L’avant-projet de la révision constitutionnelle est diversement apprécié par les acteurs de la scène politique malienne. Le président de la République bénéficie du soutien de certains acteurs clés de la société civile, mais l’opposition rejette en bloc le processus et la majorité, à cause des guéguerres de positionnement, « sabote » le processus.

La semaine dernière, le président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, a reçu tour à tour le président de l’Alliance ensemble pour le Mali (EPM), les familles fondatrices de Bamako, les coordinateurs des quartiers et certains leaders religieux, le président des Fare Anka-wuli, Modibo Sidibé, Amadou Thiam de ADP-Maliba, Modibo Kadioké du PMR et Abdoulaye Diarra du parti Yéléma. Cette série de rencontres avait pour objectif de partager avec ces leaders une copie de l’avant-projet de la révision constitutionnelle. Elle s’inscrit aussi dans le cadre du dialogue social entamé depuis quelques semaines par le président IBK pour apaiser le climat social et politique.

Sans grande surprise, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), conduit par l’honorable Soumaïla Cissé, a décliné l’invitation de participer à une cérémonie de remise de l’avant-projet de réforme constitutionnelle à Koulouba, le 10 avril 2019.

Pour eux, l’urgence est au dialogue politique national inclusif. « C’est ce qui explique notre réponse ferme au comité d’experts. Une réponse claire : pour nous, le préalable est et demeure l’organisation d’un dialogue national inclusif. Un dialogue politique national pour un consensus élargi aboutissant à un accord politique accepté par tous », a déclaré l’honorable Cissé au cours d’une conférence de presse. C’est la même stratégie de « chaise vide » qui a été adoptée par la Coalition des forces patriotiques (Cofop) conduite par Housseini A. Guindo et l’honorable Oumar Mariko.

Par contre, malgré des divergences dans l’approche, le président des Fare Anka-wuli, Modibo Sidibé, Amadou Thiam de ADP-Maliba, Modibo Kadioké du PMR et Abdoulaye Diarra du parti Yéléma; ont répondu à l’appel du président. Dans une déclaration fracassante, le président des Fare a reconnu les efforts consentis par le président tout en déclarant ne pas s’inscrire dans la démarche du gouvernement et qu’il ne soutiendra aucune initiative référendaire fondée sur un tel avant-projet de loi.

Néanmoins, indique M. Sidibé, son parti reste disposé à concourir pleinement avec le gouvernement et les forces vives de la nation pour l’élaboration d’un processus endogène de sortie de crise structurelle, durable et refondatrice de l’Etat.

Par ailleurs, la majorité présidentielle, bouclier politique du président de la République, a bien répondu à l’appel du président. Le président de l’EPM, Dr. Bocari Treta a reçu des mains d’IBK une copie de l’avant-projet lui promettant tout son soutien et celui de son regroupement politique.

Au même moment, l’EPM annonce son soutien à une motion de censure contre le gouvernement, ce qui fragilise le président. « Nous ne soutiendrons pas ce projet tant que SBM restera à la Primature », a déclaré un cadre de l’EPM, proche du président Bocari Treta. Selon lui, en politique c’est œil pour œil, dent pour dent. « Si IBK maintient SBM contre notre gré, nous n’allons pas le suivre dans le processus de referendum », met-il en garde. Mais, pourquoi la majorité, au lieu d’une promesse éphémère au président, n’a pas agi comme Modibo Sidibé qui, devant le président et tout son cabinet, a eu le courage de critiquer le processus et de faire des positions concrètes ?

S. I. K.

Mali Tribune du 16 avril 2019

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