Le médiateur de la république du Mali a ténu sa 26è édition de l’espace d’interpellation démocratique (EID) à l’occasion du 10 décembre, journée internationale des droits de l’Homme. L’objectif consistait à offrir un cadre d’expression et de plaidoyer aux victimes de violations de droits de l’Homme.

Plus de 28 victimes ont plaidé à la barre de l’espace d’interpellation démocratique, dont Moussa M Coulibaly, un enseignant des collectivités à Konséguéla, cercle de Koutiala. Il s’est plaint du non-paiement de son salaire 4 années durant. Cette situation l’a conduit à sa ruine. Il a été obligé de vendre la majorité de ses biens pour pouvoir continuer à exercer, « par amour pour son métier », dit-il dit.

« Le maire a détruit ma vie, freiné l’avenir de mes enfants. Durant ces 4 ans, sans salaire j’ai vendu tous mes biens, mes moutons, ma machine en prenant des crédits par-ci et par-là. Ce qui m’a fait très mal, ma femme est tombée malade le maire m’a refusé une avance de 100 000 F CFA à déduire de mes arriérés de salaires », a expliqué Moussa M. Coulibaly.

Composé d’une dizaine de membres, le Jury d’honneur a invité les autorités, lors de sa délibération, à ouvrir une tribune pour éclairer les citoyens sur les nouvelles orientations prises au niveau du département de la justice; à mettre en place une commission d’indemnisation au niveau local et régional pour recenser les victimes et dresser des procès-verbaux des accords d’indemnisation et de les soumettre à la juridiction compétentes pour homologation.

« Il est constant que des violations répétées sont observées dans le paiement des salaires des fonctionnaires des collectivités territoriales. Le jury d’honneur recommande au ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation de faire payer leurs salaires à l’instar des autres fonctionnaires de l’Etat » a interpellé M. Boureïma Allaye Touré, président du Jury d’honneur.

Par ailleurs, les recommandations ont porté sur les aspects de sécurité et la cohésion sociale; le respect des droits économiques, sociaux et culturelles; les droits des travailleurs; l’environnement et l’assainissement; l’éducation; les transports et les infrastructures; le foncier et les affaires domaniales; les mines, l’énergie et l’eau et enfin les organisations de la société civile. 

«Au titre de la 26è session, le secrétariat permanent de l’EID a enregistré 334 interpellations contre 280 l’année dernière. 28 dossiers ont été choisis pour lecture publique ; 215 pour suite à donner et 84 non retenus » a indiqué Mme Sanogo Aminata Mallé, Médiateur de la République.

« Ces dossiers d’interpellations font apparaître la prédominance des litiges domaniaux et fonciers, des problèmes liés aux demandes de paiement de droits, aux difficultés liées à l’accès à la justice, à l’inexécution des décisions de justice, aux demandes de régularisation de situations administratives, aux demandes d’assistance, à l’exécution des marchés et contrats, aux violations des droits humains et les atteintes au patrimoine culturel », a énuméré la présidente.

«Le citoyen malien, de plus en plus, est exigeant et attend de l’administration qu’elle s’acquitte de ses missions avec professionnalisme, dans le respect des principes d’égalité, de neutralité et d’impartialité. Le Gouvernement ne mène aucun effort pour le rayonnement de l’EID. Dans ce sens, le chantier de la modernisation de notre appareil administratif de notre système judiciaire se poursuivra, en particulier, à travers les actions entreprises par tous les acteurs dans le cadre de la refondation de l’Etat »,  a affirmé le colonel Abdoulaye Maiga, ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation.

Le jury s’est réjoui que sur les 47 recommandations de 2021, seuls 3 sont restés sans suite. « Depuis 2012, notre pays a connu une insécurité sans précédent. Les enfants ont payé le plus lourd tribut. Ces exactions ont provoqué le déplacement de millions de citoyens tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Nous voudrions par la présente demander aux autorités de la transition de faire encore plus d’efforts pour que ces personnes déplacées retrouvent la quiétude dans leur localité d’origine » avait contribué les sociétés civiles partenaires.

Fatoumata Kané

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