Au Mali, effectuer la visite technique de son véhicule est un véritable parcours de combattant. Simple formalité pour les plus offrants, la visite technique est quasiment devenue un sésame qui, pour l’obtenir, nécessite une perte de temps avec la longue queue devant l’unique service reconnu par les autorités avec ses corolaires de désagrément. 

A Bamako, dans la capitale malienne, se trouve Mali technic system, l’entreprise privée chargée d’effecteur les visites techniques. C’est ici que tous les véhicules de la capitale sont visités.

Sis à Sogoniko, sur la rive droite du fleuve Niger, c’est un véritable champ de bataille. Depuis 6 h du matin on y trouve du monde. Après des heures pour accéder à la cours de l’établissement, le véhicule est conduit sur un essieu. Un contrôleur vérifie l’état du véhicule sur plusieurs aspects : le système de freinage, l’identification, l’éclairage, les pneus, la direction, la géométrie, la signalisation, les nuisances et les autres accessoires : essuies glaces, extincteurs, roues de secours, triangles, boites à pharmacie, etc. Un seul défaut, l’usager est soumis à une revisite. Dans ce cas, il disposera alors de quinze jours pour revenir avec comme amende 1750 F CFA. Et de trente jours pour les transports publics et poids lourds dont l’amende varie entre 2 100  à 2 800  F CFA. Les retards dans la visite technique engendrent des pénalités selon la durée. Ainsi, selon nos informations, de cinq à quinze jours le propriétaire du véhicule paye 25 % du tarif de base, 50 % pour ceux ayant dépassé 15 à 31 jours. A partir de 40 jours, l’amende passe à 75 %. 

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Au Mali, selon les textes, la visite technique est effectuée une fois par an pour les véhicules personnels et deux fois par an pour les transports publics et les poids lourds. La première visite intervient trois ans après la mise en circulation du véhicule.

Les frais légaux d’une visite varient entre 5 000 et 8 000 F CFA selon les types de véhicules. A cela s’ajoutent les frais de l’Agence nationale de la sécurité routière (l’Anaser) qui s’élève à 2 000 F CFA. 

La visite technique des véhicules est obligatoire. Mais, à cause de la corruption qui tourne autour de Mali technic system, les usagers de la route n’ont plus confiance. Selon  Mamadou Sogodogo, taximan, le but de la visite est nécessaire pour la sécurité des usagers de la circulation, mais cela a perdu tout son sens à cause des pots de vins autour de la visite. Il révèle qu’il suffit de glisser quelques billets de 1000 F CFA seulement aux contrôleurs pour obtenir le précieux sésame même avec un véhicule sans frein. 

Malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pas pu rentrer en contact avec la direction de Mali technic system qui, faut-il le rappeler, est accusée par tous les usagers de laxisme et de mauvaise organisation de la visite technique dans la capitale.

Aminata Traoré

(stagiaire)

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