A l’occasion de l’an un de son second mandant, le Président de la République  Ibrahim Boubacar Keita s’est prêté,  à un exercice d’interview du DG de l’Office de radio télévision du Mali (ORTM), afin de partager avec le peuple les événements qui ont marqué la nation au cours de la première année de son second quinquennat.  Dans  cet entretien, le Président a touché du doigt  le dialogue national  inclusif, la sécurité dans le centre du pays, les intrants agricoles, l’affaire des hélicoptères cloués au sol entre autres…

D’entrée de jeu, le président a laissé entendre qu’il ne va jamais se lasser de servir le Mali qui lui a tout donné. Et que la moindre des choses, est de le servir au mieux de ses forces, surtout quand on voit tout l’intérêt que lui portent nos amis à travers le monde, dit-il.

Sur la question de l’accord politique et de gouvernance,  le Président estime que c’est un accord qui a permis à certains de ses frères de l’opposition de saisir sa main tendue et depuis, ces frères sont au service du Mali de manière absolument déterminée et loyale.

Pour le dialogue inclusif, il dira que chacun aura fait le constat de la nécessité aujourd’hui d’un dialogue en profondeur entre les Maliens sur toutes les thématiques qui s’offrent à nous dans le domaine politique, dans le domaine économique et social. Surtout dans le domaine du vivre ensemble, les questions de paix et sécurité. Voilà les sujets assez préoccupants qui suffissent à nourrir un échange entre les Maliens, a-t-il martelé. « C’est un dialogue national inclusif entre les Maliens. Si nous arrivons à le conduire sur ce terrain là, nous aurons servi le pays avec beaucoup  de foi ».  Il a salué le dévouement à la tâche, l’engagement total et patriotique du Triumvirat. Et il dit attendre de ses membres  qu’ils préparent un dialogue  le plus inclusif possible.       

 Pour répondre à son homologue du  Niger  qui  pense que Kidal constitue une menace pour son pays,  le Président IBK dira que Kidal ne saurait être un Etat dans un Etat tout en reconnaissant qu’il y’a un problème de Kidal. Selon lui, l’accord nous a engagés dans un processus évolutif par rapport à Kidal. Il dit noter avec satisfaction cette incorporation des jeunes gens et  le retour également de certains qui étaient partis de l’armée. L’armée reconstituée sera vraiment l’armée nationale du Mali, dit-il. Il a parlé  de la venue prochaine de son frère Mahamadou Issoufou du Niger qui sera en visite de travail au Mali.  Il dit croire que Kidal aspire à la paix aujourd’hui. « J’ai été là-bas et j’ai passé  une nuit à Kidal de manière très conviviale, très fraternelle et bien accueilli par une population », confie-t-il.

Concernant son  second mandat  qu’il a placé sous le signe de la jeunesse, le Président estime avoir le  souci de l’employabilité et du plein emploi pour la jeunesse malienne. Il dit avoir parlé de cette question avec le Président turque Erdogan qui est même prêt  à lui donner un grand coup de main à ce niveau là. « Donc  nous allons  agir pour  créer  des opportunités pour les jeunes du Mali dans tous les domaines ».

Le président s’est réjouit également de cette  jeunesse  qui montre qu’elle est active, qu’elle sait demander  des comptes et quand il faut. Cette jeunesse doit être écoutée et  respectée, dit-il. 

Sur la question du  front social, il ambitionne de maintenir la dynamique du dialogue et  ensuite un comité qui va suivre pour lui  tous ces accords là pour que l’Eta ne soit plus surpris en manque d’esprit d’engagement. Selon lui, dès lors qu’on prend  des engagements, on doit les exécuter et par le passé ça manque quelque fois, d’où le sentiment de frustration et de révolte du monde du travail.  

