Le  Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) et la Coalition nationale de la société civile pour la paix et la lutte contre la prolifération des armes légères (Conascipal) ont organisé un déjeuner de presse le vendredi 1er février pour présenter le « Livre blanc« .

« L’intensité et l’aggravation des conflits sur le territoire du Mali contribuent à questionner l’efficacité des stratégies et des approches pour la sécurité et le développement mises en œuvre depuis de nombreuses années au Mali« , constate Sidibé Mariama Khaïdama Cissé, ancien Premier ministre et présidente de la commission « Livre blanc« . Malgré l’intervention de plusieurs forces armées internationales, la situation sécuritaire continue de se détériorer. C’est dans ce cadre que SIPRI, un institut suédois spécialisé dans la recherche sur les conflits, les armements, entres autres, a initié ce labeur avec Conascipal pour contribuer à la paix et la sécurité au Mali.

Ce travail est le fruit de deux ans d’effort collectif des organisations de la société civile comme le Conseil national de la société civile du Mali (CNSC-Mali), le Forum des organisations de la société civile  du Mali (Fosc-Mali), des centres de recherche à savoir l’Alliance malienne pour refonder la gouvernance en Afrique (Arga-Mali), le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Mali) et des chercheurs maliens comme Bréma Ely Dicko,….

Selon Sidibé Mariama Khaïdama Cissé,  « Le livre blanc«  présente les perceptions, les attentes des populations et propose des pistes de réflexion et d’actions concrètes pour les décideurs politiques au Mali. Il se veut un outil de plaidoyer dont l’objectif est de faire entendre la voix des populations maliennes dans l’élaboration des mesures sécuritaires.

Pourquoi un « Livre blanc«  ?

Car, pour la commission du Livre blanc, le document a pour objectif de faire entendre la voix des populations par l’analyse inclusive et approfondie de la réalité des défis sécuritaires auxquelles elles sont confrontées dans leur vie quotidienne. Pour eux, ce Livre a tout d’abord consisté à interroger directement les populations sur leurs conditions de vie, sur le plan de la sécurité, de leurs conditions de vie, de la sécurité, de l’accès aux services sociaux de base, du développement économique et social dans les dix régions du Mali. Enfin, elle se fonde sur les conclusions des études menées par SIPRI/Conascipal avec le soutien du gouvernement suédois.

Le livre présente trois grandes recommandations 

Pour SIPRI/Conascipal, la première recommandation à l’endroit des décideurs nationaux et internationaux est de reconnaitre que les priorités sécuritaires des populations ne sont pas tous les mêmes dans toutes les régions et que ces disparités rendent les politiques globales peu adaptées. Les organisations de la société civile (OSC) se proposent de participer à la formulation de réponses politiques concrètes, adaptées aux préoccupations sécuritaires locales, en réalisant des études socio-anthropologiques qui permettraient de mieux cerner les réalités locales.

Deuxièmement, les OSC constatent un fossé grandissant entre, d’un côté, les priorités quotidiennes des populations locales en matière de sécurité et développement. Les OSC recommandent l’adoption d’une approche générée et gestationnelle de la sécurité humaine, qui soit fondée en particulier sur la participation des jeunes et des femmes, conformément aux Résolutions 2250 et 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. La troisième recommandation consiste à privilégier des solutions structurelles plutôt que les projets à impact rapide. Pour SIPRI/Conascipal, le Mali et ses partenaires doivent concentrer leurs actions sur les causes profondes et chroniques des frustrations des populations, plutôt que sur les seuls symptômes de la crise.

Hadjiratou Maïga

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