Cette année 2019, à 5 jours de la fête, le marché de la coiffure n’est pas encore commencé. Quelle est la cause de ce ralentissement ?

Comme chaque année, les hommes et les femmes profitent des fêtes pour mettre en valeur leurs atouts physiques. Mais le manque de moyens pousse plusieurs femmes à utiliser les perruques plus tôt que d’aller dans les salons de coiffures.

Selon les coiffeurs et coiffeuses, en comparaison aux autres années, le marché à la veille de la fête est morose. Depuis 9 ans, Haby Coulibaly, est une grande coiffeuse aux Halles de Bamako. Elle travaille avec ses 4 employées. « Je pense que deux grands facteurs sont à la base du retard des marchés, la pauvreté et les perruques ». Pour lui, les clients ne se tressent plus car certaines estiment économiser de l’argent et d’autres qui sont musulmanes, disent pour faciliter les ablutions lors des prières. « Comme je fais à la fois les perruques, la manucure, la pédicure et les faux cils, je crois que je ne me plains pas. Je sais aussi que la coiffure est souvent bénéfique et perdante », dit-elle. Les clientes de Haby se réjouissent d’avoir fait le bon choix en se tressant chez elle car selon elles, elle est une meilleure coiffeuse qui aime et connait son travail. Aicha Fofana, une cliente de Haby Coulibaly explique son choix par le fait qu’elle est accueillante et ses prix sont raisonnables.

Malgré le retard des clientes, d’autres coiffeuses restent positives. « Chantal coiffure, Beauté » est une jeune dame qui reçoit beaucoup de clients. Elle connait tous les modèles qui plaisent à ses clientes. « Là où nous sommes, il n’y a pas assez de marché, mais on ne se plaint pas. Les clientes ne se pressent pas pour venir se tresser. C’est à 3 ou 4 jours que le salon est bondé de clients. En ce moment, il n’y a même plus de passage. Maintenant on vend plus les perruques que faire la coiffure proprement dite. Les perruques se font à 10 000 et 7 500 francs CFA. Cela dépend des mèches car certaines mèches brésiliennes se font avec frontal et le prix de ces mèches varient aussi à 60 000 et 70 000 par boules. Dans l’ensemble ça va. Chacun a sa clientèle ».

Pour ne pas manquer d’opportunité, d’autres salons sont polyvalents comme celui de Mamadou Sissoko. Ce jeune dynamique accueille les femmes ainsi que les hommes. Il fait tous les modèles des hommes et des petits commerces à côté. « Le marché n’est pas aussi rapide comme avant même à la veille de la fête de tabaski. La majeure partie de mes clients sont les hommes mais je fais aussi des tresses de femmes. Il y a des femmes qui aiment le modèle Tayson, sinon beaucoup viennent pour des rastas, le défrisage et la teinture ».

Le marché et la ville sont remplis des salons de coiffure, mais on constate moins d’ambiance.

Fatoumata Kané

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