Toutefois le Président reconnait  que sa communication n’a pas été à hauteur de souhait. Nous avons été des piètres communicateurs fort heureusement dans ce pays les bonnes volontés sont toujours à l’œuvre. Il a profité de l’occasion pour saluer nos autorités religieuses.

Sur le plan sécuritaire, le Président  a expliqué que beaucoup  a été fait en son temps par le Premier ministre Boubeye Maïga. Selon lui, ce dernier, s’est beaucoup employé en créant des conditions nouvelles. Le nouveau Premier ministre Boubou Cissé a pris le relai avec beaucoup de courage et de conviction en approfondissant ce qui avait été  entrepris.  Nous nous sommes rendus compte  des problèmes de logistiques pour nos représentants et nous les avons corrigé. Le ministre de la Défense  a aussi  donné un grand coup en allant au contact des troupes en les galvanisant et faisant en sorte avec son collègue de la sécurité qui est également auprès de ses  nouvelles autorités administratives et fait installer un  minimum de cordon de sécurité qui a assuré les populations et les administrateurs aussi. Il a eu aussi  le retour des populations et la réouverture des écoles qui étaient fermées.

La nomination du Professeurs Dioncounda Traoré ne vient pas d’un reflexe politicien je ne suis pas dans ça. Je pense que tout le monde sait l’homme connait l’homme, sa capacité d’écoute, sa patience  et sa disponibilité qui  s’est offerte à nous et qui était constamment auprès de nous.  

L’affaire des hélicoptères

L’affaire militaire n’aime pas trop de bruit, moi je suis à l’aise et serein, l’on soit  plus modéré  et responsable dans les propose. C’est un  hélicoptère qui a posé problème dès l’abord  et les conséquences seront tirées, assure-t-il.

A ses dires, l’armée malienne sait ce qu’il a été fait  pour sa requalification dans le temps qui m’a été imparti,  que ce soit en termes de conditions et d’équipements.    Un nouvel hélicoptère  de combat qui a été monté ici et qui est en essai en ce moment. Tout sera mis en œuvre pour que cette armée ait les moyens de sa mission. C’est dans ce cadre que nous avons adopté la loi d’orientation et programmation militaire. Tout sera passé au peigne fin.

Dans le domaine de l’agriculture et les intrants agricoles, le chef de l’Etat a laissé entendre qu’il y en a  qui ont le chic de toujours profiter des situations de manière pas honnête. Ils en seront pour leurs frais parce que rien ne passera, assure-t-il.

De façon délibérée nous avons octroyé 15 % du budget national à l’agriculture car  le Mali est un pays  à vocation agropastorale, nous avons des atouts qu’il faut soigner davantage notamment le fleuve Niger qui est un bijou que nous avons. Cela fait mal de voir comment ce fleuve est torturé aujourd’hui, c’est pour cela que j’apprécie l’effort déployé par les ministres des Mines et de l’Environnement   pour sortir des lits du fleuve toutes ces dragues.

Le président a  félicité le monde rural pour leur courage et bravoure et leur détermination à faire que la sécurité alimentaire soit assurée et elle l’est aujourd’hui. Il se dit  gêné de voir que nous n’avons  pas une capacité de transformation à hauteur. Il a salué la diversification  agricole, car pour lui, c’est une bonne tendance. Et,  aussi, la mécanisation agricole qui est en entrain de se rehausser.

Il reste convaincu que notre pays  a des atouts qui  ne demandent que d’être mis en condition, de donner leur maximum, leur plein effet.

Il s’est estimé heureux des  domaines  de la culture et des sports qui  ont  procuré beaucoup de joie. D’abord,  l’élection  de Hamane Niang à la Fiba monde qu’il qualifie d’une première dans l’histoire du Mali et de l’Afrique, de nos équipes champions et championnes en basketball. Il s’est  aussi réjoui de voir que le monde du football s’est réconcilié. Le champion de la culture en Afrique a souhaité l’accompagnement de tous les acteurs africains.  

Ibrahima Ndiaye                  

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