A 47 ans, le général de division, Salif Traoré est reconduit au poste de ministre de la Sécurité et de la Protection Civile. Une reconnaissance due à son sens élevé du management, sa discrétion et l’efficacité dont il fait montre depuis son entré dans le gouvernement. 

Avant septembre 2015, personne n’aurait parié sur lui. Mais l’exécutif a porté son dévolu sur le jeune colonel-major Salif Traoré, à l’époque gouverneur de la région de Kayes, pour remplacer le général Paix à son âme Sada Samaké, au cours d’un remaniement ministériel.

Relativement jeune au moment de sa nomination (43 ans), le général Salif Traoré, à l’époque colonel, jouissait d’une bonne réputation. Il est connu pour ses états de service sur le terrain, en particulier pour avoir mené à bien des missions difficiles dans les régions entrées en rébellion ; il connaît donc particulièrement le terrain et les hommes qui l’occupent. Le général est « un héros, courageux et travailleur reconnu comme tel dans l’armée », avait même souligné le président IBK au cours d’une rencontre à Koulouba. 

Né à Ségou en 1972, ce saint-cyrien issu du prytanée militaire de Kati figure sur la liste restreinte des officiers supérieurs, intellectuels ayant fait la fierté du Mali sur la scène nationale et internationale.

Après le CEP à Ségou, il a passé, en 1885, avec brio le concours d’entré au prytanée militaire. Il passe le reste de son enfance dans la ville garnison de Kati où il réussira aux différents examens (DEF et bac). Excellent, il bénéficie d’une bourse qui l’ouvre la porte à un Deug II au prytanée militaire de Saint Cyr, en France. A la suite de ce cursus, il intègre l’école de Saint Cyr à Versailles puis intègre l’école spéciale militaire de Saint Cyr. Il y fait trois années de formation militaire et académique. « L’adaptation était un défi, mais avec le courage et la volonté j’y suis parvenu comme beaucoup de mes camarades », dit-il.

Sorti lieutenant spécialiste en blindé et cavalerie, il retourne au bercail pour servir dans l’armée. A peine posé ses valises, il est orienté à l’Ecole militaire interarmes de Koulikoro comme instructeur où il enseigne pendant deux ans. Nioro du Sahel, l’Etat-major de l’Armée de terre, puis les régions du Nord ; Salif sert sur tous les terrains périlleux et redoutés au Mali.  De Gao, à Kidal, en passant par Menaka ou encore Tessalit ; le général Salif tourne pendant quelques années dans cette localité du Mali. Il était à la tête des hommes qui ont été redéployés à Kidal après les évènements du 23 mai 2006. Une mission sous haute tension que l’officier supérieur et ses hommes réussissent sans difficultés.

Après l’école de guerre au Cameroun, il est déployé au PSDN

Avec son expérience dans le commandement, le général Salif a été déployé au Sud Soudan de 2007 à 2008 comme adjoint des opérations au chef d’état-major de l’Office de coordination et de suivi de l’Accord global de paix dans ce pays. Avant ce poste, il avait déjà servi de 2004 à 2005 au compte des Nations Unis au Liberia comme adjoint au Chef de la police militaire. Pétrit de toutes ses expériences, avec les nombreux stages qu’il a effectués durant sa carrière militaire ; le général Salif Traoré, lieutenant-colonel puis colonel avant 2012, devient l’adjoint au Coordinateur du Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord du Mali (PSPSDN) chargé de sécurité et de gouvernance. « Cette expérience m’a permis de connaitre davantage le Nord. D’aller dans des endroits où je n’avais pas eu l’occasion de visiter au cours de mes premières missions », reconnait-t-il. Après les évènements de 2012, il est nommé gouverneur de la région de Kayes ; une nouvelle expérience qui l’ouvrira les portes du gouvernement en 2015.  

Un ministre accessible et bien organisé

« Nos généraux sont souvent inaccessible surtout ceux qui occupent des postes stratégiques comme Salif », confie un sous-officier fier de l’avoir comme supérieur hiérarchique. Selon lui, malgré le rang qu’il occupe au sein du gouvernement et son rôle dans la gestion sécuritaire du pays ; le général Salif demeure accessible et toujours disponible quand il s’agit de travail. Cette expérience, nous le confirmons lorsqu’on l’a contacté pour une rencontre. « Retrouvez-moi au bureau à lundi matin. 8h00, ça vous arrange ? », nous répond-t-il avec sourire. Lundi matin, à l’heure du rendez-vous, nous étions annoncés à l’accueil, au secrétariat et même les gardes en fraction savaient qu’on allait venir. Après les formalités d’usage, sa secrétaire principale, d’un ton jovial, nous reçoit dans un mini-salon tout en nous confortant que le ministre va bientôt nous recevoir. 8H00, il ouvre son bureau et, dit-il, « Soyez la bienvenue. En quoi puis-je vous être utile ». Après quelques minutes d’explications, il propose de faire l’interview dans un autre salon où il reçoit ses hôtes de marque. Cet accueil, banal sous d’autres cieux, est rare au Mali. Une scène qui est réservée à tous ceux qui désirent rencontrer le général de division, Salif Traoré. « Son calendrier est organisé ainsi. Quand il est présent à Bamako et dans le cadre de son travail de ministre, il reçoit quotidiennement les gens comme ça », explique Moussa, un habitué des lieux rencontré dans la salle d’attente.

Une ascension bien méritée

De sous-lieutenant en 1994 au grade de général de division en 2018, Salif Traoré n’a bénéficié d’aucune promotion à titre honorifique. Malgré sa jeunesse, il a bataillé dur pour être général de division. « Contrairement à ce que beaucoup pensent, je n’ai eu aucune distinction honorifique. Durant toute ma carrière, je suis monté en grade dans les règles et suivant le nombre d’années requises », dit-il. Mais, selon un militaire, cette ascension est certainement due aussi à la discipline.  « Quand on est discipliné dans l’armée, on est souvent bien récompensé. C’est aussi ça le secret », explique notre interlocuteur qui a préféré garder l’anonymat.

« Que les jeunes travaillent et se perfectionnent »

Le général de division Salif Traoré est un bon modèle pour la jeunesse malienne en quête de repère. Sa carrière militaire, sa réputation liée à sa bonne gestion au gouvernorat de Kayes et au ministère de la Sécurité intérieur ; prouvent que c’est un jeune « compètent et efficace ». « Mon parcours, que certains peuvent voir comme réussite, n’est que le fruit du travail et de l’abnégation », dit-il conseillant à la jeunesse de travailler dur et de tout faire pour se perfectionner. « Nous ne devons pas être pressé d’être au sommet. Nous devons monter petit à petit l’escalier qui mène vers le sommet. Cela passe par le travail, l’abnégation avec en tête le pays », précise le général indiquant que seul à travers une bonne éducation et formation, les jeunes pourront mieux s’intégrer dans la société : « avoir un travail et contribuer à l’essor du pays et de l’humanité ». Marié, le général Salif Traoré a inscrit ses trois enfants dans une école publique.

Sory I. Konaté

30minutes.net

05 Mai 2019

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