En conférence de presse le jeudi 24 janvier 2019 à Bamako, le président de la CVJR, Ousmane O. Sidibé, a dressé le bilan de la première étape dans le processus de recherche de la vérité. Selon lui, la Commission a déjà enregistré la déposition de 10 999 victimes et des audiences publiques auront lieu courant 2019 pour écouter les victimes et proposer des mesures adéquates de réparation et de non-répétition.

Plus de 5000 femmes et 519 mineures, elles sont environ 11 000 victimes à rompre le silence. Le tableau est certes sombre, mais ce nombre risque de s’accroître, selon le président de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), ajoutant qu’après plusieurs missions à l’intérieur et à l’extérieur du pays, notamment dans les camps de réfugiés, la CVJR a gagné la confiance des victimes qui s’engagent progressivement à faire leurs dépositions.

Selon le président Ousmane O. Sidibé, des victimes ont bénéficié d’une prise en charge médicale et psychologique grâce à une convention entre la CVJR et l’Agence nationale d’assistance médicale (Anam) et des cabinets ou bureaux d’assistance psychologique à Bamako et dans les régions.

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« Ces victimes sont prises en charge dans toutes les structures sanitaires publiques du Mali,  de la consultation au paiement des médicaments en passant par les analyses et les interventions chirurgicales », a-t-il ajouté.

Pour soulager les victimes et obtenir une préparation, le président de la CVJR a indiqué la tenue, courant 2019, d’audiences publiques à Bamako. Cette étape sera accompagnée de l’adoption d’un projet de loi sur la réparation des victimes des crises et conflits que le pays a connus depuis son indépendance en 1960.

« La notion de réparation va au-delà de l’indemnisation financière et comprendra aussi des mesures aptes à aider les victimes à refaire leur en vie dans la dignité, notamment des prises en charge médicale et psychologique, la réinsertion socio-professionnelle ou bien des mesures symboliques et de satisfaction », a étayé M. Sidibé, avant de préciser que le projet de loi fait partie de la politique de réparation dont l’élaboration a été entamée en avril 2018.

« Son élaboration nécessite une démarche inclusive et participative intégrant les principaux acteurs mais également les bénéficiaires. Ainsi, en octobre 2018, les consultations thématiques, ayant regroupé 200 personnes, organisées dans les antennes ont permis de recueillir les avis et suggestions de plusieurs acteurs ».

Satisfaisait du bilan, le président de la Commission, a émis le vœu de voir toutes les composantes sociales du Mali mutualiser leurs énergies et savoir-faire pour faciliter la réconciliation et renforcer l’unité nationale.

Sory

Le Focus du lundi 28 janvier 2019

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