L’hivernale s’installe à Bamako. Un moment important dans la vie d’une grande partie de la population en majorité rurale donc paysanne. Sénou appréhende cette période.

Dès les premières pluies de l’hivernage, la rue « Logokan » à Sénou devient impraticable. Elle se transforme en une petite rivière, alors qu’elle représente l’une des rues les plus fréquentées par les habitants de ce quartier.

Amadou Coulibaly, est un vendeur de téléphone portable. A ses dires, pendant l’hivernage beaucoup de vendeurs perdent leurs clients à cause du mauvais état de la route. « Après une forte pluie, il faut attendre deux semaines pour que cette rue soit praticable. Nos clients préfèrent dévier la route pour aller acheter chez d’autres vendeurs car chez nous, il y a de l’eau partout ». Pourtant le vendeur affirme payer ses impôts à la mairie. « Je paie 50 F CFA comme patente à la mairie chaque matin, mais nos ruelles sont impraticables ». Son souhait le plus ardent est de voir cette rue réhabilitée pour le bonheur de ses usagers.

« Pendant l’hivernage cette rue est impraticable alors que c’est elle qui relie Sénou, à d’autres quartiers notamment Diatoula, Manakoroni etc. Nous demandons à l’Etat de la réhabiliter », a imploré M. Coulibaly.

Assétou Sanogo vend du poisson au même endroit. Elle vit le même calvaire qu’Amadou. « Je quitte chez moi pour venir vendre mon poisson devant la porte de Sidiki Coulibaly. Si on trouve une personne de bonne volonté pour réhabiliter cette voie, ça va nous faire plaisir », dit-elle.

La vendeuse pointe du doigt le manque de volonté de la mairie de Sénou, qui ne veut pas réhabiliter cette voie. Au marché de Sénou, à 200 mètres de la mairie, c’est le même constat pendant l’hivernage.

Mariam Djimdé vend des colas. « Ici, en période hivernale, nous souffrons beaucoup. Les clients ne viennent pas et souvent je retourne à la maison pour me reposer. La mairie nous voit, mais elle ne fait rien pour que cette rue soit réhabilitée », accuse-t-elle.

Pour la réhabilitation de cette rue, Basidiki Coulibaly, l’un des fils du chef du village de Sénou, affirme avoir interpellé chaque citoyen de la Commune sans résultat. « Nous interpellons les autorités afin qu’elles trouvent une solution rapide au problème. Chaque année, l’eau tue dans cette rue. Nous avons besoin de caniveaux. La mairie a installé les commerçantes dans le désordre et l’eau ne peut pas ruisseler ».

Aux dires de Moriba Sangaré, chef de service de l’assainissement de contrôle de pollution des nuisances de la mairie de la Commune VI de District de Bamako Sénou a confronté un problème de voirie. « Il n’y a pas de caniveaux et ça serait très difficile de mener des actions de préventions des inondations ».

Selon lui, la population de Sénou a un seul grand collecteur qui passe par le marché, et les gens l’utilisent pour en faire un dépositoire. « Le comportement de l’homme fait qu’il est difficile d’assainir ce pays. Malgré ta bonne volonté, malgré tout ce que les pouvoirs publics font quand le changement de comportement ne suit pas, les actions ne seront pas visibles », déplore M. Sangaré. Avant de lancer un appel à la population de prendre ses responsables afin de mieux gérer nos eaux usées ».

Tidiane Bamadio

(Stagiaire)

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