La Falémé, du Fouta-Djalon à Bakel est longue de 650 km et traverse 3 pays dont 12 communes et sert 387 895 habitants pour 55 414 ménages. Le fleuve Falémé prend sa source dans la partie nord du Fouta-Djalon, en République de Guinée-Conakry. Il se jette dans le fleuve Sénégal, dont il est le principal affluent, a 30 Km en amont de Bakel, au Sénégal, après avoir parcouru 650 km.

La Falémé ou le fleuve Falémé, dans son bassin, arrose 12 communes dans les 3 pays que sont la Guinée, le Mali et le Sénégal. 387 895 personnes de 55 414 ménagesvivent directement ou indirectement des revenus tirés de l’utilisation des eaux de la Falémé et de ces affluents : riziculture, abreuvement des animaux d’élevage, maraîchage, arboriculture, pêche et orpaillage.

Le bassin hydrogéologique, physique, environnemental et social de la Falémé, du Fouta-Djalon à Bakel, en passant par Kéniéba, vit actuellement une situation critique, liée au développement de l’extraction minière : « La malédiction de l’or ». 

Bien que pourvoyeuse d’importantes ressources financières pour les communautés, l’extraction minière, autrefois pratiquée dans toute l’Afrique de l’Ouest, sans produits toxiques, mais avec la seule intelligence et la force humaine, est devenue une activité source de malheurs et de misère pour la majorité des populations résidant sur les territoires au sous-sol riche en minerais.

Du Fouta-Djalon à Bakel, enpassant par Kéniéba, le sous-sol du bassin de la Falémé se transforme au fil des jours, des semaines, des mois et des années, en une vaste zone de misère, faisant des habitants, des damnés de l’or, au propre comme au figuré : Des villages entiers rasés par les multinationales de l’extraction minière, pour l’or du sous-sol ; Une destruction inconsidérée de l’environnement, avec la coupe abusive des arbres par les exploitants forestiers et les miniers ; Le cyanure, le mercure, les acides et autres produits polluant, chaque jour, les eaux de la Falémé et de ses affluents, les eaux des mares ainsi que les nappes phréatiques ; Les superficies de cultures, vivrières pour l’essentiel, qui permettent aux ménages de se nourrir, se réduisent de façon drastique, créant et accentuant ainsi des « compétitions » d’ampleur inédite entre miniers, agriculteurs et éleveurs ; Les équilibres physiques naturels sont maintenant rompus dans le bassin de la Falémé : l’habitat naturel des animaux est perturbé. Ils n’ont d’autre choix que de migrer vers des zones moins hostiles mais plus « accueillantes », à la recherche de la « clémence » humaine.

Les maladies, de nouvelles maladies (cutanées, oculaires, gastriques, articulaires), sont aujourd’hui le lot quotidien des populations du bassin de la Falémé, même sans être exploitants miniers ni bénéficiaires des ressources tirées de l’exploitation minière ;

La vie humaine, aquatique et végétale est devenue un calvaire dans le bassin de la Falémé ;

Les populations perdent chaque jour leurs moyens d’existence, poussant ainsi de nombreuses personnes dans des pratiques de survie et d’adaptation incompatibles avec la dignité humaine : prostitution, travail des enfants, exode des bras valides, abandonnant dans les villages, personnes âgées, femmes, enfants et malades ; 

Le minerai, cet « or » du sous-sol, du Fouta-Djalon en Guinée, à Bakel au Sénégal, en passant par Kéniéba au Mali : des exploitants artisanaux aux multinationales, l’ »or » du sous-sol du bassin de la Falémé suscite des convoitises, de grandes convoitises.

Les intérêts s’entremêlent, avec en jeu, la vie, la santé et les équilibres physiques naturels : 387 895 habitants d’environ 55 414 ménages dans 3 pays ne peuvent plus vivre dignement, décemment, sur leurs propres terres, la terre de leurs ancêtres.

De la pique aux machines les plus sophistiquées, en passant par les dragues et les cracheurs, l’extraction minière sème dans le bassin de la Falémé, mort et désolation.

Déforestation, pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques, la rupture des équilibres physiques naturels fait peur, maintenant et pour l’avenir, dans le bassin de la Falémé. L’agriculture, l’élevage, la pêche, l’arboriculture, le maraîchage ne sont plus possibles avec ces eaux polluées de la Falémé.

Les pêcheurs ne peuvent plus nourrir, dans la dignité, leurs familles par le fruit de la pêche ;

Les femmes ne peuvent plus pratiquer le maraîchage qui leur procurait autrefois des revenus pour faire face à leurs besoins et ceux de leurs enfants ;

Les animaux, d’élevage comme sauvages, cherchent d’autres sources d’abreuvement, tant les eaux de la Falémé sont polluées ;

Des milliers de populations entières, sur la terre de leurs ancêtres, se retrouvent sans repères culturels, sans mémoires, sans lieux de culte, damnés de l’or qu’ils sont.

La perte de la biodiversité : destruction de la faune et de la flore suite à la destruction de l’écosystème et la pollution de l’environnement.

L’aggravation du changement climatique, du fait du déboisement massif et continu, la perturbation des régimes hydraulique et hydrologique de la Falémé et de ses nombreux affluents.

Nous, Citoyens des communes du bassin de la Falémé, de la Guinée au Sénégal, en passant par le Mali, Organisations de la société civile de la Guinée, du Mali et du Sénégal, Services techniques déconcentrés du Cercle de Kéniéba, Collectivités territoriales décentralisées du Cercle de Kéniéba, Chefs de villages du Cercle de Kéniéba, Militants pour la protection de l’environnement,

Déclarons, ce jour 06 septembre 2019, à Kéniéba, en République du Mali, La création de l’Observatoire Citoyen International du Fleuve Falémé.

Par conséquent, nous lançons un appel pressant, L’APPEL DE KÉNIÉBA : A tous les acteurs de la protection de l’environnement, De la Guinée, du Mali, du Sénégal, d’Afrique et du monde entier, Pour la mise en commun de nos forces, Afin de sauver la Falémé d’une mort lente, mais certaine, si rien n’est fait, Conjurer la catastrophe écologique imminente qui menace l‘existence même des populations, en leur redonnant cette base de vie et source primordiale de revenus, Et renforcer leur résilience.

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