plus de 9 ans avec dans la même courette des jouisseurs politiques avec les mêmes ennemis jurés  et les mêmes adversaires chantant la gloire de son promoteur.

Le gouvernement du 11 juin du M5-RFP est une toute autre affaire. On ne peut y parler ni d’exclusion ni d’inclusion sauf que les grandes formations politiques furent mises à l’écart non pas qu’elles ne le souhaitaient pas  mais parce qu’elles furent jugées non grata. Mais comme le dirait M. De Robespierre, un gouvernement de zigzag entre monarchistes et républicains avec aux aguets des opportunistes professionnels, n’a de durée de vie  que le temps des destinées éphémères.

Facoh Donki Diarra

écrivain Konibabougou

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