Le Conseil national du Patronat malien sort de la crise. Mais, visiblement, cela ne semble pas être du goût de tout le monde.

2021, le Conseil national du Patronat malien (CNPM), une faîtière que tout le monde croyait au-dessus de toute idée de scission, a connu une crise profonde. Cette crise était consécutive à l’élection du nouveau patron des patrons. Le désarroi était total au Mali, dans la mesure où déjà une crise multidimensionnelle secouait le pays. Cependant, les milieux d’affaires ont su démontrer qu’ils ont des ressorts solides, des recours qui permettent de régler leurs crises.

Ainsi, une administration provisoire mise en place, a réussi à amener les deux camps à se parler les yeux dans les yeux.

Amadou dit Diadié Sankaré et le président sortant, Mamadou Sinsi Coulibaly ont ainsi pu aplanir certaines incompréhensions. Cette démarche a abouti à la mise en place d’un comité transitoire, au retrait des plaintes des deux camps et à l’engagement de tous à respecter les décisions qui seront prises par le bureau transitoire appelé administration provisoire – AP-.

Ce bureau transitoire a été composé à parité par les partisans des deux candidats. Il a travaillé à toiletter les textes. Ainsi, quatre mois après sa mise en place, l’administration provisoire du CNPM, a convoqué une assemblée générale pour adoption des textes afin d’organiser l’élection qui a fait sujet de polémiques au sein de la structure.

Le 2 avril 2022, un bureau de 16 membres avec Soya Golfa à sa tête a été mis en place. Ce bureau avait 6 mois pour toiletter les textes afin d’organiser les élections crédibles et transparentes.

Les nouveaux textes écartent la candidature de tout ancien président, y compris le président du comité transitoire. Ils proposent de nommer président d’honneur tous les anciens présidents. L’article 17 du nouveau statut prévoit que tout ancien président, quelles que soient la durée et les conditions de cette présidence, est de fait président d’honneur. Et son alinéa 1 et 2, l’article 26, précise : que les présents statuts entrent en vigueur une fois adoptés et s’appliquent à tout mandat antérieur … De fait, aucun président d’honneur ne peut se présenter aux élections.

Les nouveaux textes apportent la cohésion au sein du CNPM. Vraiment. Mais lors de l’assemblée générale ayant pour objet d’adopter les statuts et les autres documents, des délégués jugés proches du candidat Diadié dit Amadou Sankaré ont quitté la salle. « Ils étaient une quinzaine sur les 140 délégués », affirme une source qui les qualifie de mauvais perdants. En effet, l’Assemblée a été supervisée par Me Ousmane Bagayoko, huissier commissaire à l’étude de Me Sékou Amadou Touré.

Ils étaient 140 délégués présents sur 155 inscrits. 102 délégués ont adopté l’ordre du jour et 107 ont voté pour l’adoption des nouveaux statuts et règlements. « 13 délégués se sont abstenus », a confié Me Bagayoko.

En tout, 76 articles, 12 chapitres et 3 titres, dont le statut et le règlement intérieur régissent désormais le Conseil national du Patronat du Mali (CNPM).

Cependant, au moment où tout le monde se réjouit des efforts déployés et des résultats obtenus, des « proches » de Diadié dit Amadou Sankaré s’épanchent dans la presse et sur des réseaux sociaux voulant discréditer ce formidable travail consensuel abattu.

La question qui est sur toutes les lèvres est que ces « proches » de Diadié dit Amadou Sankaré n’agiraient jamais sans ses bénédictions. Alors, que se passe-t-il ? Pourquoi veut-il reprendre sa parole donnée, réveiller les vieux démons de la division ?

Abdoulaye Diarra

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