Dans le cadre des activités commémoratives du 8 mars, Journée internationale des femmes, l’ONG Mali Développement, en collaboration avec Tous à l’école au Mali (Talem), a organisé une journée d’informations et de sensibilisation des femmes rurales sur le bien-fondé de l’entreprenariat en milieu rural. Cette approche, selon la présidente de l’ONG Mali Développement, Mme Sanglier Niagalé Mariam Diané, a pour objectif d’amener ces femmes à l’entreprenariat afin de lutter contre la pauvreté et la déperdition scolaire des enfants. 

L’entrepreneuriat des femmes en milieu rural peut contribuer à la croissance économique dans les pays comme le Mali et représente clairement un potentiel sous-exploité. Pour de nombreuses femmes en milieu rural, il fait partie d’une plus large stratégie visant à accroitre leurs sources de revenus. Mais, beaucoup hésitent à se lancer dans le domaine. Souvent, c’est par manque de moyens, mais la plupart du temps, cela est dû à un manque d’informations et de connaissances sur l’entreprenariat.

Après un diagnostic du phénomène, l’ONG Mali Développement a décidé d’apporter les réponses claires et précises à toutes les questions que ces femmes peuvent se poser sur l’entreprenariat. Ainsi, en collaboration avec son partenaire historique, Talem, elle a organisé samedi 27 mars 2021, une session d’information et de sensibilisation autour du thème : « Entreprenariat des femmes rurales ».

La rencontre s’est déroulée au complexe hôtelier Domaines kanou à Salla, dans la région de Koulikoro. Elle a été animée par l’expert de l’Agence pour l’Emploi des Jeunes de Koulikoro, Fodé Camara. Elle a enregistré la participation de plus d’une centaine de femmes leaders de la région de Koulikoro, Salla, Moribabougou, Tienfala, Djofolobougou et Ballobougou. Aussi, une soixantaine de femmes membres de la Fédération des veuves des militaires du Mali et quelques femmes leaders de Yirimadio et Moussabougou ont pris part à la session. 

Entreprenariat, très prometteur pour les femmes rurales

Selon l’expert de l’Apej, Fodé Camara, l’entreprenariat des femmes rurales est une bonne affaire pour le Mali. Il explique que les micros et petites entreprises présentent un certain nombre d’avantages particuliers pour les femmes en milieu rural : horaires flexibles, travail au domicile des femmes ou à proximité́, facilité d’entrée et liens avec les marches locaux. En revanche, les femmes entrepreneurs en milieu rural doivent également relever des défis particuliers dans l’accès à de nouveaux marchés lucratifs et dans l’expansion de leurs activités. « Il ne faut pas hésiter à créer, à innover et croire en vos projets », lance-t-il, ajoutant qu’une femme entrepreneure est bénéfique pour sa famille, ses enfants et la nation toute entière. « L’Etat malien, à travers notre structure, est déjà engagé dans la promotion de l’entreprenariat des femmes surtout en milieu rural. C’est à travers certains projets que l’Apej finance ces femmes », a-t-il indiqué, motivant les participantes à initier des projets innovants susceptibles d’être soutenus par l’Apej ou d’autres structures du gouvernement. 

Vers un leadership accru des femmes

Selon Mme Sanglier Niagalé Mariam Diané, la tradition culturelle toujours prégnante dans la société malienne repose sur un schéma de répartition de l’autorité fortement empreint de discrimination à l’égard des femmes. Les avancées notées au plan institutionnel (adoption de texte de loi en faveur de l’équité de genre) n’ont généralement pas permis aux femmes, surtout dans les zones rurales, d’accéder à une dignité et une reconnaissance sociale significative. « En dépit du fait qu’elles représentent la plus importante proportion de la population active dans les secteurs agricoles et rural, nos sœurs maliennes peinent à avoir un accès suffisant aux ressources leur permettant de s’émanciper économiquement et, par ricochet, socialement », a-t-elle détaillé. En faisant le choix d’accorder la priorité aux femmes dans ses actions de promotion de l’entrepreneuriat, l’ONG Mali Développement et Talem veulent que celles-ci démontrent leur capacité à se hisser au rang d’acteur de premier plan du développement économique de leur communauté.

La cérémonie a enregistré la présence du représentant du ministre de l’Emploi et la Formation professionnelle, mais aussi des autorités coutumières et administratives de la région de Koulikoro.

Abdoul K. Konaté

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