Selon Dr. Maïmouna Traoré, médecin de l’Institut d’études et de recherche de géronto-gériatrie (IERGG) ou Maison des aînés, pour vieillir avec toutes ses facultés et en bonne santé, il faut éviter certains comportements pendant la jeunesse comme la consommation de stupéfiants, du tabac, de l’alcool et la sédentarité. Elle conseille donc aux jeunes de faire plus de sport et d’observer une bonne hygiène de vie.

Vieillir au Mali est souvent difficile, voire insupportable. Le climat et la situation socioéconomique pèsent beaucoup sur les vieilles personnes.Avec moins de revenus et devenues plus fragiles, les vieilles personnes vivent, pour la plupart, dans la précarité. Selon Dr. Maïmouna Traoré, médecin-chercheur à la Maison des aînés,les vieilles personnes rencontrent surtout les pathologies cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle et les maladies urologiques qui concernent plutôt les hommes, l’adénome de la prostate et le cancer de la prostate. Il y a aussi les pathologies ophtalmo comme la cataracte et le glaucome, qui sont les plus fréquentes. En rhumatologie, il y a l’arthrose. Les personnes âgées sont fréquemment confrontées à cette maladie, ce qui entraîne souvent la limitation de leur mouvement.

Selon l’OMS, la vieillesse commence à partir de 60 ans et plus. Mais, précise la chercheur, cela est différent de l’état de la santé. « Il y a certaines personnes âgées, même à plus de 80 ans, qui tiennent plus bon que les moins âgées. La vieillesse n’est pas seulement une question d’âge. Ça dépend du passé de tout un chacun. Un gros fumeur ou alcoolique va vieillir moins bien qu’une personne qui a pris soin d’elle-même. Vieillir dépend donc du vécu », souligne-t-elle.

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Au Mali, révèle-t-elle,les personnes âgées font face à beaucoup de problèmes mais le plus difficile est d’ordre financier pour honorer les ordonnances et les examens complémentaires. « Nous savons que les personnes âgées ont un revenu faible, donc la prise en charge médicale est souvent difficile. C’est pourquoi, malgré notre statut, nous menons souvent des consultations dans le cadre de nos recherches et on leur offre des médicaments dans ce cadre. C’est mal vu et même incompréhensible de diagnostiquer une pathologie chez une personne et ne rien faire. Il faut l’aider avec des médicaments et souvent nous demandons à la direction nationale de la pharmacie de nous donner des médicaments pour ça », indique Dr. Traoré, ajoutant que l’Institut fait également appelle à un kinésithérapeute pour prendre en charge les cas de paralysie après les accidents cardiovasculaires.

La Maison des aînés abrite aussi un atelier de lunetterie à moindre coût pour les personnes âgées. « Les prestations sont gratuites, mais les lunettes sont payantes à moindre coût ».

Un message à l’endroit des familles des personnes âgées ?

« Il faut que les personnes âgées sachent que nous sommes là. L’Institut traite et mène des recherches sur les problèmes auxquelles elles peuvent être confrontées sur le plan social et médical », explique Dr. Maïmouna Traoré.

Elle conseille aux personnes âgées d’observer une bonne hygiène diététique, de marcher au moins trente minutes chaque jour, de consommer des légumes, de boire beaucoup d’eau et de manger des fruits, singulièrement celles qui ne sont pas diabétiques. « Il faut aussi qu’elles préfèrent les volailles et les poissons à la viande rouge, diminuer la consommation de sel, de sucre et de graisse. Je ne leur demande pas de laisser complètement le sel ou le sucre sauf sur recommandations des médecins », précise-t-elle.

Aux familles, elle demande surtout de la disponibilité et de la patience. « L’âge ne pardonne pas, dit-elle. Il faut donc toujours échanger avec les personnes âgées, car elles sont souvent stressées. Ayant à l’idée qu’elles vont bientôt mourir, elles ont besoin d’être écoutées ».

Sory I. Konaté

Le Focus du lundi 15 Octobre 2018

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