Nana Diakité est la mère de deux jumeaux. Pauvre et obligée de subvenir seule à leurs besoins, elle mendie. Avec ses enfants, elle passe la journée au bord de la chaussée à la recherche des pièces de monnaies.

Nana Diakité, 38 ans, a cinq enfants, quatre filles et deux garçons. Marié depuis une dizaine d’années, Nana vit aujourd’hui un véritable calvaire. Son mari, Soumaïla Fomba, est sans emploie. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Mme Fomba travaillait sur les berges du fleuve Niger où elle aidait les extracteurs de sables. Souvent, elle vendait des sachets d’eau jusqu’à son accouchement de jumeaux. Une chance ? Le bonheur d’avoir eu de nouveaux enfants ? Où de quoi nourrir sa famille ? En effet, au Mali, la naissance des jumeaux dans une famille est doublement saluée. D’une part, la famille s’agrandit et d’autre part, les jumeaux sont utilisés comme de « la marchandise », une forme d’appât qui facilite la quémande de l’aumône. D’où la satisfaction de Mme Fomba qui, depuis quelques années, fait la main sur les grandes artères de Bamako.

« Je gagne un peu d’argent. Je parviens à nourrir ma famille avec ça. Cela vaut mieux que de voler ou de faire la prostitution », se justifie-t-elle. C’est loin de son quartier, Sénou, dans la périphérie de Bamako, qu’elle s’installe tous les matins. Jusqu’à midi, elle laisse les jumeaux à demander quelques sous aux passants. Les grosses bagnoles et les véhicules de vitres teintés sont les cibles prioritaires, car, dit-elle, « généralement les conducteurs de ces véhicules sont fortunés et donnent beaucoup ». « Par jour, je peux gagner entre 1500 F CFA et 5 000 F CFA. Juste de quoi nourrir mes enfants et prévenir les cas de maladies », révèle-t-elle. Quel avenir pour les jumeaux ? « Ça ira. Dieu est notre espoir », réponds-t-elle, la tête baissée.

Aujourd’hui, Mme Fomba espère trouver un emploi pour abandonner les trottoirs, car, explique-t-elle, « le risque est grand et la sécurité et la santé des enfants y sont menacées ». Pour sortir de cette vie « misérable », elle compte sur le soutien des plus hautes autorités. « Si mon mari a un emploi ou moi-même, ça ira », dit-elle.

Marthe Dembélé (stagiaire)

30minutes.net

10 juillet 2019                                                                                          

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